Kingdom Hearts III

Kingdom Hearts III

C’est avec une série d’une dizaine de jeux amples aux scénarios tous importants pour la continuité que Tetsuya Nomura nous plonge dans un univers mêlant Disney et Square Enix. Puis juste Disney et ces nouveaux personnages de Kingdom Hearts, devenu davantage iconique avec le temps. Kingdom Hearts III était censé être une conclusion à la grosse trame principale proposée depuis Kingdom Hearts sur PlayStation 2. C’est après avoir terminé tous les autres jeux en deux petits mois que nous nous sommes penchés, Leenuyth et moi, sur ce titre tant attendu.



Kingdom Hearts III n’est QUE pour les fans

Il va falloir clairement définir une chose importante en ce début de critique : Kingdom Hearts III ne peut pas être apprécié, joué et compris si vous n’avez pas fait la horde de jeux déjà sortie auparavant et ce, même avec nos récapitulatifs vidéo. On pensait que si, en les faisant. On était persuadés qu’il suffirait d’un bon résumé pour s’y plonger mais non, Kingdom Hearts III se savoure en ayant vécu les évènements et tous les dialogues, les moments forts et les effets de réalisation ont un sens qui ne parle qu’aux fans de la première heure. C’est ennuyant, c’est dommage aussi. On espère sincèrement que si l’univers vous botte, vous aurez le courage de vous lancer les compilations PlayStation 4 qui regroupent tous les jeux de la série. Sinon, passez votre chemin.

Passez votre chemin parce que Kingdom Hearts III fait suite au précédent épisode de la série sans rien (ou si peu) vous expliquer. Pour résumer très vite (et attention, ça spoile pas mal), le méchant Xehanorth s’entourent de personnages bien vilains qui deviennent peu à peut des copies de lui-même et ensemble, ils attendent que les guerrier.e.s de la lumière se regroupent pour provoquer une Guerre des Keyblades et « rebooter » le monde. On joue donc Sora, toujours accompagné de Donald et Dingo, qui a pour mission de trouver le pouvoir de l’éveil lui permettant d’empêcher cette guerre. Pendant ce temps, Riku et le roi Mickey partent retrouver Terra, Aqua et Ventus (les héros de l’épisode Birth by Sleep) qui sont tous en bien mauvaise posture.



Construction à l’ancienne

Dans un Action-RPG très permissif, ou les habitués du genre et des précédents épisodes seront à mon sens bien plus heureux en mode Difficile, l’histoire de Sora se joue avec un bouton qu’on combote en continu entre deux sauts et quelques raccourcis de magies. Les combats de Kingdom Hearts 3 sont virevoltants, visuellement très riches en effets variés, mais ils sont aussi très simples. On presse une touche (Triangle ou Y selon la console) pour activer tous les bonus d’attaques et autres invocations qui se regroupent et s’enchaînent à une folle vitesse.

Des attractions de Disneyworld aux attaques de groupe (une pour chaque monde en fonction des alliés qui nous suivent), le jeu fera tout pour vous simplifier la vie et les combats. Dans certains mondes, vous aurez même la chance d’activer des objets du décors qui viendront vous aider. Bref, le gameplay est très simple à prendre en main et le jeu est assez facile à traverser. Mais coté spectacle, on en a clairement pour son argent.

Le level-design est aussi un peu daté : si les différents mondes font croire à de la liberté, c’est davantage pour nous proposer moins d’une dizaine de zones de jeu greffées par des couloirs qui ne disent pas leur nom. Nous ne sommes pas devant Final Fantasy XIII, heureusement d’ailleurs, mais on s’en rapproche. Les décors étant toutefois si jolis que l’esbroufe est parfaite. C’est surtout une fois le jeu fini, quand on revient dans les mondes pour les fouiller de fond en comble, que la magie opère moins. Pas grave.



De toute beauté !

Ce qui mettra par contre tout le monde d’accord, c’est le visuel. Kingdom Hearts III propose presque une dizaine d’univers différents et à chaque fois, c’est un ravissement pour les yeux. La première fois que l’on sort de la chambre d’Andy (Toy Story), qu’on découvre le royaume de Raiponce ou qu’on navigue sur les eaux avec Jack Sparrow sont des moments assez jouissifs et qui en mettent plein la vue. Il faut voir Donald et Dingo en mode « réaliste » dans le monde de la piraterie, ou ces moments de reprise mouvement par mouvement de grands moments des films Raiponce et Reine des Neiges, reproduit à l’identique dans le moteur du jeu, pour vraiment se rendre compte du travail réalisé. La fidélité est partout et Sora et ses amis s’y mélangent parfaitement. Un ravissement pour les yeux.

Ce sont les animations qui, pendant les combats et déplacements, font vraiment le show. C’est incroyable de précision et de petits détails. Curieusement, lors des phases de scénario et des cinématiques, les mouvements sont moins réussis. Les personnages se posent davantage en pantins qui balancent leurs répliques et c’est là que les fans s’y retrouvent sans problème… Mais pas les autres, puisqu’ils ne sont pas assez accros au scénario pour ne pas se rendre compte de ce côté stoïque qui jure avec le reste du jeu, davantage moderne.



Du système dans le système

Ce qui fait la qualité (mais aussi le défaut) principal de Kingdom Hearts III, c’est sa tonne de mini-jeux, mini-gameplays, situations différentes et phases de jeu originales. On va se lancer dans trois petits mondes « libres » en vaisseau Gummi à l’assaut de zone de shoot, de gros boss et de récolte d’objets, on cuisinera de jolis plats avec Rémy de Ratatouille via les ingrédients trouvés sur le chemin des niveaux du jeu (comme Donald nous le répètera inlassablement), on jouera à du puzzle-game chez Winnie (au monde bien trop court, une vraie déception), il sera possible de faire de la baston de Mecha, du Space Invaders avec des flans (ne cherchez pas…) ou encore jouer à une vingtaine de jeux Game & Watch inspirés des classiques Disney.

C’est ce principe de systèmes de jeu variés qui pose soucis pour les uns et réjouis les autres. Si vous êtes du genre à apprécier un gameplay fixe qui vous demande d’être assimilé puis compris à fond pour être jouissif à jouer, vous n’êtes pas au bon endroit. Kingdom Hearts III c’est de l’absolue efficacité en deux boutons, de l’enchaînement de mini-jeux même dans les invocations. C’est très varié, pas toujours parfait à jouer mais cela rend le rythme frénétique.



Le gros souci c’est Kairi

Ce test tente de ne rien spoiler depuis le début, même pas la liste des mondes à parcourir et surtout pas le scénario principal à base d’Organisation XIII et de Xehanorth. Mais il y a quelque chose qu’il faut affirmer, c’est à quel point l’écriture du personnage de Kairi, personnage féminin principal de la série, est abominable dans cet épisode.

Sans aucun détail, sachez que si vous aimez le personnage vous risquez de piquer de vraies crises. Toutes les critiques faciles allouées à Kingdom Hearts sur son scénario incompréhensible, sur sa complexité globale, sur son manque de logique, qui sont pour la plupart des critiques très peu fondées, se révèlent toutes vraies pour le rôle de Kairi dans cet épisode. Elle est très mal écrite, insupportable et même son cheminement tout au long des précédents épisodes n’a ici aucune force, aucune conséquence de qualité sur la force présumée d’un personnage de princesse ultra-quelconque et ringard qui fera rager bien des joueurs. Heureusement, il y a Aqua, autre personnage féminin fort et principal, qui s’en sort bien mieux… Même si elle a un rôle de maman protectrice tout au long du récit, ce qui n’est pas moins insupportable quand on y pense.


Kingdom Hearts 3 a frôlé la Sélection GSS tant il est généreux et propose un spectacle de qualité. C’est un excellent jeu rapide à prendre en main, ou on s’extasie devant des mondes Disney magnifiques et enchanteurs, où les fans du scénario complexe de la série seront aux anges devant ce faux final et cette vraie relance d’un univers qui n’a pas fini d’émouvoir. Mais Kingdom Hearts 3 c’est aussi un jeu absolument pas recommandé à ceux le prenant comme premier épisode : ils n’y comprendront rien, même en se farcissant les résumés proposés. C’est un vrai jeu pour les fans de la franchise et seuls ces fans sauront l’apprécier à sa juste valeur.

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