Critique

Halo Infinite

Howler
Publié le 11 janvier 2022

Développeur

343 Industries

Éditeur

Microsoft Studios

Date de Sortie

8 décembre 2021

Prix de lancement

69,99€

Testé sur

PC/Xbox Series X

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Six années après le cinquième opus canon, en ce 8 décembre 2021, Halo Infinite est enfin parmi nous. En retard, certes, mais au vu des conditions de développement révélées par Bloomberg, c’était une énième preuve que les jeux vidéo, surtout les ambitieux, ont besoin de temps pour être finis. 343 Industries et Microsoft ont fini par le comprendre et délivrent le tout premier Halo en monde ouvert, vraie nouveauté de la licence depuis l’abandon de celle-ci par Bungie.

Je vous ai manqué ?

Alors, il faut être clair, se ramener en 2021 en mettant en avant un open world c’est un sacré toupet. On mange de cette mode depuis 6 ou 7 années et Zelda Breath of the Wild a clairement fermé le chapitre, en faisant une clé de bras à tous les ténors du genre. Cependant, 343i s’est clairement inspiré de ce dernier, non pas dans son visuel ou son architecture mais dans sa philosophie. Entendez par là que, rapidement, le jeu vous donne quelques outils qui vous permettront d’arpenter le Halo Zeta dans de bonnes conditions et venir à bout des Parias, cette faction de Covenant soixant-huitards, rejetant les principes religieux imposés par les prophètes. Grappin tracteur pour contourner les obstacles et chopper des trucs, bouclier portatif pour un couvert en toute circonstance, scanner pour repérer tout type d’ennemi (même invisible) sur une zone et propulseur arrière pour des esquives, similaire à ce qu’on avait dans Halo 5 : Guardians, tout ceci est disponible à portée de doigt une fois débloqué, avec un temps de recharge propre à chacun et pouvant même être améliorés en trouvant les différents points bonus sur la carte. Vous l’aurez compris, John 117, notre Maitre Chef galactique, a vu son arsenal changé et adapté pour une mission bien plus complexe que par le passé.

Il est d’ailleurs assez drôle de remarquer à quel point Halo Infinite cumule les rappels à son plus vieil ancêtre tout en tentant d’être moderne. La carte de Halo Zeta, ni trop grande, ni trop petite, fait un écho majeur à la mission « Cartographe Silencieux » de Halo: Combat Evovled, une grande zone verdoyante, partageant le lit avec des architectures Forerunner au métal brossé et rutilant, saupoudré d’une petite dose de cavernes. Grâce à l’ajout du grappin, les worlds builders ont pu se faire plaisir en ajoutant de la verticalité, transformant le super soldat en tisseur, pouvant se balancer de falaise en falaise pour atteindre des zones en hauteur ou contourner des vilains. En parlant de vilains, vous allez bien évidemment faire de chaleureuses retrouvailles avec tout un tas d’aliens bien connus de la licence, avec des Brutes, des Grunts, des Elites, des Jackals etc. Tout le monde est là pour la bagarre.

John "Tatanes" 117

John vient de vivre quelques évènement douloureux après la mort de sa meilleure amie Cortana, l’affrontement contre sa hiérarchie et la défaite contre Atriox. 117 n’a jamais été aussi brisé que dans ce Halo Infinite. Il se retrouve seul, sans soutien et sans IA. 343 Industries a continué de poursuivre le développement de John pour qu’il ne soit pas qu’un simple soldat bas du front. Il est aussi un humain qui a ses peurs, ses faiblesses, ses regrets et ses remords. Ce n’est pas la chose la plus subtile que vous verrez, mais ça reste bien différent de ce qu’avait pu dépeindre Bungie par le passé, avec une vraie volonté de « casser » toute l’histoire mise en place avec les précédents opus, pour repartir sur une nouvelle base plus solide par la suite.

Serria-117 est brisé mais pas pour autant défaitiste, il va trouver un moyen de remonter la pente, déjà par l’aide que lui fournit Echo-216, le pilote de l’UNSC qui le retrouve après 6 mois de flottement dans l’espace, mais aussi par la récupération d’Arme (ou CTN 0453-0 mais c’est moins pratique), une IA développée pour tromper Cortana mais dont la mission a échoué. Elle et John vont créer un lien au fur et à mesure des aventures, un lien proche de celui qu’il avait avec son ancienne IA, offrant quelques interactions amenées de façon naturelle et très maligne.

Une fois nos 3 larrons réunis, le monde d’Halo Zeta s’offre à vous, l’occasion de parler un peu technique. Sortant à la fois sur Xbox One et Xbox Series, le jeu est évidemment en demi-teinte. Il saura capturer de fantastiques moments grâce à ses jeux d’ombres et de lumières, et ses surfaces métalliques qui reflètent avec brio son environnement. Il y a un sens du détail assez poussé au niveau des textures et des objets, et il trouve quand même le moyen d’avoir une profondeur de champ qui pourra vous décrocher la mâchoire. Cependant, il y a évidemment des moments où le jeu manquera de volume et sera un peu terne, voir plat. On soulignera aussi le manque de variété dans l’environnement, on aurait aimé voir du sable chaud ou des zones enneigées afin de varier un peu les couleurs. Ce n’est pas parfait loin de là et il fait forcément pâle figure face à un Forza Horizon 5 (pour parler simplement technique et direction artistique dans un open world). En revanche, il faut prendre en compte l’expérience de jeu. Il serait dommage de ne pas souligner que le bousin tourne en 4K (résolution dynamique 2K minimum) en 60 images par seconde sur ma Serie X. C’est un tour de force que n’arrive malheureusement pas à remplir mon PC, et il faut être clair, le jeu est fait pour être vécu comme ça.

Malgré tous les ajouts de mécaniques et l’open world, restons tout de même terre à terre : Halo Being Halo. Il serait totalement hypocrite de parler d’une réelle innovation dans le gameplay, surtout que, comme dit plus haut, 343i a revu sa philosophie de jeu pour se rapprocher au maximum de l’expérience originale. Voyez-y un savoureux mélange entre Halo 3 (pour les gadgets) et Halo 5 (pour le rythme de jeu). Du coup, il faut être clair, il n’est pas impossible que, si vous êtes allergique à la licence, Halo Infinite ne soit probablement pas fait pour vous. La série a toujours eu un effet boite de nuit, on rentre ou on ne rentre pas. Si vous voulez vous faire un avis, fort heureusement, les développeurs ont eu la géniale idée de sortir le multijoueur sous une forme de Free to Play, profitable sur console et PC (steam et App Xbox), cross play/plateforme, compatible xCloud, bref, qu’importe où et comment vous voulez y jouer, c’est possible et avec tous les copains (et évidemment, la campagne est sur le gamepass).

Parce qu’il faut être aussi très transparent là-dessus, si vous attendiez ce Halo simplement pour sa campagne, vous risquez d’être un poil déçu. Elle n’est pas mauvaise loin de là, en revanche, elle reste courte, même sous forme d’open world (comptez une quinzaine d’heure en picorant un peu les activités secondaires, le double pour du 100%). Rien d’anormal pour la série cependant, depuis Halo 2, le jeu repose évidemment sur son multijoueur. Lâché un mois avant la sortie officielle, votre serviteur ici présent a pu donc s’adonner à cœur joie dans ce qui est, pour moi, le meilleur FPS multi de cette année 2021 et la meilleure recette de la licence. J’ai pu y passer une centaine d’heures sans jamais m’en lasser (et j’y joue encore régulièrement). J’ai d’ailleurs été fortement surpris de voir autant de réfractaires à Halo se plonger corps et âme dedans, le côté « fun immédiat » et bonne réactivité aidant. Pour cette nouvelle version du multijoueur, 8 cartes seulement disponibles (pour le moment), mais qui tournent sur différents modes de jeu, des playlists qui vont du simple Deathmatch aux parties à Objectifs et mêmes des modes plus particuliers comme le Tactique (pas de radar et que des tirs à la tête) ou le mode Fiesta (chaque vie nous fait revenir avec 2 armes aléatoires). Des choses plutôt classiques et efficaces, mais on attendra l’arrivée du mode Forge (d’ici l’été 2022) pour avoir de vrais modes personnalisés sur des cartes créées de toutes pièces (ou presque). En attendant, et Free to Play oblige, le multijoueur tente tant bien que mal de nous gaver de quêtes pour gagner des récompenses cosmétiques et souhaite donner un goût de « reviens-y« , comme les grands. Sur ce point-là, je suis le premier déçu, surtout que le premier Season pass se finit en mai 2022 (et que j’ai déjà fini). On espère juste des ajouts de modes de jeux et de cartes assez réguliers.

Halo Infinite n’est probablement pas un grand nom de l’open world et vous laissera probablement sur le carreau si vous n’êtes pas attiré par la licence. En revanche, pour tous les fans, c’est une jolie déclaration d’amour, avec un retour aux sources qui évite de trop en faire, en gardant son petit lot de mécaniques propres. À côté de ça, le multijoueur vous donne tout ce qu’il faut pour vous amuser des centaines d’heures, avec une formule polish au max et reprenant tout ce qui a fait la force de la saga dans le milieu. C’est un peu comme le retour d’un roi.

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