Gurumin : A Monstrous Adventure

Sorti en 2004 sur PC au Japon puis sur PSP en 2006, ou il fit une traversée vers les Etats-Unis, Gurumin est un jeu jamais sorti en Europe. Enfin ça, c’était sans compter sur Mastiff qui le remet au gout du jour sur PC dans une version assez identique à l’originale… Notre héroïne s’appelle Parin, mais vous pouvez la renommer comme bon vous semble. Habillée en aventurière, elle vit à Tiese Town avec son grand-père quand un beau jour, elle rencontre une jeune enfant à l’apparence bizarre. 

Une foreuse à la place d’une épée

Rapidement, elle va découvrir qu’elle seule (et le chien du village) peuvent le voir. Elle fera la découverte d’un monde secret, de monstres invisibles aux humains. Rapidement on lui présente une sorte d’excalibur, une foreuse que notre héroïne détachera sans problème. L’élue est là, bien décidée à sauver le village de la menace qui plane..

Un drôle d’ennemi, un prince machiavélique, fait vite son apparition avec sa troupe de joyeux Boss. Chacun a sa particularité : l’un est énorme, l’autre ne sait pas parler autrement qu’en écrivant ses textes dans les airs (c’est très drôle et bien amené), quand certains ne sont pas tout simplement follement amoureux de leur chef.

Le gameplay me direz-vous ? C’est de l’Action/Aventure teintée d’un chouya de RPG. Vous contrôlez Parin dans des niveaux entièrement réalisés en 3D ou vous devrez frapper du monstre avec votre foreuse et ce, à répétition. Néanmoins, le gameplay tire complètement parti de cette arme spéciale : si vous charger vos coups, vous ferez marcher la foreuse et ce sera votre seul moyen de casser les gardes ennemis. Que ce soit leurs carapaces, leurs boucliers et autres protection, c’est en chargeant une attaque que vous vous en débarrasserez.

La charge avant tout !

Autre particularité : en haut de l’écran, une barre de rythme apparaît et vous montre des notes liées à la musique qui passe pendant que vous jouez. Ces musiques très japonaises dans l’âme donneront le tempo pour frapper. Si vous le faites en rythme, alors vous enchaînerez des coups plus rapides et surtout, critiques ! Les dégâts se feront bien plus présents, on s’en rend vite compte puisqu’ils sont affichés à l’écran.

Chaque niveau est constitué de la même façon : une traversée de larges zones où vous détruisez des pots, chargez vos attaques pour casser tout ce qui est destructible et massif comme des pylônes ou des rochers, dans le seul but de collecter de l’argent. Vous détruirez aussi des ennemis, des portes cachées de façon bien trop voyantes via une texture de mur craquelée, puis vous trouverez quelques coffres. Dans ceux-ci, il y aura soi de la nourriture (des cookies, du chocolat et des parts de gâteaux, apportant tous de la vie supplémentaire en cas de besoin), soit un sac secret dont je vous reparle plus bas…

La progression est plutôt amusante, façon « vieux jeux d’action/aventure des années 2000 ». Normal me direz-vous, il en vient. Mais y rejouer aujourd’hui nous rappelle à quel point ce style de jeu est très peu représenté actuellement et c’est bien dommage ! Du coup, Gurumin a beau avoir de gros défauts visuels (le portage est vraiment très simple, sans vraiment de grosses améliorations), l’aventure n’en est pas moins franchement amusante.

Le mobilier des fantômes…

A chaque fois que vous finissez un niveau, vous obtiendrez deux récompenses : un objet spécifique comme une chaise, une table, un canard en plastique, un poisson rouge… et une médaille, en fonction de votre efficacité pendant le niveau. Cette médaille est attribuée avec une note, qui vous dit si oui ou non vous avez géré le niveau comme il le fallait ou si vous êtes bon pour le relancer une prochaine fois.

De retour au village des fantômes, vous devrez donner votre objet trouvé à un de vos alliés disponibles. Chacun des quatre fantômes dont il faut remeubler l’appartement sera à débloquer après un affrontement contre un Boss, tout au long du jeu. Et à chaque fois que vous donnez un objet, le fantôme laisse exprimer sa joie ce qui libère un peu de cette brume du désespoir qui vous empêche de parcourir la carte librement. En clair, il faut terminer des niveaux pour en débloquer d’autre, avec de réels moments de non-linéarité par endroits. Amusant.

Sur les huit heures que propose le jeu en ligne droite, on passe quatre heures à réellement apprécier le cheminement. Et puis d’un seul coup, on ne comprend pas trop pourquoi, des énigmes apparaissent. Des énigmes japonaises, traduites en anglais et souvent un peu bugées. Combien il y a-t’il d’ailes de cygnes dans le parc du coin, quelle statue est différente des autres et à quel endroit du jeu, mais où est donc Ornicar… Du grand n’importe quoi qui gâche beaucoup la progression et demande souvent d’aller sur le net si on ne veut pas payer les 5000 pièces nécessaires à la triche permettant de passer l’énigme. Alors on tape sa réponse sur son petit clavier, sans trop comprendre pourquoi on nous a posé de telles charades qui cassent le rythme et on repart forer des ennemis.

Des personnages de qualité ? Oui mais…

C’est un des gros points fort de ce jeu certes un peu niais (style oblige), mais intéressant : les personnages sont amusants et hauts en couleurs. En même temps, ils sont peu nombreux. Au village, il n’y a pas foule : la seule zone de déplacement permet de parler au grand-père (à qui on peut revendre nos médailles contre de l’argent ou des chapeaux, nous y reviendrons dans un instant) et de croiser une vieille dame permettant d’ouvrir nos « sacs mystères » découvertes dans les coffres tout au long des différents niveaux. Un petit chien à qui dire « ouaf ouaf » est présent, sans intérêt.

Ensuite, trois intérieurs sont disponibles : votre maison, où vous trouverez des wallpapers assez secrets à débloquer tout au long du jeu, que vous pourrez d’ailleurs réellement poser en fond d’écran sur votre PC. Ensuite, il y a la boulangerie ou acheter les trois sortes de mets permettant de reprendre de la vie. Enfin, le dernier mais pas des moindres : la boutique d’objets. Celle-ci permet d’acheter des chapeaux (avec de l’argent) et de les améliorer (avec des pièces d’upgrades que les ennemis laissent tomber une fois éliminés).

Des chapeaux ? Oui, Gurumin propose un système de couvre-chef intéressant. Des lunettes de plongées permettront de se protéger de l’eau, un casque réduira les dégâts, un masque de singe vous permettra d’obtenir plus d’argent, un masque à gaz vous couvrira des effets indésirables des zones nauséabondes laissées par certaines vilaines fleurs, etc… Tous ces chapeaux sont à découvrir tout au long du jeu, à acheter contre des médailles d’or auprès du grand-père ou directement au vendeur. Tous ces couvre-chefs sont instantanément utilisables d’une simple pression sur le bouton d’inventaire, mettant en pause le jeu même en plein combat.

Et voilà, on a fait le tour de la ville ! Reste les quatre fantômes précédemment cités (dont un français au doublage magnifique), le chef du village fantôme, la petite fille à la base de tout le scénario et la troupe d’ennemis. Le casting n’est pas énorme. Reste les quelques rencontre à faire sur la carte, comme deux frangins taupes complètement fêlés ou un docteur fou qui vous sera bien utile pour progresser…

Petit contenu, grosse rejouabilité

Malgré ses huit heures en ligne droite (en mode tranquille) et sa grosse répétitivité, Gurumin a malgré tout pas mal de choses à proposer. Un New Game + généreux, des modes de difficulté supplémentaire à débloquer, des chapeaux cachés, des tenues secrètes, des niveaux optionnels, etc. C’est très intéressant d’autant plus que ça le sauve encore aujourd’hui de son gros problème : il sent beaucoup la naphtaline.

Le gameplay est très lent, vieillot, tout comme les graphismes qui jurent à chaque textures. Seules les musiques restent très potables pour notre temps et ne jurent pas. C’est le problème des jeux 3DS du début des années 2000 : la technique ne leur rend jamais hommage et là, Gurumin prend ce problème de plein fouet et ne s’en sort jamais.

Soyons d’accord : Gurumin est un « petit » jeu très mignon, très complet, mais aussi extrêmement répétitif et vieillot visuellement et au niveau de son gameplay. Néanmoins, il propose un univers et un scénario simples mais captivants qui rend ce titre complètement intéressants si on tombe dessus par hasard, « pour s’y essayer ». C’est sa force : on n’en attend rien et on se surprend à le relancer pour « un dernier niveau », avant de passer au prochain. C’est mignon, c’est frais, dommage que ce portage soit complètement paresseux et que les enigmes viennent gacher beaucoup de la progression.

Skywilly

Rédacteur en chef collectionneur de Skylanders et qui passe beaucoup trop de temps sur ces briques Lego. Heureusement qu'il y a des petits jeux pour s'évader ! Auteur de Le jeu vidéo indépendant en 2015 : Portraits de créateurs

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