Windjammers

Windjammers

Au départ je voulais juste faire une Rapid’ critique de Windjammers, parce que c’est un portage. Mais je me suis souvenu que pendant longtemps il fallait être un riche bourgeois propriétaire d’une NEO GEO AES pour pouvoir y jouer. Ou alors riche bourgeois propriétaire d’une borne d’arcade en MVS. Et puis Windjammers est sorti sur Vita, une console qui s’est mal vendue, ce qui n’a pas rendu le jeu plus accessible malheureusement. Et enfin, oui enfin, le célèbre jeu de Freesbie a débarqué sur Switch et je vais vous expliquer longuement en quoi c’est fantastique.



Ryu et Ken font une partie de Tennis en pension

Reprenons tout d’abord les bases, Windjammers est un jeu d’arcade sorti dans les années 90, proposant au joueur d’incarner un champion de Freesbie. Je sais qu’un sport un peu pratiqué en France existe, mais il ressemble plus à une forme de golf avec des panières qu’à du tennis. Parce que Winjammers c’est du tennis, en fait Windjammers c’est PONG. Deux joueurs, chacun d’un côté du filet, se renvoient un projectile en espérant que l’adversaire n’arrive pas à réceptionner l’objet. La base est simple et le jeu se prend en main en quelques secondes pour un débutant. Puis pour les compétiteurs une tripotée de nuances viens pimenter la recette.

Pour commencer, six athlètes sont disponibles pour s’affronter. Chaque personnage peut se déplacer librement de son côté du terrain autant à l’horizontale qu’à la  verticale (comme un terrain de Tennis vu d’au dessus en fait). Selon le héros choisi vous pourrez vous déplacer plus ou moins rapidement mais aussi glisser (en appuyant sur le bouton de tir) plus ou moins loin. Forcément, les légers sont rapides et peu puissants, tandis que les lourds sont lents et violents, et bien entendu des personnages intermédiaires proposent un compromis entre ces 2 archétypes.

Vôtre sportif peut renvoyer le disque face à lui, en diagonale ou même en courbe si le joueur effectue une cuvette juste avant de lancer son tir. Par cuvette, j’entends une glissade votre pouce de la position arrière du stick à la position avant, en formant un U passant par la position basse. En gros si vous savez faire un hadouken dans Street Fighter, c’est exactement la même chose. Et si vous ne savez pas, payez-moi une bière et je vous donnerai un cours particulier. À savoir que chaque tir courbé ne se comporte pas de la même façon selon le mouvement effectué. Il faudra jauger la longueur de votre cuvette, la rapidité de celle-ci et le moment où vous l’exécuterez pour varier de la légère déviation de tir, à la courbe traîtresse et rapide.

Votre personnage peut aussi lober et laisser le disque tomber mollement au sol si l’adversaire ne se positionne pas juste en-dessous pour le renvoyer. Et j’ai bien dit juste en-dessous, s’il effectue un dash un poil trop tôt pour se retrouver juste devant ça sera 2 points pour vous (mais je reviendrai au système de score plus tard). Une technique à double tranchant car si votre adversaire se positionne au bon emplacement en avance, il aura assez de temps pour charger une attaque super à vous envoyer en pleine tronche. Chaque personnage propose un super différent, à vous de les essayer. Chacun est aussi capable de renvoyer le disque avec des mouvements de petits cercles rapides, ou de le renvoyer en super lobe, qui retombera au sol avant de partir tout droit dans le fond du terrain (comme si votre disque effectuait un dash). Mais toute attaque super peut aussi être contrée ou même renvoyée si elle est réceptionnée avec le bon timing. De quoi faire des échanges ultra stressants entre les joueurs.


Les vertes plages, il n’y a que ça de vrai !

6 Terrains différents sont disponibles. De l’emblématique plage qui aura fait la célébrité du jeu, au terrain de béton ou encore de parquet. Chacun d’entre eux à une taille différente, rendant le choix de votre personnage plus important. La ligne de défense à toucher pour marquer des points se divise en zones jaunes, rapportant 3 points, et en rouges, rapportant quant à elles 5 points, tandis qu’un lob n’en rapportera que 2. Le premier joueur à 12 points remporte la manche. D’un terrain à l’autre les zones jaunes et rouges ne seront pas au même emplacement, voire pourront grossir ou rétrécir dans l’un d’entre eux. Le choix du super de votre personnage peut donc avoir son importance selon l’arène de jeu.

Windajmmers est un jeu d’arcade d’époque, les règles de base sont simples à comprendre, mais maîtriser toutes les micro-mécaniques du jeu demandera du temps (et de l’entraînement). Le jeu est aussi stressant qu’un match de tennis ou un jeu de baston et vous fera sans doute hurler d’horribles jurons, surtout si vous jouez contre un ami, c’est d’ailleurs là que le titre prend toute sa saveur. Si la version VITA permet au joueur de s’affranchir d’une borne et de rendre le jeu portable pour y jouer à la plage pour de vrai, il souffre néanmoins de plusieurs défauts.

  1. Primo, la VITA a un écran magnifique, de belles finitions mais admettons-le, son stick est nul à chier. La mollesse du petit téton, ne vous permettra pas de ressentir précisément où commence et où s’arrête votre cuvette. Et puis il est tout petit (et pourtant j’ai des mains minuscules pour un homme adulte).
  2. Secundo, le jeu ne propose pas de multi local, et du coup jouer contre l’ordinateur va vite devenir rébarbatif tant la courbe de difficulté est mal dosée. Le mode facile est abordable pour tous, le mode normal un défi un peu plus corsé qui saura vous occuper quelques temps mais deviendra très vite une balade une fois les bases bien assimilé. Le mode difficile est à l’inverse d’une incroyable violence et peu de joueurs passeront la première arène. Un joueur seul se retrouvera vite coincé entre le trop simple du normal et le trop corsé du difficile.
  3. Tertio, les trophées demandent de gagner en mode difficile (je viens de vous expliquer que c’était compliqué) et aussi de gagner 100 matchs classés. Alors qu’on soit clair les copains développeurs, les succès ou trophées en ligne pour nous forcer à jouer en classé, ça nous fait chier. C’est rarement intéressant, il faut payer un abonnement, c’est long et on sait très bien que ça sert juste à gonfler votre nombre de joueurs sur le online. Et en plus, quand le jeu est un peu vieux il n’y a plus personne en ligne alors on ne peut même pas avoir tous les points/trophées. Vous ne voudriez pas arrêter de faire ça ?

L’aparté de Chezmoa (parce qu’il aime bien faire des apartés et parler de lui à la 3e personne) :

Spoiler

Je vous parle de la version PS Vita et non de la PS4 car c’est la seule que je possède en support Sony, j’ai en effet trouvé d’occasion une version physique du jeu venant de chez Limited Run. Une grand plaisir quand on est retrogamer et j’aimerais beaucoup le trouver en physique sur PS4 aussi mais voilà, les jeux se revendent à prix d’or car ce sont des éditions Limited Run. Grosso modo tous les Vendredi cette société met en vente sur son site un nombre de tirages très limité d’une édition physique d’un jeu (d’où le nom de la société). Les collectionneurs se jettent dessus, les spéculateurs aussi pour revendre à ces pigeons de collectionneurs. Les joueurs qui souhaitent seulement une version physique du jeu parce qu’ils aiment le titre et non juste pour cocher le numéro dans la liste, se retrouvent alors le bec dans l’eau. Je suis aussi collectionneur, mais je suis joueur avant tout et je me vois mal priver d’autres passionnés de leur plaisir juste pour pouvoir remplir l’étagère et mettre une croix  dans ma liste. J’invite donc chaque collectionneur “pur et dur” à se remettre en question et à se demander quelle différence il y a entre des timbres et des jeux vidéo à ce niveau de collectionnite. Enfin sauf si j’ai bu, à ce moment là je lui dirai sans doute juste d’aller féconder sa génitrice.



Mets ta casquette et lance la version Switch !

Quand Windjammer a été annoncé sur Switch j’étais sceptique. Après l’expérience du stick de la VITA j’avais peu confiance dans la précision des manettes, et pourtant celles-ci fonctionnent à merveille. Même avec un seul joycon en main chacun, les cuvettes sortent au doigt et à l’oeil, et on peu donner l’effet désiré à notre freesbie sans aucun soucis. Le mode table de la Switch prend d’ailleurs ici tout son sens puisqu’il permet de jouer à Windjammers n’importe où, à 2 joueurs et un peu à l’arrache. Certains de mes amis m’ont par exemple demandé de passer les voir au boulot avec Windjammers et ma Switch dans le sac. Il suffit de quelques secondes pour poser la console et choper un joycon chacun pour se mettre sur la gueule à la pause de midi.

Côté jeu on se retrouve avec une copie carbone du portage déjà fait chez Sony, on y retrouve aussi les options graphiques qui permettent d’activer ou non un générateur de scanlines pour simuler une vieille télé (si vous n’avez pas compris cette phrase, ce n’est pas bien grave, elle s’adresse aux vieux retrogamers puristes), ou encore lissé les pixels. De cette façon on peut adapter les visuels selon l’utilisation de la Switch, en mode portable graphismes à l’ancienne, sur le dock, branché à une grosse télé, en mode lissé pour ne pas saigner des yeux.

Pour finir je n’ai pas eu l’occasion de tester le mode online, mais le mode wifi local multi-consoles fonctionne plutôt bien. On retrouve tout de même quelques petits effets de latence parfois (en particulier sur le niveau de la plage), mais cela reste occasionnel. Et puis, le mode wifi local de la Switch n’est pas terrible en général, je me souviens avoir eu une moins mauvaise connexion en passant par le netcode que par le wifi locale sur Mariokart, alors que j’étais dans le même canapé que mes copains. Dans tous les cas jouer sur le même écran est bien plus fun.


Windjammers est un classique de l’arcade des années 90, enfin accessible au grand public, enfin jouable en multi local partout. Si vous ne devez en acheter qu’une seule version , prenez celle sur Switch vous ne le regretterez pas. Et je suis presque sûr que, comme tous mes amis, vous finirez vous aussi contaminé par la malédiction du jeu, qui consiste à dire “Allez une dernière et j’y vais, une bonne dizaine de fois avant de vous en aller vraiment”.

 

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