Hatsune Miku : Project Diva F

Ce phénomène de société japonais traverse enfin les océans pour se retrouver dans nos consoles de salon. D’abord disponible sur PSVita, voici que Project Diva F débarque en dématérialisé (avec ses 5 gros gigas à télécharger) sur PlayStation 3. Ce sont les amateurs de jeux de rythme qui vont être aux anges !

Chanteuse virtuelle

Un peu d’histoire ? En 2003, Yamaha créé Vocaloid, un programme permettant la synthèse vocale sur de la musique. En 2007, le personnage d’Hatsune Miku est créé, avec un costume inspiré des synthétiseurs de la firme et rapidement, c’est la folie : les gens raffolent de ce personnage virtuel aux chansons entièrement créées électroniquement, les créateurs sont passionnés par tout ce que permet ce programme et le phénomène est lancé. En Europe, évidemment, on n’en entend jamais vraiment parler, si ce n’est que toute cette technologie est aussi à la base du célèbre Nyan Cat.

Project Diva F est donc un jeu entièrement tiré de l’univers d’Hatsune Miku. C’est d’abord un jeu de rythme, mais pas seulement. Néanmoins, concentrons-nous pour commencer sur la partie musicale du jeu : vous aurez rapidement accès à 38 chansons différentes, toutes plus ou moins connues des fans de la franchise. Du tourné de poireaux plus tard en guise de tutorial, on commence les festivités et tout de suite, le gameplay se fait original : des symboles apparaissent à l’écran vous signalant quel bouton vous devez presser et une petite aiguille d’horloge se montre à l’intérieur de chaque symbole pour vous signifier quand vous devez appuyer pour être sur le bon tempo. Triangle, Carré, Rond, Croix, mais pas seulement… Lorsque vous obtenez des flèches colorées, vous devez appuyer simultanément sur le bouton de la couleur, mais aussi sur la flèche directionnelle qui lui est liée : Triangle + Haut, Carré + Gauche, Croix + Bas, Rond + Droite.

Ensuite viennent les étoiles, énormes, inratables à l’écran, qui vous demandent de pousser l’un des deux sticks directionnels dans n’importe quel sens. Un simple mouvement rapide suffit à valider les étoiles et celles-ci s’enchaînent à grande vitesse. C’est ainsi que Project Diva F propose sa variante de Pop’n Music, Beatmania et autres jeux de rythmes japonais frénétiques. Et mine de rien, ce titre n’a rien d’une sinécure !

Ce n’est pas qu’un jeu musical !

En mode Moyen, ce qui reste simplement le second mode de difficulté sur les quatre proposés, les habitués des jeux musicaux n’auront aucun mal à terminer les chansons, mais seront quand même épuisés et pesteront devant les quelques erreurs effectuées. Directement, en mode Difficile, c’est furieusement plus complexe et intéressant. Alors imaginez le mode Extreme ! Surtout que quelques originalités viennent nous chambouler en pleine partie, comme une suite de notes à valider pour obtenir un bonus et une jauge étoilée qui, pleine, vous permet d’obtenir un petit rappel de fin de niveau gonflant votre score.

Soyons clairs : si vous aimez le Japon, ses musiques, ses chanteuses, son style particulier, alors vous serez aux anges. Les chansons sont très bien mises en scènes et visuellement, le jeu est très réussi. Les animations sont fluides, de qualité, souvent surprenantes lors de certaines chorégraphies et nous n’avons clairement pas là un jeu au rabais ! Face à la version PsVita, c’est le jour et la nuit graphiquement parlant. Néanmoins, si vous n’y jouez que pour les musiques vous en ferez vite le tour. Heureusement, il y a une bonne dose d’activités annexes pour les otakus en herbe…

Une salle entière est dédiée à votre chanteuse favorite. Chaque chanteuse du jeu possède sa chambre et chaque chambre peut être aménagée avec des objets achetés dans le menu adéquat. À chaque fois que vous finissez une chanson, vous récoltez de l’argent que vous pouvez dépenser en meubles, mais aussi en costumes (qui seront utilisés pendant les clips en jeu). Il sera aussi possible d’acheter des cadeaux (à manger, des fleurs, des jouets) pour les offrir aux chanteuses et augmenter leur jauge d’amitié à votre égard. Plus glauque : il sera possible de tapoter et caresser les demoiselles pour augmenter la jauge et surtout, débloquer un mini-jeu de chifoumi assez amusant, mais vite répétitif.

Vous voulez les habiller comme vous le désirez ? Pas de problème, le jeu vous demande de jouer à la poupée avec une centaine d’objets différents. Les écrans de chargement (nombreux !) servent aussi de galerie d’art à débloquer au fil de votre progression, des objets “gadgets” permettent des activités annexes rapides (comme un réveil, une minuterie pour la cuisine, un jukebox…) et à chaque fois que vous offrirez un cadeau, vous aurez droit à une petite saynète de vie complètement sans intérêt.

Et si vous composiez un peu ?

Un mode d’Édition de vos propres musiques est aussi de la partie, histoire de proposer un jeu très complet. Vous pourrez modifier les musiques du jeu et les proposer en ligne, ainsi qu’en télécharger ou en nommer certaines comme favoris. Il semblerait que le programme d’édition ait changé depuis les premiers jeux de la franchise : celui-ci fut le premier de votre humble testeur et donc, impossible de comparer. Néanmoins, il est ici très simple d’accès et plutôt rapide d’exécution, on peut donc garantir aux fans un programme amélioré depuis.

Ce qui est fou avec le test d’un tel jeu, c’est qu’il est certain qu’on oublie de vous parler de quelque chose ! Néanmoins, vous avez l’essentiel : Project Diva F est une sorte d’ode à la gloire de sa chanteuse virtuelle, Hatsune Miku, tout en étant un très bon jeu de rythme, un ersatz au rabais de jeu de drague monotone, un simulateur de shopping compulsif (mais pourquoi vous achetez toutes les tables à manger du jeu !), un bon moyen d’éditer des chansons et de les partager, mais aussi, un pot-pourri de tout ce qu’est un jeu japonais dans ses plus extrêmes délires et curiosités. C’est plutôt sympathique, mais évidemment il faut être du genre à apprécier la J-Pop et ça, ce n’est pas donné à tout le monde…

Skywilly

Rédacteur en chef collectionneur de Skylanders et qui passe beaucoup trop de temps sur ces briques Lego. Heureusement qu'il y a des petits jeux pour s'évader ! Auteur de Le jeu vidéo indépendant en 2015 : Portraits de créateurs

Skywilly

Skywilly

Rédacteur en chef collectionneur de Skylanders et qui passe beaucoup trop de temps sur ces briques Lego. Heureusement qu'il y a des petits jeux pour s'évader ! Auteur de Le jeu vidéo indépendant en 2015 : Portraits de créateurs

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