Deadpool

Un jeu sur Deadpool, c’est totalement inespéré. C’est comme voir débarquer un jeu axé sur Alfred le majordome de Batman ou sur Jimmy, le pote journaliste de Superman. Pourtant, High Moon Studios nous propose cela suite à la popularité grandissante de cet antihéros totalement disjoncté…

Explosons le quatrième mur !

Ce soir, vous dormirez moins bête. Le quatrième mur, c’est cette notion folle d’un écran imaginaire qui séparerait les acteurs de leur public. Par exemple, au théâtre, quand la pièce se joue tout se fait comme si vous n’etiez pas là. Deadpool lui, est un personnage qui prend ce mur et l’explose à la masse : c’est le seul personnage de Marvel qui SAIT qu’il est dans un comics et en joue énormément. Et dans le jeu vidéo, c’est absolument la même chose.

High Moon Studios, connu pour ses excellents jeux Transformers et clairement pas à la ramasse niveau adaptations, se voit donc chargé de porter Deadpool dans un jeu clairement voulu par Activision comme un simple faire-valoir commercial à poser dans les kiosques à côté du dernier comics à la mode. La preuve : aucune promotion, une sortie passée inaperçue et pourtant, un jeu loin d’être quelconque ! Car si Deadpool est un jeu d’action “comme les autres”, il possède un traitement scénaristique qui partage, mais qui fait aussi mouche chez de nombreux joueurs avides d’expérience humoristique réussie et fidèles au comics.

À la base, Deadpool est Wade Wilson, un cobaye de l’Arme X (comme Wolverine, entre autres personnages de Marvel) qui souffre de différentes tumeurs. Ils lui rendent la vie, mais se retrouve avec un pouvoir d’autoguérison, un physique complètement ravagé par les expériences qu’il a subit et un net problème mental. Deadpool est complètement psychopathe et c’est pour ça qu’il est aimé/détesté par les fans.

High Moon au coeur du jeu

C’est dans son appartement, où l’on découvre une dizaine de choses sans intérêt à faire, que Deadpool reçoit la visite d’une livreuse venue lui donner le script de son jeu vidéo. Il ne le lis pas, le met à la poubelle et fait tout exploser malgré High Moon Studios qui lui rappelle que le budget est assez mince (ce qui est vrai, qui plus est) et qu’il va falloir éviter de tout faire pêter. Malheureusement, l’antihéros va en faire qu’à sa tête (quitte à la perdre souvent) et va enchaîner les niveaux d’Action/Aventure avec beaucoup d’humour et de références.

Concrètement c’est un jeu à la troisième personne ou vous jouez du sabre et des pistolets. Trois types d’armes au corps à corps, quatre types d’armes à feu et des améliorations en tout genre sont à débloquer en collectant des “jetons Deadpool”, la monnaie du jeu qu’on obtient en tuant les ennemis ou en fouillant les niveaux. Les combats se font à base de combo et de garde, avec un bouton pour éviter une attaque ennemie et en contrer d’autres. Cela à une classique inspiration du gameplay toujours référence de Batman : Arkham Asylum sans en avoir la finesse. Vous pouvez enchaîner avec des armes à feu comme bon vous semble et utiliser certains coups spéciaux une fois ceux-ci chargés au fil des tueries. Plus classique, tu meurs ! Mais cela reste très efficace et amusant, bien que répétitif sur le long terme.

Ce qui fait toute l’originalité du jeu c’est son récit : Deadpool va partir tuer sa cible pour découvrir qu’elle est protégée par Mr.Sinister et ses Maraudeurs. Notre héros à la grande gueule va devoir subir des équipiers comme Domino, Psylocke ou encore le nerveux Wolverine qui n’oubliera pas de le narguer avec son habituel air ronchon. Mais le pote de Deadpool, celui qu’on rêvait de voir apparaitre dans un tel jeu, c’est bien le soldat du futur Cable qui lui sert de coéquipier/mentor. À moins que ce ne soit La Mort elle-même, qui lui fait la cour ? Non vraiment, niveau casting, c’est du tout bon !

Rires et dérisions

Classique dans son enchaînement de phases de baston et de shoot, de sauts, doubles sauts et téléportation vers des points du niveau, Deadpool est surtout jonché de référence à tout ce que vous aimez si vous adorez les comics originaux. Le monde du jeu vidéo, du comics, du cinéma, de la culture populaire… Deadpool joue avec les codes vidéoludiques comme personne et se permet d’utiliser ses deux personnalités supplémentaires qui lui parlent à l’aide de bulles, pour se servir de celles-ci comme de plateformes au dessus d’une zone difficile à traverser. Même chose avec ce niveau “à la Zelda” vue de haut ou ce coffre ne contenant rien, mais s’ouvrant avec une fenêtre de dialogue “à la Final Fantasy VII” vous indiquant ce que vous avez trouvé. Bref, on enchaine les vannes et les moments cools en s’amusant énormément.

Évidemment, nombreux seront les joueurs à ne pas rentrer dans le trip du héros de Marvel mais c’est justement en cela que le jeu est excellent. Il est extrêmement fidèle au personnage de Deadpool et se permet d’être plutôt joli (même si les derniers niveaux ne mettent pas le jeu en valeur). Niveau bande-son c’est bien bourrin et on a le droit à du casting de qualité. Seules quelques vannes un peu portées sur le sexe, qui ne représentent plus trop ce qu’est le Deadpool moins sexiste d’aujourd’hui, peuvent paraître assez lourdes par moment. Mais si vous êtes fan du héros, alors sincèrement le jeu est fait pour vous. High Moon Studios s’est amusé à adapter au mieux ce personnage atypique est se retrouve tellement fidèle au produit d’origine que cela repousse les joueurs qui ne le connaissent que de nom. On va dire que c’est “tant pis” ? Non, on dira même que c’est “tant mieux” tant l’oeuvre est réussie en terme d’adaptation et qu’il aurait été dommage de passer à côté.

Skywilly

Rédacteur en chef collectionneur de Skylanders et qui passe beaucoup trop de temps sur ces briques Lego. Heureusement qu'il y a des petits jeux pour s'évader ! Auteur de Le jeu vidéo indépendant en 2015 : Portraits de créateurs

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