Ratchet & Clank : Nexus

Dixième épisode de la série, sans compter les stand-alone sur PSP, Nexus est aussi et surtout l’épilogue de l’arc scénaristique lancé avec le premier épisode PlayStation 3 que fut Opération Destruction. Enfin, Ratchet en a fini avec Nefarious et la recherche de son peuple, les Lombax. Malheureusement, un nouveau drame l’accapare dans cette nouvelle aventure dont on comprend très vite le petit prix de vente…

Retour aux sources

Ratchet & Clank sont de retour, encore, pour la dixième fois. A titre personnel, je suis très fan de l’univers et des personnages créés par Insomniac Games et par conséquent, je n’ai aucun problème avec cette impression de tirage de corde bien massif de la part des développeurs. Oui : Ratchet & Clank ne se renouvelle pas et tant mieux. Insomniac a tenté de le faire avec All 4 One, avec Q Force, mais à chaque fois ce fut à la limite de l’effrayant. On a clairement eu peur que la série essouffle et ce Nexus vient sauver cette impression en nous confirmant que non, les développeurs savent y faire, il faut juste les laisser recopier la première trilogie à l’envie.

C’est triste ? Après tout, pourquoi changer un concept qui fonctionne ! C’est pourquoi on retrouve un principe de successions de planètes à visiter dans l’ordre désiré (ici, il n’y a pas vraiment de choix, si ce n’est pour une seule arène de missions qu’on peut lancer quand bon nous semble). Sur chaque planète vous pourrez continuer la trame principale et tenter un second chemin menant vers l’accès à un nouveau gadget ou autre. Chaque planète cache en son sein des boulons dorés, sorte de secrets ultimes des précédents épisodes, mais aussi des morceaux de plan pour une arme de destruction massive que les fans connaissent très bien et qui se méritait bien davantage à l’époque ! Mais voila, nous sommes dans une ère de facilité et ce Ratchet & Clank ne déroge pas à la règle du moment.

Pour ce qui est du concept même de la série, je vous laisse le découvrir avec notre test de Ratchet & Clank Trilogy, puisque rien n’a changé. Ratchet le Lombax et Clank le robot doivent escorter une dangereuse prisonnière quand soudain, elle s’échappe. Inconnue au bataillon, l’ennemie est découverte par le joueur alors que nos protagonistes semblent en savoir déja beaucoup sur elle. C’est surprenant comme début de scénario et honnêtement, cela fait du bien. Surtout que s’en suivra un drame pour quelques personnages connus de la franchise, un peu de rédemption, un méchant très méchant, un monde parallèle et de nouveaux alliés dans un épisode très court et très rapide, c’est le moins que l’on puisse dire.

Quatres heures de jeu

Cinq planètes, quatres heures de jeu, une arène d’une vingtaine de missions, des bonus très simples à dénicher, emballez c’est pesé ! Alors certes, le jeu ne vaut que 30 € mais c’est un peu choquant de voir un épisode de Ratchet & Clank se réveler aussi court. C’est son plus grand défaut, malgré un scénario vraiment plus adulte (ne vous attendez pas non plus à du Kafka) qui met en scène des émotions inattendues pour un jeu de la série. On en veut davantage et ce, même si un mode New Game + nous permet d’y rejouer avec un multiplicateur de boulons (la monnaie d’échange pour acheter des armes et des armures) et même malgré la présence de Quest For Booty, l’excellent stand-alone à 15 € sorti il y a quelque temps maintenant.

Il y a tout de même de belles nouveautés. Tout d’abord, vous allez contrôler un générateur de flux gravitationnels que vous devrez activer entre deux stèles rondes (et roses, donc voyantes) situés dans la carte. Ce n’est pas bien incroyable et on s’en lasse vite (surtout que le jeu s’en sert assez peu, finalement). La grosse nouveauté, c’est clairement l’évolution de vos armes : celles-ci augmentent de niveau, à l’ancienne, en combattant des ennemis, mais laissent désormais aussi apparaître une sorte de plateau composé de plusieurs cases. Chaque case correspond à une amélioration (plus de boulons, plus de portée, etc) et une case coute un fragment de minerai (le raritanium) à déceler un peu partout sur les différentes planètes du jeu. Vous faites améliorer votre arme comme vous le désirez et certaines cases vertes devront être “entourées” d’autres cases achetées pour vous offrir une compétence secrète. C’est très gadget, franchement pas transcendant, mais ça a le mérite d’être amusant à faire progresser tout au long de la partie.

Dernière nouveauté : le mini-jeu de Clank qui peut désormais trouver de (trop) rares failles dimensionnelles qui vous placent dans un niveau de plateforme en 2D ou, à l’aide du stick analogique droit, vous pouvez “voler” via la gravité totalement libre de l’environnement. Il vous faudra éviter les obstacles, jouer avec vos nouvelles capacités pour déplacer des objets, activer des interrupteurs mais surtout frapper un ennemi situé en fin de parcours et revenir avec lui jusqu’à votre point de départ. C’est vraiment sympathique mais malheureusement, il n’y a pas plus d’une demi-douzaine de niveaux de ce genre. Comme tout le reste du jeu, on en voudrait davantage !

Un mini-épisode

Ratchet & Clank : Nexus est un très bon quatre-heure, mais on attend clairement le plat principal pour s’extasier. Le scénario est très réussi, plus adulte et original. Niveau level-design, il n’y a rien à signaler si ce n’est qu’Insomniac gère toujours aussi bien son mélange de plateformes et d’action. En clair, c’est un bon épisode de Ratchet & Clank, toujours aussi bien mis en scène et au doublage français de qualité, mais il est beaucoup trop court.

Si court qu’il vous détruira le moral une fois les crédits de fin atteints. On en veut toujours plus, on veut savoir ce qu’il va se passer désormais pour nos héros sans plus aucune menace à contrecarrer, on veut découvrir davantage de gadgets, d’armes, de trésors, de niveaux à fouiller de fond en comble. Bref, l’épisode nous rappelle pourquoi on adore la série tout en oubliant de nous rassasier. Pour nous faire passer à la caisse encore plus facilement la prochaine fois, sur PlayStation 4 ? C’est sans doute pour cela…

Skywilly

Rédacteur en chef collectionneur de Skylanders et qui passe beaucoup trop de temps sur ces briques Lego. Heureusement qu'il y a des petits jeux pour s'évader ! Auteur de Le jeu vidéo indépendant en 2015 : Portraits de créateurs

Skywilly

Skywilly

Rédacteur en chef collectionneur de Skylanders et qui passe beaucoup trop de temps sur ces briques Lego. Heureusement qu'il y a des petits jeux pour s'évader ! Auteur de Le jeu vidéo indépendant en 2015 : Portraits de créateurs

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