Soldier Vs. Aliens

Loin de ces nombreuses sorties indépendantes, mettant en avant de jeunes studios qui cherchent à se faire connaitre, Bulkypix est aussi un studio de développement interne. Ce dernier titre est leur bébé, gageons de voir si l’enfant est en bonne santé…

Du Ridley Scott à tous les niveaux ?

C’est une atmosphère assez familière qui nous est proposée dans ce jeu de science-fiction. Un groupe de Marines, mais surtout un soldat en particulier, sont envoyés sur plusieurs stations spatiales pour nettoyer une invasion alien. Non seulement les êtres venus d’ailleurs ressemblent fortement à ces créatures qui nous ont tant fait vibrer à la belle époque ou “personne ne nous entendra crier”, mais même l’ambiance visuelle s’attache à faire référence à l’univers d’Alien. Pour oublier sa propre identité ? Pas tout à fait.

Prenez des gueules de soldats à la Warhammer 40.000, avec gros cigares, pétoires énormes et rictus forcé tout du long de la mission, pour comprendre ce qu’il en est des personnages. Soldier Vs. Aliens ne se complique pas la tâche de nous raconter une histoire, il se contente de nous faire vivre une invasion Alien dans la peau du meilleur espoir de l’humanité pour empêcher toute propagation. C’est là qu’entre en jeu un gameplay pas forcément révolutionnaire, mais très efficace.

Sur votre gauche, vous avez votre personnage que vous pouvez bouger de haut en bas d’un simple touché. Sur votre droite, vous voyez les Aliens arriver vers vous. Ils rampent, vont très vite et n’ont qu’une envie : vous dévorer et forcer le passage. Vous devez alors vous défendre et leur tirer dessus, juste en vous servant de votre doigt comme viseur, en touchant l’écran dans la direction désirée. À force de tirer, votre arme surchauffe et il faut donc faire quelques micropauses le temps qu’elle refroidisse, histoire de ne pas avoir à subir une pénalité de temps par la suite. Au pire, vous pouvez aussi balancer quelques grenades et placer des tourelles automatiques salvatrices. Attention cependant : ces petits bijoux de technologie sont limités en nombre et il va vous falloir passer à la caisse pour en obtenir d’autres.

Freemium au rendez-vous !

Le jeu est gratuit au téléchargement, mais rapidement, au bout de trois petits niveaux, on en voit les limites. À chaque mission réussie vous obtenez quelques pièces, mais ce n’est pas assez pour améliorer votre arme, en acheter de nouvelles (parmi un sympathique Fusil à Pompe et un salvateur rayon laser), changer de morceaux d’armure pour vous constituer une bonne défense et enfin, racheter des grenades et des tourelles. C’est pourquoi les moins intéressés par le fait de recommencer cent fois un niveau pour obtenir une amélioration d’arme passeront à la caisse : pour 0,79 € vous obtenez deux ou trois améliorations correctes. Pour moins de 2 €, vous pouvez déjà bien souffler pendant un moment. Pour 5 €, vous mettez presque tout à fond. Au-delà, vous faites surtout bien du plaisir aux développeurs.

Ceux qui ne veulent pas donner d’argent ont aussi un autre moyen de récupérer des crédits. On a déjà vu le concept autre part et ici, il fonctionne tout aussi bien : les publicités. En plus d’une barre de pub assez moche en bas de l’écran (condamnant quelque peu l’utilisation pratique du jeu sur iPod ou Smartphones d’ailleurs), vous pouvez vous abonner à des newsletters pour gagner énormément de pièces, ou bien aussi passer quelques commandes sur certaines boutiques. Vous obtenez ensuite un pourcentage de votre commande sous forme de pièces de jeu. Bref, le concept du Freemium est bien pensé, même s’il ne fait clairement pas que des heureux.

Et si on en revenait au jeu ?

Non parce qu’il y a encore beaucoup de choses à dire sur ce titre très orienté action. Vous progressez tout d’abord dans dix stations spatiales différentes, représentées chacune par un certain nombre de tableaux différents. Sur une carte, vous choisissez votre “mission” (soit votre niveau) avec des embranchements non linéaires. Vous n’êtes pas obligé de terminer toutes les missions pour vous en sortir : il vous suffit d’atteindre la dernière, celle du Boss gigantesque et de sa barre de vie qui peine toujours à descendre aussi vite qu’on le voudrait, pour en terminer avec cette zone. Néanmoins, terminer tous les niveaux vous octroira quelques bonus mais surtout, davantage de sous à dépenser en améliorations.

Les boss sont effectivement colossaux et amusants à affronter, même si on risque de se bruler le doigt à force de vouloir éviter les projectiles au tactile. Mine de rien, l’écran de mon iPod n’est pas des plus confortable à la longue. A savoir aussi, d’ailleurs, que le jeu se destine surtout à l’iPad et son large écran confortable ! Sur smartphones, on a tendance à ne pas voir son personnage ou les ennemis à cause de nos gros doigts gras. Surtout, l’interface est mal pensée par moments sur ce périphérique : ainsi, vous activerez une grenade par megarde juste parce que vous vouliez visez le plus bas possible de l’écran. Mais tout cela reste du détail, rien que du détail…

Soldier VS. Aliens est efficace. Certes il est excessivement bourrin et répétitif, même si quelques originalités viennent vous sauver de la monotonie ambiante. Vous trouverez ainsi quelques missions de survie en temps limité, en plus de personnages à sauver (évitez de les viser) pour qu’ils vous viennent en aide ensuite. Les affrontements sont assez nerveux, les améliorations sympathique (on sent réellement la montée en puissance du perso à chaque nouvel objet acheté dans la boutique) et seul, finalement, ce concept de Freemium pourrait en repousser quelqu’un. L’essayer n’est pas forcément l’adopter. Néanmoins, pour 1,59 €, vous aurez déjà de quoi jouer une bonne demi-dizaine d’heures. L’addiction est au rendez-vous, pourvu qu’on accroche à l’univers.

Skywilly

Rédacteur en chef collectionneur de Skylanders et qui passe beaucoup trop de temps sur ces briques Lego. Heureusement qu'il y a des petits jeux pour s'évader ! Auteur de Le jeu vidéo indépendant en 2015 : Portraits de créateurs

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