Camera Obscura

C’est qu’il faisait peur avec ses airs de vieux jeu mal fagoté, ce Camera Obscura ! Au nom plutôt triste, il propose un principe de gameplay déjà vu : la prise de « photo » du niveau pour superposer des objets et faciliter la progression du joueur. Pas franchement étonnant en Early Access, la version finale vient-elle sauver les meubles ?

Photographe en herbe

Camera Obscura, en latin, c’est la chambre noire que les photographes aiment tant. Et la photographie est au centre du gameplay de ce jeu ! Visuellement assez pauvre malgré des fonds légèrement travaillés, Camera Obscura ressemble à un plateformer réalisé un peu trop rapidement, avec son avatar aux animations chiches et ses ennemis, ses plateformes, ses portes, qui se retrouvent à l’identique tous les deux mètres. Répétitif à l’œil, Camera Obscura propose néanmoins une petite originalité déjà vu entre autre dans Snapshot (un autre jeu indépendant) : il est possible de « capturer » des morceaux du niveau pour les superposer pendant un court temps et s’en servir pour progresser vers la sortie.

Basant son scénario sur une grande tour à conquérir, étape par étape, niveau par niveau, Camera Obscura nous raconte le périple de ce photographe à travers quelques photos Polaroid à dénicher au fil de la progression. Pour le reste, c’est du pur « je meurs et je recommence » jusqu’à parvenir à la porte de fin. C’est classique, c’est ultra-répétitif, mais ça a bizarrement du charme…

Du Scoring avant tout…

Le but d’un niveau est toujours le même : le finir rapidement et sans mourir. Il faut donc éviter les monstres (toujours les mêmes, un type de monstre pour chacun des cinq étages de la tour) et ne pas tomber dans le vide. En fonction de ces réussites, vous obtenez une médaille de bronze, d’argent ou d’or en fin de niveau. En collecter un maximum sera votre plus grande fierté.

Le gameplay, lui, ne change jamais. Vous prenez en photo avec un bouton, vous avez une petite seconde pour déplacer votre « copie » et deux/trois secondes pour vous en servir avant qu’elle ne disparaisse. Les plateformes copiées apparaissent en traits « fantômes » à l’effet simple mais là aussi, efficace. Et c’est cela qui est étonnant avec ce jeu : il est complètement quelconque, assez moche, assez pauvre en originalité, mais il propose un gameplay qui fonctionne. Qui manque certes de précision avec des sauts un peu mous et quelques bugs de collision, mais on accroche sans mal. Grace à des niveaux courts et un défi amusant à relever.

Des niveaux à créer !

L’autre intérêt du jeu, c’est son éditeur de niveau. Simplifié à l’extrême, il nécessite juste de comprendre l’anglais et quels sont les objets. Le reste, c’est du « glisser/poser » très simple sur une grille de niveau. Ensuite vous sauvegardez, vous chargez, vous testez et si vous voulez partager, il y a même la possibilité de diffuser cela sur Steam Workshop en «packs de niveaux ». Cet éditeur est aussi utile si l’on désire traduire le jeu et ses photos tentant de nous raconter une histoire. Simple, efficace et pratique pour augmenter une durée de vie pourtant pas trop énorme de base.

En effet, la tour de Camera Obscura se termine en cinq heures si on se débrouille bien. C’est néanmoins sans compter toutes les photos à dénicher et les médailles à collecter. Pour cela, il faudra au moins tripler ce taux horaire.

Camera Obscura est un jeu quelconque, carrément nul sur certains points… Mais il donne envie d’être aimé. Il est tellement simple et sincère qu’on craque pour son amateurisme, surtout que son gameplay fonctionne et amuse. C’est clairement un jeu « à découvrir » à petit prix (il ne coute que 7 €) si on aime les défis. Surtout, c’est un bon moyen de défendre ces développeurs qui tentent de faire ce qu’ils peuvent avec ce qu’ils ont. Camera Obscura cache tous ses défauts avec une sincérité adorable et pour cela, il nous est impossible de le descendre.

Skywilly

Skywilly

Rédacteur en chef collectionneur de Skylanders et qui passe beaucoup trop de temps sur ces briques Lego. Heureusement qu'il y a des petits jeux pour s'évader ! Auteur de Le jeu vidéo indépendant en 2015 : Portraits de créateurs
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