The Journey Down : Chapter One

Difficile de se replonger dans un point & click de nos jours, où ce genre s’est un peu retrouvé trop sérieux, trop quelconque dans plusieurs titres (surtout en Allemagne). Le gameplay se ressent un peu pataud sans l’humour qui va avec. Sauf qu’ici, The Journey Down est un point & click traditionnel dans son ambition…

Une ambiance inédite

À la manière d’un Grim Fandago, The Journey Down se sert d’un art visuel spécifique (ici les vieux masques africains et leur beauté unique) et enrobe cela avec des accents très bien doublés dans une ambiance jazzy complètement accrocheuse. Ainsi, dès les premières minutes, le jeu se permet de saisir le joueur et de lui dire clairement : “toi là, tu restes, regarde ce qu’on a pour toi”. Et on reste, cloué sur sa chaise, pour savoir de quoi il en retourne et jusqu’où ira l’inventivité des développeurs. Rapidement, on n’est pas déçu de ce choix.

Point & Click classique, The Journey Down nous demande donc de ramasser des objets et des les réutiliser ensuite, en les prenant de l’inventaire et en les glissant sur l’endroit du décor ou il semble pouvoir y avoir une interaction. À côté de cela, il y a aussi beaucoup de dialogues avec les autres personnages hauts en couleurs. On n’évite pas les clichés, mais l’histoire est tout de même plus qu’originale. Vous êtes Bwana, chargé d’une station essence portuaire avec votre ami d’enfance Kito et devez vous battre pour payer vos factures d’électricité. C’est alors que débarque la belle demoiselle avec son scénario de folie : un professeur réputé croit à un complot au sein d’une grosse société et veut à tout prix le démontrer. Pour cela, il a besoin d’un livre nommé “The Journey Down” que la demoiselle doit lui rapporter. Devinez qui va alors faire le taxi ?

Avec une ambiance un peu mafieuse du côté des ennemis, beaucoup plus joyeuse du côté de nos héros, ce premier épisode de The Journey Down propose un univers sans aucune fausse note. Que ce soit visuellement, avec son traitement de personnages en 3D sur fond de 2D, ou musicalement avec des musiques tout simplement sublimes.

2 heures de jeu pour commencer…

Les gags sont eux aussi bien ficelés tout comme la mise en scène, qui évite par exemple toute répétition de cinématique en les raccourcissant rapidement au fur et à mesure des aller-retour successifs. On n’évite toutefois pas la traversée de décors un peu longue, avec l’impossibilité de “double cliquer” sur un bord de l’écran pour charger directement le prochain environnement, comme c’est pourtant souvent le cas dans les point & click désormais. Mais sincèrement, là, je chipote méchamment.

Même au niveau des animations c’est une petite merveille. Pendant les deux heures de jeu proposées par ce premier épisode, certains “pathfinding” sont curieux et bougent quelquefois très mal, mais cela n’empêche en rien l’immersion d’être parfaite. Surtout, les énigmes sont toutes logiques. Elles n’en sont pas moins loufoques (combiner du gruyère à un bouchon de canne à pêche pour forcer un rat à s’y accrocher…) mais elle reste imaginable et ainsi, le jeu n’est pas aussi compliqué qu’un Sam & Max : Hit the Road. Curieusement, il est même très juste du point de vue de sa difficulté et ne propose pas un défi trop facile, ni trop dur. Il est au centre, bien décidé à plaire à tous les publics et honnêtement, on le conseille de ce point de vue à tous les âges et ce, sans aucune exception.

Alors certes, c’est très énervant quand vous lisez un test qui vous dit “ce jeu est génial” sans que vous ne puissiez avoir confirmation par vous même. Il va falloir faire confiance et malheureusement, il faudra aussi penser à l’univers qui aussi magnifique qu’il soit ne plaira forcément pas à tout le monde en fonction de leurs goûts personnels. C’est très typé, très particulier et donc forcément spécial. Un peu, encore une fois, comme pour Grim Fandago à sa sortie. Comme d’habitude, la règle d’or dans ces cas-là et de ne pas hésiter à être curieux. Malgré son prix, qui reste honnête mais assez élevé pour une petite durée de vie. Vivement le prochain épisode !

Skywilly

Rédacteur en chef collectionneur de Skylanders et qui passe beaucoup trop de temps sur ces briques Lego. Heureusement qu'il y a des petits jeux pour s'évader ! Auteur de Le jeu vidéo indépendant en 2015 : Portraits de créateurs

Skywilly

Skywilly

Rédacteur en chef collectionneur de Skylanders et qui passe beaucoup trop de temps sur ces briques Lego. Heureusement qu'il y a des petits jeux pour s'évader ! Auteur de Le jeu vidéo indépendant en 2015 : Portraits de créateurs

Une pensée sur “The Journey Down : Chapter One

  • 30/05/2012 à 19:15
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    C’est vraiment le genre de jeu qui meriterai un tant soit peu de visibilité, comme les jeux Telltale par exemple. Si je trainait pas sur GSS, j’en aurai jamais entendu parler je crois.

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