Rapide Critique

GhostRunner

Howler
Publié le 20 janvier 2021

Développeur

One More Level – 3D Realms

Éditeur

505 Games – All in! Games

Date de Sortie

27 octobre 2020

Prix de lancement

29,99 €

Testé sur

PC

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À peine sorti de CyberPunk 2077, me voilà à replonger les mains dans le chrome, le sang et le hacking avec GhostRunner, un jeu se passant dans un univers similaire. Cette fois, pas de RPG, pas de collection d’armes, pas de dildos cachés ni même de romances à tiroir, ici, on est sur le côté un peu bête et méchant du jeu vidéo. Quand je dis bête, c’est au sens de minimaliste. Votre personnage, le GhostRunner (un Cyber-ninja de ouf), va parcourir plusieurs niveaux grâce à son agilité hors norme, et tailler dans le gras de tous les moches qu’il croise. Pourquoi ? Eh bien, j’ai eu beau chercher et écouter les dialogues dont me bassine le jeu (alors que je suis en train de courir et sauter partout, bon dieu de bois), je n’y vois ici qu’un prétexte pour mettre des néons, des robots, des jolis reflets et des tags “OPEN YOUR EYES” ou “OBEY”. Il effleure par-ci, par-là, quelques questions sur le transhumanisme, mais à peine plus loin que le film Ghost in the Shell (celui avec Scarlett Johansson).

Bête assurément, mais pas non plus en manque de ressources. À la manière d’un Super Meat Boy mais en 3D, GhostRunner est avant tout un jeu de plateforme “die & retry”, qui vous demandera d’être méthodique dans votre manière d’appréhender les niveaux. Grappin tracteur, wallrun, dash etc., tous les outils sont là pour vous faire voltiger dans tous les sens afin d’aller d’un point A à un point B. Entre les deux, quelques arènes pimenteront votre voyage. D’abord simple comme bonjour, le jeu va petit à petit resserrer l’étau sur vous, en mettant un maximum d’ennemis aux différents points faibles, transformant ces scènes de bagarre en puzzle-game. Certains se contentent de tirer bêtement, d’autre vous foncent dessus (et vous one shot), vous allez devoir vous en débarrasser en utilisant une esquive qui peut ralentir le temps momentanément et quelques pouvoirs-outils, qui seront là pour débloquer les situations tendues (comme un dash qui broie tout sur son passage, ou une répulsion de force qui fait tout valdinguer).

La comparaison avec Super Meat Boy est peut-être un poil grossière cependant, tant GhostRunner n’égale pas le génie et la précision de McMillen. Voyez le plutôt comme une extension de cette formidable séquence de plateforme dans le mode solo de Titanfall 2, avec bien plus d’ennemis et de difficulté. Certes le jeu est très joli et Daniel Deluxe nous chatouille les esgourdes avec ses basses rondes et ses synthés qui claquent, mais celui-ci n’apporte rien de plus dans le platformer-action. D’autant que le rythme du jeu est régulièrement brisé par des petits voyages dans le Cyberespace, permettant au lore de se dérouler, pendant que vous résolvez une énigme pour enfant en bas âge. Comme si le jeu mettait lui-même les turbo-freins en pleine glissade frénétique, pour ne pas finir trop vite. Un jour, les développeurs comprendront l’intérêt du Cyberespace et pourquoi il doit être utilisé pour faire des folies et non pas pour nous brider dans nos mouvements (on est quand même 22 ans après Matrix).

C’est donc un constat en demi-teinte pour GhostRunner : d’un côté la proposition de gameplay est plutôt savoureuse et offre de vrais élans de lucidité, où tout s’enchaine mécaniquement. D’un autre, on reproche des imprécisions et surtout, une soupe de scénario mal écrit et imbuvable, survolant le genre cyber punk de manière grossière. Heureusement que le spectacle sons et lumières est plutôt agréable, et que le jeu propose un challenge plutôt corsé, surtout pour les speedrunners, on aurait vite lâché l’affaire sinon.

Ynglet

Sauter à Copenhague c’est surfait !

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