Final Fantasy XII : The Zodiac Age
PlayStation 4

Si vous êtes un fervent admirateur de la série des Final Fantasy de Square Enix, vous n’êtes pas sans savoir qu’en 2007 est sortie au Japon une version « International Zodiac Job System » du jeu.  Portant très mal son nom, cette version Internationale n’est sortie que sur l’archipel. Coup de chance : Square Enix nous propose désormais de mettre la main sur la version PlayStation 4, remasterisée et renommée The Zodiac Age.



Découvrez Ivalice…

Des notes maximales dans de grands magazines et sites internet, un développement interminable et tant surveillé par les fans, une sortie sur une PlayStation 2 déjà remplie de bons titres… Final Fantasy XII fut surtout le précurseur de nombreux jeux de rôles japonais s’ouvrant davantage au temps réel, aux contrées infinies à traverser entièrement en 3D. Terminés les moments de soubresauts au déclenchement d’un combat contre l’ennemi, désormais il faut faire avec le monde assez libre, la vision de ces mêmes ennemis et leur proximité comme seul signal de danger. Entre Final Fantasy X et cet épisode, il y a eu le onzième qui fut un MMORPG. Et cela se ressent évidemment.

Tiré de l’univers de Final Fantasy Tactics, Ivalice est le monde cher à Yasumi Matsuno, aussi créateur du cultissime Vagrant Story. Dans Ivalice, les magies sont enfermées dans des pierres que les différentes races du monde utilisent de plusieurs façons. Autant pour vivre que pour se battre, où faire s’envoler des amas de tôle dans les airs. L’histoire de Final Fantasy XII commence sur les chapeaux de roues et ne peut ainsi absolument pas être distillée ne serait-ce que via un simple synopsis. Tout juste peut-il être dit que le scénario s’axera sur le destin d’un jeune voleur des rues de Rabanastre nommé Vaan.

L’introduction est dure : allers-retours, quêtes « fedex » façon MMO, on quitte péniblement Rabanastre et ses nombreux couloirs pour affronter quelques loups puis revenir de plus belle faire les cents pas dans cette ville qui n’en finit plus de nous ouvrir ses portes. Au bout de quelques heures, enfin, le salut : le scénario nous emmène ailleurs et commence alors l’épopée, tant attendue, tant voulue, qui tombe tout de même trop loin de l’introduction pour ne pas perdre quelques peu valeureux joueurs entre temps. Accrochez-vous, cela en vaut la peine !



Temps réel ou presque

Le système de combat s’inspire donc des MMORPG et ce, de façon assez significative. On cible, on tape et on attend que la jauge de vie baisse. Entre-temps, on peut mettre en pause quand bon nous semble pour donner des ordres à tous les personnages, leur demander d’effectuer certaines actions, etc. Mais là ou Final Fantasy XII est venu avec sa grosse originalité à l’époque, c’est avec son système génial de Gambit. Oui, génial, c’est le mot, car ce système vous demande un peu de « coder » la réaction de vos personnages en fonction de ce qu’il se passe, de l’environnement, des objets que vous possedez ou de la façon de se comporter des autres alliés ou ennemis.

Prenons Vaan. Jeune homme aux HP bien nombreux, il peut donc attaquer sans trop vérifier sa barre. En début de jeu, vous pourrez demander à un de vos coéquipiers d’automatiquement lui remettre de la vie (en potion ou en magie, comme bon vous semble) dès que sa barre de vie franchi un seuil de pourcentage en deçà. Vous choisissez le pourcent, l’objet ou la magie, puis vous validez le Gambit. Voilà, tout est automatique ! En fin de jeu, vous allez enchainer la liste de gambits pour chaque personnage, proposer une solution à tout état nuisible balancé par l’ennemi, automatiser vos pouvoirs bénéfiques et bien entendu, commencer à expérimenter pour « casser » le jeu et jouer avec les magies les plus imprévisibles. Reflet par exemple ? Sans parler des Queues de Phénix sur les morts-vivants et autres joyeusetés. Beaucoup de joueurs, à l’époque, n’ont trouvé aucun défi à FFXII sous prétexte qu’ils avaient tout de suite compris le principe de ces Gambits. En soi, ils ont un peu raison : sachez les expérimenter petit à petit, histoire de ne pas vous gâcher toute difficulté lors des combats. Et même s’il est nécessaire d’aller acheter la plupart des nouveaux gambits en magasin pour pouvoir les utiliser, la difficulté du jeu dépend réellement d’eux et de l’utilisation qu’on en fait. Tout automatiser, c’est aussi moins s’amuser pour certains.



Les permis de jouer

Autre idée intéressante de Final Fantasy XII : les permis. Sorte de damier unique pour chaque personnage, ces tables de permis vous demandent de débloquer des cases proposant chacune un bonus d’apprentissage. Des points de vie, de magie, mais aussi la possibilité de porter certains accessoires, armures, armes, d’ajouter une ligne de Gambit à sa liste, d’utiliser des magies, etc… Ces damiers étaient réellement uniques pour chacun des protagonistes du jeu original mais dans cette version Zodiac Age, le jeu reprend les améliorations amenées dans la version exclusivement japonaise nommée International Zodiac Job System. Cette fois, dès qu’un personnage s’ajoute à votre équipe, vous devrez lui attribuer un signe astrologique parmi les douze proposés. Chaque signe est un métier différent et on trouve ainsi de quoi créer plus efficacement un voleur, un guerrier, un mage rouge, un mage blanc, un mage noire et tout autre type de classe. De quoi relancer clairement l’intérêt du jeu en une nouvelle partie !

Autre réelle bonne idée de cette nouvelle version sur PlayStation 4 :  l’accélération du temps. Il est possible, d’un simple appui sur la bonne gâchette, d’accélérer le temps, les mouvements, les actions, de deux à quatre fois selon votre préférence. Cela améliore grandement expérience de jeu pour ceux ayant déjà terminé Final Fantasy XII à l’époque et ne voulant s’y replonger que pour quelques moments particuliers, pour refaire le scénario ou tout autre moment précis de l’aventure. Partir en plein territoire ennemi pour prendre du niveau n’a jamais été aussi simple et amusant. Tant pis pour le réalisme des animations qui du coup, accélérées, perdent évidemment beaucoup en sensations. Sachez utiliser cette option avec parcimonie, pour ne pas vous gâcher les nombreux et jolis moments de flâneries.



Allons droit au but…

Final Fantasy XII, même dans cette édition Zodiac Age, garde certains de ses défauts d’origine. Une fin sans doute trop rapide, prévisible aussi. Des musiques de qualité mais qui peinent à convaincre en pleine action ou mélodrame. Des aller-retours incessants, des quêtes Fedex énervantes, tout cela reste tel-quel dans ce Zodiac Age. Mais il y a aussi l’univers, l’ambiance, les graphismes : tout est rehaussé, aux normes d’aujourd’hui, avec une restauration de qualité qui nous donne certes des personnages aux textures baveuses, mais qui ne manquent pas de charisme.

J’ai volontairement fait le choix de ne parler que des grosses mécaniques de jeu dans cette critique. Le scénario ? Vous le découvrirez vous-même. Je m’étais beaucoup trop fait gâcher l’histoire en suivant de trop près l’actualité du jeu à l’époque et pour ceux n’ayant jamais joué à ce jeu, je ne voudrais pas vous faire subir ce que j’ai subi. Final Fantasy XII est un jeu difficile à prendre en main tant il manipule sans vergogne les codes du genre et surtout, de cette série mythique. Mais il est aussi ce jeu qui propose une épopée formidable, la découverte de nombreuses contrées sublimes et surtout, des personnages très bien écrits et hauts en couleurs qui restent gravés à jamais dans les mémoires. Personne ne devrait se dire amoureux de RPG Japonais s’il ne connait pas la verve et la prestance d’un Balthier, la classe et la beauté d’une Fran, l’univers passionnant d’Ivalice.


Final Fantasy XII en a laissé sur le banc de touche à sa sortie sur PlayStation 2 et nul doute qu’il en sera encore de même aujourd’hui sur PlayStation 4. Reste que cette sublime histoire, au gameplay très original (et passionnant à redécouvrir avec le temps), mérite clairement qu’on s’y intéresse. Toutes les nouveautés amenées par cette version facilitent la plongée en Ivalice et clairement, ce monde a de quoi vous offrir une bonne centaine d’heures de dépaysement, d’émotions et d’émerveillement.

Skywilly

Skywilly

Rédacteur en chef collectionneur de Skylanders et qui passe beaucoup trop de temps sur ces briques Lego. Heureusement qu'il y a des petits jeux pour s'évader ! Auteur de Le jeu vidéo indépendant en 2015 : Portraits de créateurs
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