Where the Water Tastes Like Wine
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Petit coup de cœur du salon à la Gamescom 2017, ce titre au nom horrible à garder en tête nous vendait du rêve à chacune de ses scènes narrées avec classe. Puis on y a joué et on y a vu quelques soucis de lenteur, de répétitivité… On l’a dit aux développeurs, comme beaucoup d’autres l’ont fait avant puis après nous. Et rien n’a changé. Where the Water Tastes Like Wine se plaint aujourd’hui d’un naufrage, alors que tous les gens sur le quai faisaient de grands signes d’alerte au commandant borgne et buté.



Raconter ne suffit pas

Where the Water Tastes Like Wine est une aventure particulière qui consiste à nous laisser parcourir les Etats-Unis d’Amérique à la recherche de courtes histoires à lire et découvrir. Ces histoires sont morcelées et telles des rumeurs, des bruits de couloir, des aventures effrayantes ou stimulantes qu’on se raconte en se croisant en ville, elles changent au fur et a mesure qu’elles voyagent et changent de bouche et de mémoire. Vous stockerez toute ces histoires dans le but de les raconter à des individus, autour du feu, qui vous raconteront la leur en échange. C’est du génie autant sur le papier qu’en image… Mais le bat blesse quand tout est animé.

On traverse les Etats-Unis sous la forme d’un squelette portant son baluchon. Celui-ci est d’une lenteur effroyable, rendant ces phases tout ce qu’il y a de plus frustrant. Toute l’interface est ratée, tentant des choses qu’elle ne parvient pas à réaliser correctement comme les effets de transparence d’une carte qui se veut belle, interactive et inspirant le voyage mais qui se révèle tout sauf visuellement parlante et vraiment attirante. Les images parlent d’elles-mêmes, mais c’est pire une fois animé.



Un gout de vin aigre

Que fait-on finalement dans ce jeu ? A part explorer à lenteur extrême une carte ratée, on collecte donc des morceaux d’histoires ayant toutes une aura particulière : effrayante, amusante, épique, triste, mélancolique, le récit que vous pouvez proposer aux personnages hauts en couleurs des points d’intérêt de l’épopée devront coller avec leur humeur. Si c’est le cas, vous débloquerez là aussi un morceau de sa vie qu’il vous narra de la plus belle des façons. Ce morceau d’histoire personnelle sera aussi disponible pour vous à l’avenir afin de l’échanger avec un autre personnage d’un autre point d’intérêt, etc.

Le système est tellement une bonne idée qu’on ne peut qu’avoir envie de défendre Where the Water Tastes Like Wine malgré cette énorme bourde qu’est la réalisation globale. Rapidement transformer et enjolivées par les personnes avec lesquelles vous les avez partagées, ces histoire vous reviendront peut-être d’une autre façon et leur transformation du début à la fin du jeu est très amusante à découvrir. Le principe fonctionne, il est efficace, il est juste gaché par toute la phase 3D d’un titre narratif qui n’en avait absolument pas besoin.


Point de vue écriture, il est très difficile de venir critiquer Where the Water Tastes Like Wine tant il parvient à capter l’attention avec des thèmes simples mais bien abordés, des coupures scénaristiques amusantes et une idée de propagation de l’histoire vraiment intéressante, ainsi qu’un doublage de grande qualité. Les chansons viennent aussi donner beaucoup de relief à l’ambiance globale. On ne l’aime que pour les histoires qu’il raconte mais ni la réalisation, ni la progression, ni tout ce qui est systémique finalement, est du bon jeu vidéo. C’est un bon récit, en morceaux, et de jolis visuels et sons. Juste ça.

Skywilly

Rédacteur en chef collectionneur de Skylanders et qui passe beaucoup trop de temps sur ces briques Lego. Heureusement qu'il y a des petits jeux pour s'évader ! Auteur de Le jeu vidéo indépendant en 2015 : Portraits de créateurs

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