Critique

The Planet Crafter

CactusSinger
Publié le 8 juin 2024
The Planet Crafter

Développeur

Miju Games

Éditeur

Miju Games

Date de Sortie

10 avril 2024

Prix de lancement

23,99 €

Testé sur

PC

Sorti un peu de nulle part avec une démo jouable, et s’annonçant comme un Subnautica-like, The Planet Crafter était certainement plein d’ambitions. Après un bon moment de gestation en Early Access, le jeu semblait avoir pleinement réussi, si l’on en croit les évaluations « extrêmement positives » sur Steam, à convaincre les joueurs. Étant donné l’impact qu’a eu le jeu d’Unknown World sur le genre, autant dire que nos attentes étaient grandes en lançant le titre de Miju Games.

The Planet Crafter vient donc s’inscrire dans la longue lignée des jeux de survie, toujours autant en vogue. Largué sur une planète sans vie pour y purger une peine en terraformant votre nouveau domicile, vous devrez donc garder un œil sur vos jauges de nourriture, d’hydratation et bien évidemment d’oxygène. Il faudra alors ramasser les ressources premières environnantes et vous en servir pour construire votre base afin de pouvoir fabriquer le matériel nécessaire à la terraformation de la planète. Le tout en débloquant constamment de nouvelles recettes dans le but d’améliorer votre base et matériel, et ainsi de suite. C’est d’ailleurs sur ces aspects que le jeu a d’abord été comparé à Subnautica, avec lequel il partage d’ailleurs une très similaire et très courte cinématique d’introduction. Car oui, on n’y coupera pas, mais cette critique va bien entendu beaucoup référencer ce qui reste un des jeux de survie et d’exploration les plus marquants jamais sortis, afin de bien comprendre de quoi il s’inspire et en quoi il diffère.

PLANET TELEX - Subnautica à la surface

On verra donc beaucoup de similitudes dans la construction de base et la partie craft avec le titre d’Unknown World. On n’est donc pas perdu de ce côté-là, même si de façon similaire à son influence, le jeu ne vous explique pas grand-chose, mais au contraire vous laisse le plaisir de tout découvrir par vous-même. Il ne faut donc pas hésiter à expérimenter, certains concepts ou mécanismes pouvant ne pas être totalement limpides, mais dans l’ensemble cela nous procure toujours une certaine satisfaction de comprendre le fonctionnement d’un nouvel élément et ainsi de progresser dans la partie.

Il vous faudra alors explorer votre environnement pour progresser. Si vous ne pouvez, encore heureux, pas explorer toute la planète, la zone jouable reste assez grande, et il faudra s’éloigner un peu pour trouver des matériaux plus rares. Pour notre plus grand plaisir, l’exploration de la carte est clairement un des points forts de ce Planet Crafter. On pouvait en effet craindre d’avoir un jeu se concentrant principalement sur l’aspect survie et construction comme beaucoup de supposés Subanutica-like, ici au contraire une belle part est faite à la découverte de la carte… et de ses secrets. On y trouvera d’ailleurs plusieurs biomes dont certains vraiment magnifiques. Quelques biomes justement ont une ambiance bien particulière avec un éclairage et des couleurs qui leur sont spécifiques. C’est généralement très réussi et donne une vraie personnalité. Cependant, la transition et très souvent abrupte, ce qui donne une sensation assez étrange et casse un peu l’immersion, notamment quand il suffit d’un pas pour changer totalement d’ambiance. Rien de bien méchant cependant et on passe vite outre devant le plaisir de découvrir un nouveau lieu.

On retrouve donc assez rapidement ses réflexes, et particulièrement cette envie d’exploration. On aperçoit une structure étrange au loin, l’épave d’un vaisseau, ou encore l’entrée d’une cave. On essaye alors de faire un choix pour ne pas partir dans tous les sens, et de se fixer des objectifs pour ne pas trop s’éparpiller… Et se retrouver encore en train de jouer à 2h du matin une veille de taf. Bien sûr, pour visiter tout ça, il faudra bien faire attention à son oxygène, du moins pendant une bonne partie du jeu, et, contrairement à un jeu se passant sous l’eau, on ne peut ici pas « juste » remontrer à la surface pour reprendre son souffle. Il faudra donc bien timer vos sorties, et emmener quelques bouteilles d’oxygène avec vous au cas où. Il est aussi possible de construire un bloc d’habitation à peu près n’importe où sur votre chemin pour y récupérer de l’oxygène voire stocker quelques objets. Le jeu étant très permissif sur ce point, les ressources d’électricité étant disponibles sur toute la carte une fois construites, pas besoin de relais ni de contact avec la base d’origine. Il est bien entendu aussi possible d’améliorer votre équipement pour pousser encore plus loin vos expéditions. 

découverte perpétuelle

Autre similitude avec son ainé subaquatique, encore, Plantet Crafter possède une histoire qui ne vous est pas servie sur un plateau, mais à découvrir par vous-même, à la fois simple, mais intéressante, et ne venant pas se mettre en travers de la progression. Celle-ci restant cependant un cran au-dessous de son modèle. Qu’on ne se trompe pas, The Planet Crafter se concentre beaucoup plus sur la collecte de ressources, l’amélioration constante de ses technologies et la terraformation de sa planète, que sur l’exploration et l’histoire que ne pouvait le faire un Subnautica. Néanmoins, et c’est important, il dépasse tout de même largement mes attentes sur ces points, et parvient d’ailleurs très souvent à surprendre et émerveiller pour notre plus grand plaisir. Certains pourraient cependant lui reprocher, du fait de son contexte, un manque de faune locale, et donc de Léviathans, mais ce sera au contraire un gros plus pour tous les gens ayant dû lâcher Subnautica à cause de son côté oppressant, voir quasi horrifique. De ce côté-là, The Planet Crafter sera parfait pour eux.

Quoi qu’il en soit, on entre très vite dans la boucle de gameplay de Planet Crafter, si bien qu’il en devient rapidement addictif, comme mentionné plus haut. Ayant constamment de nouveaux objectifs, de nouvelles choses à crafter, ou de nouveaux lieux à visiter. C’est grisant, on ne voit pas le temps passer, et ce, malgré quelques allers-retours un peu laborieux au début, moins gênants une fois le jetpack débloqué permettant de se déplacer plus vite. C’est d’ailleurs là l’énorme réussite du titre de la pourtant petite équipe de Miju Games, sa gestion du rythme et le maintien de l’intérêt constant du joueur à progresser. 

L’idée principale est que la jauge de terraformation augmente avec le temps, de plus en plus rapidement en fonction du type et nombre de constructions, débloquant à certains paliers des nouvelles recettes permettant d’améliorer encore plus la vitesse d’amélioration, mais aussi, et surtout, faisant évoluer la planète vers un nouveau stade de terraformation. Le système est parfait pour permettre d’alterner entre des phases de craft/construction avec des phases d’exploration, le temps que les jauges augmentent tranquillement jusqu’à débloquer des nouveautés. De plus, l’exploration est également constamment renouvelée grâce à l’évolution de la planète elle-même à chaque palier passé. On redécouvre complètement certains endroits, ou au contraire gagne accès à d’autres avant inaccessibles. Un vrai coup de génie qui renouvelle et prolonge constamment notre plaisir de jeu. Mais tout le sel d’un jeu étant justement la découverte, je n’en dirai pas beaucoup plus là-dessus pour tenter d’en divulguer le moins possible, et vous conseille d’ailleurs de plonger dans l’aventure sans trop chercher à en savoir plus, et même de regarder le moins d’images possible.

Idle game ?

Néanmoins, si cette maitrise quasi-total du rythme est vraie pendant la majorité du temps de jeu, il faut tout de même préciser que Planet Crafter se perd un peu sur la fin de son aventure. En effet, à partir d’un certain palier de terraformation, et ça dépendra de votre style jusque-là, le jeu arrête de se renouveler vu que vous aurez visité et découvert tout ce que la carte avait à apporter, ce qui est normal, me direz-vous. Cependant, la partie ne s’arrête pas pour autant, et il vous faudra atteindre le dernier palier pour débloquer la recette permettant de voir une des fins possibles. Le problème principal étant que ce palier est assez long et laborieux à atteindre, et n’ayant plus rien à explorer ou découvrir, le rythme de la boucle de gameplay décrit ci-dessus s’en trouve brisé. Une fois qu’on s’est amusé avec les dernières nouveautés technologiques débloquées, il ne reste donc plus qu’à attendre patiemment que la jauge se remplisse. Je vous conseille un montage de Lego ou un petit film pendant ce temps.

Ces dernières 10-15 heures ne seront au final pas suffisantes pour doucher mon enthousiasme et les excellents moments vécus durant bien 50h de jeu, d’autant que la fin pourra toujours être rééquilibrée par un patch, des mods, ou simplement avec les options in game. Un finish un poil négatif qui ne viendra donc pas empêcher Planet Crafter d’obtenir une sélection GSS tant convoitée et méritée donc. 

Certes, The Planet Crafter n’est pas parfait du début à la fin, et arrive un peu à bout de souffle et d’idées sur sa dernière partie. Il est néanmoins un titre extrêmement surprenant à la maitrise parfaite de son rythme durant la grande majorité de son aventure. Immersif, plein de surprises et avec une belle emphase sur l’exploration et la découverte, on ne peut qu’être impressionné par le travail réalisé par la petite équipe de Miju Game. Une belle alternative à Subnautica, sans thalassophobie ni monstres.

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