Okhlos
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Okhlos est au jeu vidéo ce que la philosophie serait au sport de combat. Ou comment Platon et Socrate extériorisent leurs pulsions les plus meurtrières pour libérer l’Homme du joug des Dieux. Car après les tyranniques Titans, Zeus et toute sa clique commençaient à bien faire. A mi-chemin entre la gestion pseudo-stratégique d’une foule tout sauf sentimentale mais ayant soif d’idéal, et le roguelike tout en absence de finesse, il se permet de se rire de la Grèce Antique et de ses tentatives d’installer la première démocratie émancipée de toute intervention divine.


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Pif, paf, pouf sont dans un bateau

On lui mettrait des habits de gaulois, une moustache velue, des sangliers apeurés et des soldats romains dans le même état, que Okhlos pourrait se faire passer pour une simulation adéquate d’Asterix au Pays des Philosophes. Sur le ton d’un humour tout autant décalé, ses développeurs tournent en bourrique les grecs à une époque où l’Allemagne n’existait pas encore pour le faire à leur place.

Il s’affiche dans un mélange stylistique rétro mais peu commun de trois dimensions pour les décors, et de sprites colorés pour les personnes peuplant ces environs. La direction artistique de Okhlos rappelle furieusement sous certains aspects celui de jeux PSX comme Hercules ou Tomba, une époque ou la 3D et la 2D se rencontraient encore sans se bouder dans cette période de transition technologique.

Son objectif principal n’est donc pas vraiment de verser dans un discours sociologique de l’émancipation de l’Homme vis à vis des ses anciens maîtres spirituels, les divinités hautes perchées. Il s’agirait plutôt de tout casser à l’aide d’un effet de foule en délire. Le philosophe y est par conséquent le pivot central de toute cette agitation. Il ne sait pas se battre car c’est un beau parleur. Il est donc l’élément à protéger des ennemis tout en étant celui qui mènera la charge.

Ce dernier est par conséquent celui que l’on dirige, tandis que du bout de la souris, dont le curseur est représenté par une bannière, nous manipulons la dite foule en lui dictant nos actions se limitant bien souvent malheureusement à attaquer et/ou se défendre. Et à l’occasion de la traversée des niveaux, certaines de vos troupes ramasseront d’elles-même des items qui auront différentes utilités dont certaines ne sont pas forcément évidentes au premier abord.

On se retrouve dès lors très vite dans le feu de l’action une fois les bases expliquées. Vous aurez à votre service différentes troupes pour vous aider, allant du manant au soldat. Chacune a sa propre particularité et utilité, mais honnêtement, il est assez difficile d’en choisir une plus que l’autre, sachant que le nombre de gens pouvant vous suivre est limité, et, que d’un autre côté, ils se joignent à vous automatiquement dès que vous vous approcherez d’eux. Le choix de notre armée populaire n’est donc pas réellement de notre fait et se joue beaucoup sur l’aléatoire.



Anarchy in the Ancient Greece

Heureusement, les niveaux sont entrecoupés par des zones neutres, vous laissant accéder à des marchants vous permettant d’échanger des membres d’une catégorie précise pour une autre, si vous en avez assez bien sûr. D’autre vendeurs vous permettront eux de troquer une partie de vos troupes contre un héros de légende qui viendra gonfler vos statistiques de défense ou d’attaque, ou bien encore le nombre de gens pouvant vous suivre.

A première vue, Okhlos jouirait donc d’une certaine variété que ces ennemis en tout genre ne viendraient pas faire mentir. En théorie seulement par contre, car leurs patterns sont en vérité prévisibles et limitées dans leurs effets. De fait, cela n’est que la partie visible du panthéon. Car tout le jeu se retrouve très vite dans le même registre de redondance épuisante et aliénante. A première vue, Okhlos semblait joliment amusant et complètement foutraque dans le bon sens du terme.

Sur le long terme de seulement quelques heures, son absence totale de finesse, associé à un bordel visuel sans nom rendant les batailles illisibles au possible, font que la fatigue s’installe déjà. Pourtant, de par sa nature de roguelike en arènes, il propose une re-jouabilité supposément infinie. Il n’en est en fin de compte rien.

Les combats sont réellement bordéliques tant est si bien qu’il est difficile d’y repérer dans cette amas de pixels notre bannière qui est pourtant essentielle pour précisément pointer à notre groupe où taper. Et puis pour être tout à fait honnête, taper puis se défendre, utiliser à l’occasion les bonus ramassés en cours de route, ne suffisent pas à rendre les échanges musclés suffisamment intéressants à la longue. La répétitivité achève par conséquent le peu d’intérêt qui pouvait nous rester, ce qui est fort dommage, car d’un autre côté, Okhlos jouit d’un enrobage sarcastique et drôle au poil.


Okhlos avec ses airs de Pikmin de l’Antiquité avait de quoi séduire la plèbe avec son humour exacerbé et son style visuel percutant et rempli de nostalgie. Cette fresque serait presque idyllique sans ses gros soucis de lisibilité de l’action et son incapacité à se renouveler suffisamment dans sa façon d’appréhender l’affrontement de masse. Du coup, il n’y a rien qui donne envie à terme de se surpasser en raison de la trop grande simplicité naïve de son système de baston généralisée. On est en définitive plus proche du discours bourre-pif redondant que de la savate philosophique et subtile.

Vasquaal

Vasquaal

On dit de lui qu'il jouerait sur un clavier sans pavé numérique. De l'Apple IIe au pc survitaminé en gigahertz, il subtiliserait tel un ninja numérique le loot de ses potes dans les jeux en ligne pour mieux s'enorgueillir d'un "Muhahahaha". Certains disent même qu'il va se tatouer un jour "Aladin Snes is the best" sur la fesse gauche. D'autres disent simplement qu'il est fou.
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