Renegade Ops

Alors que Wasteland Angel vient de sortir sur PC et n’a pas réussi à proposer un shoot coopératif de qualité, Sega et Avalanche Studios (Just Cause) débarquent avec leurs gros sabots et mettent le pied dans le plat. À ce niveau, on peut même dire qu’ils sautent dedans à pieds joints

Nanarland

Une cinématique d’introduction vous présente l’univers de Renegade Ops. Entièrement animée façon “comic book”, celle-ci met en avant un général dans le camp des “gentils” qui va compter sur ses renégats, deux garçons et deux filles d’exception, pour stopper le diabolique Inferno que les gouvernements mondiaux semblent ne pas prendre au sérieux. On est dans le plus pur cliché du film d’action ringard et c’est avec cette ambiance de nanar volontairement poussé à l’extrême que tout commence. La VF viendra d’ailleurs forcer ce trait ridicule avec des intonations de voix à faire rire le plus déprimé des joueurs.

Quatre personnages sont donc proposés, mais il s’agit surtout de quatre véhicules tant les faciès des héros ne sont montrés que lors de la sélection de la partie. Chacun a donc un bolide aux coups spéciaux différents allant du tir aérien, de la bombe IEM, du bouclier, à la transformation en véritable tourelle-canon destructrice. À travers neuf niveaux assez longs, il est donc question de tuer de l’ennemi en masse avec un gameplay à la Geometry Wars, comme c’est désormais la mode sur console. Comprenez par là que vous visez et tirez en orientant le stick analogique gauche dans la direction désirée, le stick droit servant à diriger votre véhicule.

Un certain temps d’adaptation est nécessaire pour bien saisir les contrôles du bolide, tant les routes semblent savonneuses. Mais une fois le premier niveau terminé, on parvient déjà à comprendre comment tout ce beau monde se contrôle efficacement. Il faut dire qu’avec des niveaux frôlant la trentaine de minutes de jeu, on a le temps d’en saisir les originalités. Ceux-ci sont composés de plusieurs objectifs donnés par radio, rendant d’ailleurs le scénario très motivant et jamais sans intérêt. On est au coeur de l’action, en direct, sans aucune cinématique pour nous couper l’envie de continuer. Tout se fait à base de petites cases dessinées qui apparaissent à l’écran pendant que vous jouez : une très bonne idée pour le rythme d’un titre que le genre veut forcément répétitif.

Approuvé par Michael Bay !

Renegade Ops ne fait pas dans la dentelle. En plus de proposer une réalisation technique d’exception, mettant en avant des graphismes somptueux pour un jeu de cet acabit, les développeurs d’Avalanche Studios se payent même le luxe de proposer une ambiance sonore décapante et de très bonnes musiques pour les accompagner. Rien de culte, évidemment, mais quelque chose d’assez bien fignolé pour sublimer un gameplay qu’on osera avouer sans mal comme frôlant la perfection une fois saisi. Ajoutez à cela des explosions toutes les secondes pour en avoir le coeur net : Renegade Ops est un jeu bourrin.

Chaque niveau est une grande carte totalement libre d’accès, ou chaque joueur peut d’ailleurs s’y promener sans faire attention à la position de l’autre et proposant du coup quelques actions annexes. La récupération d’objets précis par exemple, qui sont à déceler avant qu’une quête prioritaire fasse son apparition (et qui se voit rapidement minutée via un petit chrono qui met rapidement la pression). Ces quêtes annexes donnent lieu à des succès/trophées spécifiques et surtout, forcent le joueur à prendre des risques en entrant souvent dans la gueule du loup. Tout cela pour avoir plus de points, pour augmenter le niveau de son personnage et acceder à un joli tableau des compétences. A chaque niveau, des points vous sont attribués : vous pouvez les dépenser en compétences spécifiques, dans trois catégories : la santé/bouclier, l’armement et le pouvoir spécifique à votre héros. Chaque palier ajoute un nouvel attribut souvent salvateur.

Mais si effectivement le jeu sait se faire intelligent dans sa progression, explose de partout et fait même bugger votre téléviseur l’espace d’une petite seconde lorsque trop de sons se chevauchent (petit bug à corriger ?), il n’en est pas moins très compliqué. Le jeu propose trois modes de difficulté très spécifique. Le mode Facile permet de finir le jeu, mais il y est impossible d’augmenter de niveau. En mode Normal tout est possible, mais on est déjà en terrain miné : si vous perdez toutes vos vies en mission, c’est le Game Over et vous devez tout recommencer. En mode Difficile vous avez moins de vie, mais gagnez davantage d’expérience.

“En avant, les renégats !” – Moment de VF sublime.

Enfin, quelques petites actions interactives viennent donner un peu d’originalité à certaines missions. Vous infiltrerez par exemple des installations ennemies et devrez alors presser rapidement une touche pour éliminer tout le monde, poser une bombe ou effectuer tout autre objectif, avant d’en ressortir et de continuer votre route. C’est très bête, pas forcément incroyable d’intelligence, mais ça a le mérite de poser quelques pauses bienvenues dans la succession d’affrontements proposés. Une certaine répétitivité s’installe forcément et malgré toute la bonne volonté des développeurs, les niveaux se suivent et se ressemblent un peu. Mais face à la concurrence, on est devant un vrai bon shoot surtout appréciable en coopération (local ou multijoueur).

En coopération locale, deux types d’écrans sont proposés : le splitté tout d’abord, séparant le téléviseur en deux de façon classique avec un côté par joueur. Plus original, un mode “dynamique” est proposé : lorsque les joueurs sont côte à côte, il disparait, réapparaissant lorsque les deux compères s’éloignent l’un de l’autre. Aussi il effectue quelques rotations lorsque l’un des joueurs contourne l’autre. Malheureusement, cela donne au final quelques bugs avec des écrans qui s’interchangent sans crier gare, ou un joueur qui ne voit plus du tout ce qui se passe pour lui lorsque l’autre meurt et réapparait quelques mètres plus loin. À essayer, mais pas forcément à adopter donc.

Reste que Renegade Ops est vraiment dans le haut du panier du jeu de shoot en coopération sur consoles. En version PC, il ne devrait pas non plus avoir trop de mal à trouver son public (pourvu qu’il ait une manette à brancher). Quelques petits bugs par-ci, par-là, de très rares moments de répétition et des voix françaises un peu énervantes ne suffisent pas à gâcher le plaisir procuré par ce titre de qualité, très simple dans l’absolu, mais vraiment fun, beau, réalisé avec passion et à la durée de vie conséquente pour qui voudra réellement s’y consacrer à fond. On l’attendait, on le savait prometteur et il a confirmé tout le bien que l’on pensait de lui. Chapeau !

Skywilly

Skywilly

Rédacteur en chef collectionneur de Skylanders et qui passe beaucoup trop de temps sur ces briques Lego. Heureusement qu'il y a des petits jeux pour s'évader ! Auteur de Le jeu vidéo indépendant en 2015 : Portraits de créateurs
Skywilly

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