Mother Russia Bleeds
Windows mac Linux PlayStation 4

Si vous suivez régulièrement Game Side Story, vous avez récemment vu passer la preview enthousiaste de Vasquaal sur Mother Russia Bleeds. Quelques semaines plus tard, le jeu du studio français Le cartel est de sortie, l’occasion de faire le point et de vérifier s’il tient toutes ses promesses.


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C’est vraiment comme ça la Russie ?

Le jeu prend place en 1986 dans une URSS alternative utra violente. On y suit l’histoire de quatre combattants de rue enfermés par la Bratva, une milice armée soutenue par le gouvernement. Transformés en cobayes, l’organisation teste sur eux une toute nouvelle drogue, la Nekro.

Mais l’heure de la vengeance a sonné, à gros coups de mandales, battes de base-ball et ce qui vous tombera sur la main, vous êtes bien décidé à tout casser sur votre chemin jusqu’au quartier général de la Bratva.

Mother Russia Bleeds est donc un beat’em all à l’ancienne, dans la droite lignée d’un Double Dragon ou d’un Street of Rage. Vous pouvez distribuer des coups de poing, des coups de pied et saisir vos adversaires. Mais pas mal de subtilités ont été ajoutées pour dynamiser ces mouvements de base. Marre des coups de pied sautés de vos ennemis ? Pas de souci, sautez et chopez les en l’air pour leur enfoncer la tête dans le bitume à la retombée. Vous vous rappelez sans doute d’un des problèmes des beat’em all, les fameux ennemis hors de l’écran que vous mettez 1h à tuer car ils reculent à chaque coup. Ici, taclez-les et ça les ramènera au milieu de l’écran, parfait pour un tabassage au sol. Vous pourrez également rattraper un projectile au vol pour le relancer ou encore charger votre coup de poing pour déchausser les dents et faire voltiger les mâchoires.

Quatre personnages différents sont disponibles, du polyvalent à la brute épaisse en passant par l’héroïne très agile. L’histoire est découpée en huit niveaux assez longs et plutôt difficiles. N’ayez pas peur, les points de passage sont assez nombreux et vous ne recommencerez jamais de trop loin en cas de mort.


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Mais la drogue dans tout ça ?

La Nekro ne sert pas qu’à poser l’intrigue du jeu, vous allez devoir l’utiliser pour arriver à vos fins, quitte à en devenir encore plus accro. De base votre personnage en possède trois doses (le maximum) en réserve qui servent à regagner un peu de santé ou à passer en mode berserk pendant quelques secondes.

Le jeu est déjà ultra gore en temps normal, il y a des gerbes de sang de partout, on fracasse des gens au sol, on met des coups d’extincteur, de couteau, etc. Mais en mode berserk c’est encore pire. Chaque saisie envoie une animation à la Mortal Kombat avec des crânes broyés à mains nues, des colonnes brisées en deux, des têtes qui volent…

De temps en temps, vous verrez un adversaire gigoter au sol, pris de convulsions avant de rendre son dernier souffle. C’est le bon moment pour y planter votre seringue et prélever la Nekro dont son corps est encore imprégné (les ennemis verts en overdose sont d’ailleurs d’excellentes fontaines). Cette mécanique de gestion de la Nekro est tout simplement excellente et apporte même un aspect stratégique à certaines situations.

Je n’en ai pas parlé pour le moment mais le jeu est jouable jusqu’à quatre (en coopération locale uniquement) avec la possibilité ou non d’activer le « tir ami ». Si le jeu perd alors un peu en lisibilité (vous perdrez probablement de vue votre protagoniste de temps à autres), les possibilités d’enchaînements sont alors décuplées. Vous pouvez commencer un combo pour projeter un ennemi vers votre pote qui le reprend de volée pour continuer à le savater, c’est jouissif. Contre une dose de Nekro, vous aurez également la possibilité de ramener un allié à la vie.


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Difficulté, durée de vie et contenu

Mother Russia Bleeds propose un contenu vraiment fourni. Votre première run prendra quelques heures. Les niveaux sont assez longs et il faudra que vous compreniez le fonctionnement de chaque boss pour en venir à bout. Chose rare dans un beat’em all, les situations rencontrées sont vraiment variées et il faudra de temps en temps défendre un personnage, empêcher vos adversaires de ramasser un objet, vous enfuir le plus rapidement possible d’un lieu, etc.

Si le jeu en lui-même est cradingue à souhait, avec son ambiance qui pue la sueur, l’hémoglobine et autres substances corporelles, le pixel art est tout simplement magnifique. Les personnages sont parfaitement animés (ils possèdent même des animations quand vous ne touchez plus à rien et qu’ils s’ennuient) et les décors fourmillent de détails. Je parlais des situations variées, les environnements le sont tout autant avec la visite d’un laboratoire, d’une prison, d’un train, d’une boîte de nuit et plein d’autres lieux que je vous laisse la joie de découvrir.

Pour s’adapter à tous les joueurs, trois modes de difficulté (facile, normal et difficile) sont disponibles. Le mode normal m’a fait pas mal transpirer par moments et propose déjà un bon défi.

Pour ne pas laisser les joueurs s’ennuyer, Mother Russia Bleeds propose également un mode arène. Débloquées au fil de votre progression, les arènes vous permettront d’obtenir d’autres types de Nekro si vous atteignez la 10ème vague d’ennemis. Vous pourrez alors sélectionner ces nouveaux types de drogue aussi bien en histoire qu’en arène, pour personnaliser encore plus votre combattant.

Les amateurs de scoring seront heureux d’apprendre qu’un classement en ligne est disponible pour chaque stage du mode histoire et chaque arène du jeu. Pour engranger les points, vous devrez évidemment enchaîner les combos mais surtout varier au maximum vos enchaînements pour obtenir des bonus de style.


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Mother Russia Bleeds est une réussite totale. Le Cartel livre ici un excellent beat’em all qui s’inspire des classiques du genre tout en apportant un gros vent de fraicheur avec un gameplay moderne et une palette de mouvements vraiment étendue. Graphiquement c’est un véritable régal, aussi bien au niveau des personnages que des décors, pour un peu on sentirait presque les odeurs, mais je crois que ce n’est pas plus mal que ce ne soit pas le cas car cette Russie est vraiment dégueu ! Les impacts sont parfaitement rendus, on entend les os se briser à l’impact et les flaques de sang accompagnent les mises à terre brutales. La bande-son n’est d’ailleurs pas en reste, chacun des thèmes nous immergeant un peu plus loin dans cet univers malsain. Que ce soit pour jouer tout seul ou avec vos potes de passage à la maison, prenez-le, vous ne le regretterez pas !


Bestio

Bestio

Fan de shmup, de hack'n slash et plus globalement de tout ce qui est typé arcade. Si je teste un jeu, il y a de fortes chances que ça explose de partout et que l'écran soit rempli de boulettes.
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