Critique

Ocean’s Heart

Gattu
Publié le 21 janvier 2021

Développeur

Max Mraz

Éditeur

Nordcurrent 

Date de Sortie

21 janvier 2021

Prix de lancement

? €

Testé sur

PC

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Un avatar blondinet qui s’éveille après une longue nuit de sommeil, trois cœurs rouge écarlate en guise de points de vie, des buissons et vases à découper à l’épée, pas de doute, Ocean’s Heart est bien un hommage — un clone diront les mauvaises langues — à la saga Zelda, et plus précisément aux opus sortis sur les plus vieilles générations de consoles. D’ailleurs, son développeur, Max Mraz — connu pour avoir créé Yarntown, un remake 2D de l’ardu Bloodborne —, n’a jamais caché son penchant pour la poule aux œufs d’or chère à Nintendo. Son objectif est clair : donner naissance à un Action-RPG qui allierait goût pour l’ancien et mécaniques de jeu modernes.

Ocean’s Heart – A Link to the past

Sur la petite île de Calcaire, la vie se veut à la fois douce et monotone. Ses habitants, qu’ils soient pêcheurs, charpentiers ou navigateurs, vaquent à leurs occupations, le sourire aux lèvres. C’est aussi le cas de Tilia, notre héroïne, qui aide sa sœur et son père à gérer la seule Taverne du village. Jusqu’au jour où cette apparente tranquillité se voit troublée par une bande de pirates sanguinaires qui attaquent l’île sans crier gare. Et voilà que les vilains enlèvent Noisette, une amie d’enfance, tandis que le courageux paternel part à leur poursuite sans plus jamais donner de nouvelles. Six mois plus tard, Tilia se lance à la recherche de son père, et va, par la même occasion, parcourir un archipel qui regorge de mystères et de légendes oubliés.

Car c’est bien l’insatiable désir d’exploration des joueurs qu’Ocean’s Heart vient allègrement flatter. En effet, s’il est possible de terminer le jeu en ligne droite — ce qui n’aurait aucun intérêt — c’est dans la profusion de tâches secondaires et donjons cachés à dévoiler que le titre de Max Mraz essaie de se démarquer. Ainsi, nombreux seront les personnages en détresse à nous confier différentes corvées, allant de la banale quête de monstres à liquider, jusqu’à une enquête à mener lors de l’anniversaire d’un chien appartenant à un maire excentrique. Très vite, on prend plaisir à fouiner dans chaque recoin de l’archipel pour découvrir grottes camouflées et trésors perdus. Bien sûr, au-delà de développer quelque peu le lore de l’univers — qui n’est, il faut l’avouer, pas d’une grande richesse —, ces à-côtés permettent à notre protagoniste d’améliorer épée et armure, d’accumuler de l’or, voire de débloquer de puissants pouvoirs magiques.

Du classicisme très… classique

Seul hic : s’amuser à ratisser le jeu de fond en comble casse sa difficulté, notre personnage devenant vite surpuissant, tandis que l’on accumule potions de soin et points de vie supplémentaires. À titre d’exemple, il est tout à fait possible de vaincre le boss final sans même chercher à esquiver un seul de ses coups. Il ne reste donc plus qu’à activer le hard mode d’Ocean’s Heart, afin de rendre l’aventure plus corsée et excitante, même si là encore, la complexité du titre demeure très relative. La faute, en partie, aux patterns du bestiaire qui manquent, à quelques exceptions près, d’imagination ; la plupart des monstres se contentant d’avoir des mouvements erratiques ou, au contraire, de nous foncer dessus.

Autrement, Ocean’s Heart se présente comme un Action-RPG aux mécaniques classiques. Tilia est capable de frapper à l’épée, d’esquiver, d’user d’un peu de magie, et d’utiliser moult objets qu’elle découvrira tout au long de son périple. Si parmi ces derniers se trouvent les incontournables arc, bombes (pour ouvrir certains passages secrets) et boomerang (qui permet de paralyser nos opposants), le jeu introduit aussi quelques items qui s’écartent des sentiers battus : un fléau explosif, aussi dangereux pour les ennemis que pour notre héroïne, ou des flèches qui nous téléportent à certains endroits normalement inaccessibles.

Classiques, les graphismes du jeu de Max Mraz le sont aussi. Avec son univers coloré et ses personnages mignons, Ocean’s Heart rappelle au bon souvenir de certains anciens épisodes de Zelda — The Minish Cap en tête — et ravira sûrement les fans de cette illustre série. On déplore juste un manque de clarté lorsqu’on bourlingue dans des forêts touffues, notre protagoniste ainsi que les ennemis n’étant pas visibles derrière les arbres. Quant aux musiques, si la majorité des pistes se montrent assez génériques, certains morceaux se révèlent fort sympathiques et accompagnent avec justesse nos pérégrinations.

À aucun moment Ocean’s Heart ne réussit à surmonter son statut d’hommage à la saga Zelda. Rien de rédhibitoire en soi, mais on aurait préféré que le jeu de Max Mraz parvienne à s’individualiser à minima, en racontant par exemple une histoire originale, et en proposant un challenge plus pimenté, ainsi que des énigmes plus inventives au sein des nombreux donjons qui parsèment l’aventure. Cela n’empêche toutefois pas le titre de se montrer agréable à parcourir, puisqu’il se repose sur des mécaniques qui ont prouvé à maintes reprises leur efficacité par le passé. En somme, Ocean’s Heart se révèle être une chasse au trésor sympathique, qui saura occuper les nostalgiques une petite dizaine d’heures.

Röki

L’oeil du style

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