Atelier Firis : The Alchemist of the Mysterious Journey

Atelier Firis : The Alchemist of the Mysterious Journey

Après Atelier Sophie qui commençait sérieusement à sonner le glas d’une série Atelier qui se répète inlassablement, les développeurs.euses de chez Gust ont bien compris qu’il fallait se mettre au gout du jour. L’alchimie doit donc désormais compter aussi sur un monde libre, conçu de façon très osée pour une saga qui n’est pourtant pas habituée aux prises de risques…



Passage à l’âge adulte

Firis Mistlud est une jeune femme qui vit littéralement dans une ville coupée du monde : Eltona. Située à l’intérieur d’une montagne, cette ville pourtant sympathique empêche Firis de découvrir le monde, elle que ses parents refusent de voir franchir la grande porte de la ville qui la sépare de la liberté. C’est alors que l’alchimiste Sophie (du précédent jeu) débarque en ville lors de ses pérégrinations et donne furieusement envie à Firis de se mettre à l’alchimie. Malgré l’absence de soutien de ses parents, très inquiets pour elle, Firis va donc devoir prouver ce qu’elle vaut en réussissant à passer l’examen d’alchimiste dans la grande ville de Reisenberg. Une grande aventure commence.

L’histoire a beau être très quelconque, elle ne manque pas de charme. Evidemment, nous allons découvrir le passage à l’âge adulte d’une jeune fille qui commence la première partie du jeu à s’émerveiller sur tout ce qu’elle voit (le ciel, la prairie, la pluie) et pleurer auprès de sa grande soeur au moindre souci. Les clichés sont là, mais la force du personnage est dans sa détermination, comme souvent avec la série des Atelier.



Deux phases de jeu

Avant de pouvoir participer à l’examen final d’alchimiste à Reisenberg, Firis va devoir arpenter le monde pour s’améliorer et déceler un maximum d’ingrédients de qualité, synthétiser tout un tas de produits d’excellence. Pour prouver sa valeur, le joueur l’aidera à trouver trois recommandations d’alchimiste lui permettant d’entrer à l’examen. Une belle excuse pour forcer ce même joueur à arpenter la trentaine de lieux proposés (pour une demi-douzaine de villes).

Firis n’a qu’un peu plus de 300 jours pour réussir son pari : devenir alchimiste. Un système de jour/nuit définira le rythme de la partie et chaque action que vous entreprenez vous coûte du temps. Pour parvenir à ses fins en si peu de jours, il est possible de légèrement prendre son temps sans trop traîner non plus : on passe alors de ville en ville, on arpente les lieux connexes à vitesse rapide et on n’oublie pas quelques combats pour augmenter le niveau de son héroïne et ses compagnons. La course contre la montre est paisible, mais aura ses moments de doute : « aurais-je le temps de terminer tout cela avant le dernier jour ? ». Atelier Firis propose un nombre certain de fins différentes, dont quelques fins « négatives ».

Après une vingtaine d’heures à arpenter le monde d’Atelier Firis, vous passerez enfin l’examen et les crédits de fin défileront tout en vous racontant la suite des aventures de Firis. Curieusement le jeu, une fois débarrassé de son scénario principal, entre dans une seconde phase particulièrement réjouissante : tous les protagonistes du jeu ont évolué avec vous et vous voilà repartis pour une grande aventure dont vous seul pourrez faire sonner la fin. Firis peut alors voyager librement dans le monde sans contrainte de temps et beaucoup de choses sont à découvrir : des boss particuliers, des objets rares (un balai volant par exemple), des costumes à découvrir… Pour son premier monde libre, la série des Atelier fait cela très intelligemment.



Les bases respectées

Le joueur est effectivement libre de voyager comme il le désire et découvrir les différentes contrées librement, contrairement aux anciens épisodes qui enchaînent les couloirs et zones semi-ouvertes. Guidé par un journal de quêtes débordant de missives (les PNJ sont nombreux), impossible de réellement se demander quoi faire dans Atelier Firis tant on a l’embarras du choix. Le monde libre fonctionne très bien entre ennemis à combattre, ingrédients et objets à ramasser et discussions avec les nombreux protagonistes.

Pour le reste, les bases sont les mêmes qu’auparavant : nous avons un atelier principal (cette fois-ci mobile, façon « tente Quechua » à chaque feu de camp) qui nous permet de stocker tous les ingrédients que l’on ramasse. Un chaudron permet de créer des objets en fonction des ingrédients disponibles, du niveau d’Alchimiste de l’héroïne (à ne pas confondre avec le niveau des phases de combat). A la préparation, une fois les ingrédients sélectionnés, on peut tenter d’en améliorer la qualité et les spécificités en choisissant un catalyseur spécifique : celui-ci affichera une grille, faite de points précis, colorés ou non. Sur ces points, il va falloir poser les ingrédients, tous liés à une forme et couleur spécifique. On a le droit au final à un petit puzzle-game sympathique nous permettant soit de l’esquiver (et donc obtenir un objet « classique ») soit de le maîtriser et se voir récompensé du même objet mais d’une qualité d’exception. Cela améliore son utilisation (pour les bombes au combat, par exemple) mais aussi son prix de vente.

Le monde libre tire aussi partie des objets créés : il est possible de se frayer un chemin à travers une grotte en utilisant la bonne bombe. On récolte aussi des minerais en faisant exploser les tas de pierre alentours.



Pas besoin de manger à tous les Ateliers

On s’inquiétait réellement avec Atelier Sophie d’un manque cruel de renouveau dans la série des Atelier et se nouveau jeu sauve clairement la franchise de l’ennui. Même si les combats sont clairement le point faible du jeu avec son tour par tour très classique et sa possibilité de réaliser des combos de coup entre les personnages lorsqu’une certaine jauge d’attaque est remplie. Les idées sont là mais clairement, les affrontements ne prennent pas.

Pour ceux qui n’aiment pas cela dans la série des Atelier, un mode « Facile » est présent vous permettant de les esquiver au mieux. Pour tout vous dire, j’ai terminé la quête principale du jeu en étant au niveau 15 en combats (contre 28 en alchimie, forcément). Pour la seconde partie du jeu, par contre, il va falloir enchaîner les bastons et prendre du niveau si l’on veut pouvoir affronter les boss les plus cachés et réussir les quêtes les plus dangereuses.


Gust est parvenu à sauver sa franchise en proposant un monde libre très agréable et coloré. La quête principale terminée, on a le droit à une multitude d’annexes passionnantes qui rendent l’aventure encore plus intéressante. Malgré le fait qu’il ne plaira évidemment pas à tout le monde, et qu’il n’y ait pas de traduction française (les plus jeunes joueurs.euses se passionneraient pour cette aventure), Atelier Firis est sans aucun doute une bonne surprise, qui plaira beaucoup aux habitués d’une série qui commençait sérieusement à tourner en rond.

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