Critique

Saints Row

Howler
Publié le 27 septembre 2022

Développeur

Deep Silver Volition

Éditeur

Deep Silver

Date de Sortie

23 août 2022

Prix de lancement

69,99€

Testé sur

Xbox Series X

Dans le grand monde des mondes ouverts, Saints Row a toujours eu une place à mi-chemin entre la dégringolade d’activités d’Ubisoft et le côté « empire de bandit » d’un GTA Vice City. Pour se démarquer, Volition avait laissé le côté Get Rich or Die Tryin’ des premiers opus pour faire de Saints Row : The third un gloubi-boulga d’activités toutes plus débiles les unes des autres, saupoudré d’un humour beauf et absurde. Dit comme ça, c’est peu reluisant mais en 2011, c’est un carton et le début de ce qu’on peut appeler « l’Ère du Fun », où il fallait être le plus « WTF » pour séduire les joueurs et surtout, les harceler d’activités à faire. Cette (trop) grosse intro est là pour contextualiser la sortie récente de Saints Row, un reboot total de la licence sans Johnny Gat, sans matrice contrôlée par des aliens et avec la volonté d’être moins vulgaire que par le passé. C’est simplement l’histoire d’un groupe d’amis qui souhaite être riche.

Truands de la galère

Quand on a une aura aussi forte que Saints Row, vouloir repartir de zéro c’est compliqué. Les gens ont des attentes et Saints Row : The Third a sûrement été l’un des premiers open world de beaucoup de nouveaux joueurs (surtout parce que c’est l’un des rares qui se jouent en coop). Avec les récentes présentations et autres trailers, Volition semblait avoir muri, ils ne voulaient plus faire du « toujours plus » mais plutôt doser le rythme et varier les objectifs du héros. Après une phase de customisation plutôt complète de The Boss, notre personnage, on commence l’aventure par s’enrôler dans l’armée privée du coin et défourailler du punk comme s’il n’y avait pas de lendemain, avec une scène de rodéo d’avion de chasse. Pour le moment, on reste dans une ambiance connue, mais après cette jolie introduction, c’est la redescente d’adrénaline. Notre avatar se fait virer de l’armée pour insubordination et sombre dans une dépression en se demandant comment payer le loyer. Ce qui est assez étonnant, c’est le ton des discussions entre les personnages, assez premier degré, pour au final partir sur des solutions qui semblent exagérées mais sans que personne ne trouve ça démentiel. On sent l’envie d’être subversif mais elle est un peu trop capillotractée.

Mais trêve de bavardage, on a une ville à conquérir ! Vous comptez bien engranger un max de blé pour être tranquille et enfin avoir la vie de château. Pour ça, vous allez devoir faire progresser votre empire au travers d’une carte où vous allez décider d’investir dans des affaires qui sont souvent des arnaques ou des couvertures. On retrouve des activités phares de la série, comme la Fraude à l’assurance, les parcours de base jump ou les courses de voitures, mais il y a tout une autre flopée qui, malheureusement, consiste souvent à conduire des véhicules et tuer des gens. Cependant, je mets un petit pouce en l’air pour cette phase de jeu de rôle Mad Max/DUNE grandeur nature, où tout le monde est habillé de carton et de scotch, se bat à grands coups de Nerf Gun et font semblant de mettre/recevoir des coups. Ça rappelle forcément cette phase de GN dans Sunset Overdrive, mais avec un ton plus enfantin. Cette phase donne un aperçu de la vision des développeurs et de ce que représente Saints Row : un jeu pour grands enfants qui souhaitent ne pas trop se prendre la tête et rêver de grandes aventures.

C'est pas le paradise

Côté Gameplay, ça ne fait pas trop rêver cependant : On a des flingues pour tuer, des voitures/motos/avions/bateaux pour se déplacer sur une carte plutôt petite dans la moyenne (et un peu vide par endroit). Tel un Rico Rodriguez, vous pourrez aussi planer quand vous le souhaitez (mais pas de grappin tracteur malheureusement), de quoi offrir toujours plus de mobilité. La progression du personnages et de ses objets est plutôt lente, il faut patienter un moment avant d’avoir accès à des choses un peu funky. Cependant, comme par le passé, les armes et véhicules ont tous des capacités spéciales à débloquer, et peuvent être personnalisés (surtout les voitures, le tuning est très présent). Cependant, il subsiste un petit problème de rythme, avec un début lent et classique. Il fait partie de ces jeux où il faut jouer plus de trois heures pour voir des choses se passer (et ce n’est pas bien, soyons clairs).

Surtout que visuellement, il n’est pas très accrocheur. La DA nous laissera parfois sur la touche tant elle manque de panache, avec des choses assez grossières. Techniquement, on est sur une prestation à la hauteur du budget, n’oublions pas que Volition, c’est un studio de 200 personnes, on est loin des grosses entreprises qui peuvent dépenser sans compter. La version console (XSX testée ici) propose un bon paquet d’options graphiques, allant du 1080p à 120FPS au 4K 30 FPS, en passant par un 2K qualité élevée, dont le framerate fait le yoyo. Dans les trois résolutions, rien ne permet un affichage digne d’un GTA 5 (pour ne citer que lui), même avec l’activation d’une occlusion ambiante « ray tracée », mais le jeu garde tout de même quelques jolis moments, surtout quand il s’agit d’afficher des éclairages volumétriques ou des particules. Il possède l’avantage d’avoir beaucoup de choses qui se détruisent, ça rend assez bien à l’écran et permet de compensé sur les textures et les modèles un peu baveux.

Mais malgré toutes les bonnes intentions que je lui donne, Saints Row n’arrive pas à se renouveler sur la durée. Ce sera surement une super aventure en coop (mais en même temps, tout est plus fun à plusieurs), mais en solo, l’ennui fait rapidement surface, avec une histoire qui n’arrive pas à décoller et des moments de gameplay qui se cantonnent à tirer sur des mecs et conduire des véhicules. L’open world reste ancré dans une formule vieille de 10 ans et n’arrive pas à s’en sortir alors qu’il aurait pu multiplier les idées débiles et être, il faut le dire, le seul sur le créneau. Et pour couronner le tout, le jeu manque d’un certains polish et je ne compte plus les missions foirées à cause d’un problème de script, de physique, de crash, d’IA etc.

Saints Row n’arrive pas à transformer l’essai. On sent pourtant la volonté de moderniser la licence et d’être le nouveau maitre en terme de monde ouvert à plusieurs activités, mais seul quelques moments arrivent à se démarquer dans le lot immense de missions de meurtre et de conduite. La coop est évidemment son plus grand atout, et nul doute que si vous voulez une nouvelle aventure avec votre partner in crime, ce sera votre occupation de cette fin d’année. Mais pour les autres, ça risque de bloquer si on est déjà saoulé par le genre.

Rollerdrome

Rollerball a été compris et réadapté

2 réflexions au sujet de “Saints Row”

  1. Je suis d’accord avec la review et pourtant, j’ai kiffé. C’était humble, sincère, maladroit. Très déçu de voir que chez le géant éditeur derrière Saints Row, on oublie pas mal la QA par contre. Mais ce Saint Row a été une énorme bouffée d’air frais de 20h pour moi et j’y reviendrais sans problème pour les DLC. C’est la vie que j’ai choisi de mener 😛

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