Shining Resonance Refrain

Shining Resonance Refrain

Les remasters ont ce truc cool de permettre de découvrir des jeux d’une ancienne époque sur nos machines actuelles. Après, certains tirent un peu trop sur la corde et remastérisent des titres de l’ancienne génération, parce que pourquoi ne pas se priver d’amasser des palettes de billet verts quand l’occasion se présente ? Pour Shining Resonance, on se situe dans la seconde catégorie, au détail prêt que cette nouvelle version a le droit à une sortie hors du Japon, contrairement à sa version PlayStation 3 sortie il y a quatre ans maintenant.



Un portage dépassé par le temps…

On ne va pas traîner et nous allons directement parler des choses qui fâchent. Sur PS4 classique, dès qu’il y a quatre particules à l’écran, le jeu tombe sous les 10 FPS, c’est-à-dire dans la plupart des combats. Sachant que techniquement le jeu n’a pas évolué d’un pouce vis-à-vis de la version PS3, c’est un peu l’arnaque (on ne préfère même pas imaginer l’état sur Switch). De plus, le jeu hérite des limitations techniques de sa version d’origine : peu de détails, zone réduite, PNJ statique et complètement vide de vie. On est clairement face à un portage visant la facilité.

Hélas, ce n’est pas l’unique problème du jeu. Si vous vous intéressez aux RPGs pour ce qu’ils racontent, pour la profondeur de l’écriture des personnages, passez votre chemin. L’unique profondeur que vous trouverez ici concernera celle du décolleté de la quasi-totalité des personnages féminins du jeu. Car derrière l’histoire complètement bateau de guerre de gentils contre les méchants, avec des dragons et de la musique au milieu, se trouve un jeu de drague qui provoquera malaise et facepalm à chaque dialogue. Votre équipe sera constituée principalement de femmes gravitant autour d’un héros masculin tout timide (provoquant ainsi des scènes de dragues ridicules). Les rares autres personnages masculins ne serviront que de faire-valoir pour montrer à quel point notre héros est la personne à charger à coup de bataille de tour de poitrine. Si cela était déjà affligeant en 2014, ça l’est tout autant en 2018.



… Au rythme plaisant

Par contre, si les histoires ne vous intéressent pas, et que les RPGs ne consistent qu’en un système de combat solide, alors il se peut que vous puissiez passer outre tous les gros défauts du jeu et le trouver plaisant. Prenant le chemin de l’Action-RPG, les combats se déroulent en temps réel où vous contrôlez un personnage sur les quatre que forment votre groupe. On regrette toutefois l’absence de raccourci pour switcher facilement d’un personnage à l’autre, sans devoir passer par le menu du jeu. Si les magiciens et supports attaquant à distance ne sont pas spécialement agréable à jouer, les épéistes et tanks, bien plus dynamiques, apportent un réel plaisir de jeu, autant par leur punch que par le côté tactique dans les combats.

Si les trois autres membres du groupe sont gérés par l’IA, il est possible de leur donner des profils de comportement (offensif, défensif, prioriser le soin, agir librement) ou bien leur donner des ordres, dans la même veine que les comportements. En fonction de la relation qu’entretiennent les personnages (rendant les phases de dragues importantes) et leur traits de caractère (que l’on débloque par la drague ou dans des coffres (oui oui !)), ces derniers pourront « résonner » afin d’apporter plus de support et d’efficacité en combat. Comme tous les Shining, il y a toujours des dragons dans l’histoire. Ici, l’âme d’un dragon, ultra badass qui a sauvé la terre, s’est sacrifié en transformant son corps en instrument de musique. Ces instruments ne seront ni plus ni moins que les armes de vos coéquipiers. Ainsi, une fois une jauge remplie (en frappant les ennemis), vous pourrez faire un concert, permettant de mettre un gros buff d’attaque ou de défense (en fonction de la chanson choisie). Enfin, notre héros pourra se transformer en dragon (très rapidement dans le jeu), permettant d’infligé de gros dégâts, mais ce dernier pourra entrer dans une rage folle attaquant aussi bien ennemis qu’amis.

Shining Resonance: Refrain n’est à conseillé qu’aux amoureux du RPG qui jouent pour les systèmes de combat et non pour l’histoire. Avec ses personnages creux et ses phases de dragues plus que gênantes, Shining Resonance déçoit fortement au point de passer toutes cinématiques pour éviter tout instant de malaise. Il se rattrape toutefois avec son système de combat solide et fun, où chaque archétype de métier possède sa propre manière de jouer. Ajoutez à cela la possibilité de se transformer en dragon, avec la force de frappe qui va avec, et l’on se trouve avec un jeu parfaitement rythmé et plaisant à découvrir. Que vous soyez joueur d’histoire ou joueur de combat, vous ne passerez hélas pas à côté des problèmes techniques d’un jeu se permettant de ramer au possible sur les phases de combats.

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