Critique

Strayed Lights

Nyam Hazz
Publié le 2 mai 2023

Développeur

Embers

Éditeur

Embers

Date de Sortie

25 avril 2023

Prix de lancement

24,99 €

Testé sur

PC

Avec Strayed Lights, sorti le 25 avril 2023 sur PC, PS5, PS4, Xbox Series et Switch, le tout petit studio strasbourgeois indépendant Embers nous livre un jeu d’action-aventure coloré qui mise essentiellement sur son ambiance et son gameplay. On retrouve, en effet, à la fois un peu d’ORI et de Sekiro en lui, ce qui, de prime abord, peut paraître surprenant. Il nous entraîne ainsi dans un monde onirique où règne la corruption, aux commandes d’un petit être de lumière qui va avoir pour difficile mission de rétablir l’équilibre. Et le moindre que l’on puisse dire est que, pour une première production à budget limité, Embers nous rend une copie plus que propre.

Ne perdez pas la flamme

Tout débute par l’éveil, sous forme de flammèche, d’un petit être de lumière humanoïde masqué, dans un lieu étrange. Tout est encore flou autour de lui, mais la netteté se fera peu à peu lorsqu’il se rapprochera de la lumière qui l’attire. Dehors, une tempête fait rage, avec de terribles éclairs, et il trouvera refuge dans une grotte. Là, il commencera à croître, mais son double qu’il voit dans de la glace succombera à la noirceur et s’en prendra alors à lui. Cette dualité représente la lutte qu’il doit mener contre ses démons intérieurs pour trouver son équilibre. C’est ainsi une sorte de voyage initiatique, au cours duquel il grandira tout en acquérant des pouvoirs de plus en plus extraordinaires, qui l’attend. Il y croisera d’autres lumières égarées comme lui et devra affronter d’immenses créatures submergées par les émotions qu’il lui faudra apaiser.

Mais chacun aura ici sa propre interprétation des événements auxquels il assistera puisque le jeu est dépourvu de tout texte ou dialogue. Tout juste vous gratifie-t-il de quelques artworks assez obscurs, empreints de mysticisme. Il n’y a pas non plus de quête à suivre, ni de carte marquant les points d’intérêt, ou même d’ATH (sauf lors des affrontements), et c’est à vous de trouver votre chemin. Vous tournerez peut-être un peu en rond avant de comprendre ce que vous avez à faire, mais vous devriez bien vite saisir le principe. Outre son gameplay, le soft s’appuie grandement sur son ambiance et parvient parfaitement à transmettre celle-ci, s’appuyant alors sur une bande-son signée Austin Wintory (Journey, ABZÛ, The Banner Saga), même si celle-ci aurait pu être davantage mise en valeur.

Le violet, limite de décomposition de la lumière

Et si l’on cite ici Journey pour l’ambiance musicale, Strayed Lights s’en rapproche aussi par son aspect atmosphérique, tout comme bien entendu d’ORI. La palette de couleurs retenue et la direction artistique rappellent en effet, inévitablement, le titre de Moon Studios. La simplicité l’emporte ici, ce n’est que sensations, que ce soit auditives avec des musiques épousant l’état émotionnel des adversaires, ou visuelles. Des plantes indiquent, par exemple, là où vous pouvez grimper, des griffures le long des parois, là où vous pouvez longer la falaise, un grésillement de l’image, la présence d’ennemis proches… Et c’est une vraie réussite qui saura ravir vos pupilles, à condition bien entendu de ne pas craindre les couleurs flashy tournant essentiellement autour du bleu, de l’orangé et du violet. Un mode photo permet même d’immortaliser les plus beaux panoramas.

Votre périple vous fera ainsi traverser divers lieux allant des cavernes à la forêt, en passant par la montagne, des ruines ou encore des villes corrompues. Vous traverserez en fait 2 HUB, avec quelques éléments à récupérer, où vous devrez explorer 2 biomes pour venir à bout du boss qui s’y trouve et débloquer ainsi l’accès à un troisième lieu. Cela représente donc en tout 6 zones à explorer, en environ 7 heures de jeu seulement, sans véritable rejouabilité. Le titre repose donc sur ses combats, mais aussi sur de l’exploration, avec un peu de plateforme. Des orbes sont en effet plus ou moins cachés et plus vous en récupérerez, plus vous serez efficace en combat en accumulant plus rapidement de l’énergie, nous y reviendrons. En tout cas, Strayed Lights sait nous emporter dans son univers et, mis à part un crash rencontré et une curieuse volonté affirmée de vouloir se lancer en mode VR, il est techniquement au point.

L’heure de la parade a sonné

Venons-en désormais au gameplay. À la fois simple et efficace, celui-ci s’inspire en partie de Sekiro. Il s’agit en effet de faire preuve de réflexes et de timing pour non seulement esquiver  les coups portés par les adversaires, mais surtout pour parer efficacement. Plus cela se fera au bon moment et plus se remplira la barre d’énergie qui, une fois pleine, permettra d’achever le combat dans une cinématique avec QTE où l’on ressent la puissance dégagée par notre personnage. Mais attention, il faut switcher entre couleurs bleu et orangé pour utiliser la même que celle dans laquelle attaque l’ennemi, sinon cela ne rapporte pas d’énergie. De plus, en utilisant la bonne couleur, la parade permet de se soigner. Des coups peuvent également être portés pour accélérer le processus. Bien entendu, nous n’avons pas affaire ici à un niveau de difficulté à la FromSoftware, mais le principe est là, y compris l’esquive pour éviter les attaques violettes corrompues que l’on ne peut pas contrer.

Par contre, même si Strayed Lights peut parfois se révéler exigeant face aux boss colossaux que l’on doit affronter, tous dotés d’une personnalité propre, il offre un challenge bien dosé et ne s’avère jamais punitif. Nous ne perdons rien en mourant, les ennemis ne repopent pas et le respawn se fait tout proche de notre défaite. De plus, les points de compétence lâchés par les ennemis permettent, en entrant en méditation pour rejoindre son for intérieur, d’obtenir de nouvelles capacités, comme pouvoir parer avec n’importe quelle couleur un certain temps, ou des buffs, tel que davantage de points de vie.  Ceci facilite peu à peu la tâche, surtout que la meilleure affinité avec l’énergie acquise grâce aux orbes trouvés dans l’environnement, permet de charger celle-ci plus vite. Le bestiaire n’est peut-être pas très varié, mais les affrontements sont dynamiques et très fluides. Par contre, comme ceci est rappelé dès le lancement du titre, une manette est fortement recommandée si vous jouez sur PC. De plus, vous profiterez des vibrations, sans parler des retours haptiques sur PS5.

Petit jeu indépendant à prix contenu et doté d’une identité propre, Strayed Lights se révèle être une bonne surprise. Il a, certes, une durée de vie assez réduite et un bestiaire limité, mais il bénéficie d’une direction artistique soignée avec une ambiance onirique envoûtante à la bande-son toutefois un peu trop discrète, ainsi que d’un gameplay efficace offrant des combats dynamiques, reposant essentiellement sur la parade, où il faut savoir faire preuve de réflexes et bien gérer son timing.

Jusant
Jusant

Un titre qui donne le vertige

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