Beyond Eyes

Jouer un aveugle, une vraie envie d’originalité de la part de développeurs de tous les horizons. Le principe est souvent mis en avant, a fait l’objet de nombreux jeux étudiants, de projets au casque de réalité virtuelle, voir même en jeu iOS plutôt malin. Mais cette fois, c’est avec une manette et aucun autre artifice qu’on vous propose de vivre l’aventure d’une malvoyante.

Brille de mille feux

Notre héroïne se nomme Rae, elle a 10 ans. Suite à un simple feu d’artifice, elle devient aveugle. Elle se sent seule, elle n’a pas d’ami(e)s. Soudain, un chat vient lui rendre visite dans son jardin : elle se prend d’amitié pour lui et à chaque saison, elle sort toujours un peu plus de sa solitude pour jouer avec son nouvel ami. Mais voilà : un jour, le chat disparaît. L’occasion rêvée pour notre courageuse Rae de partir à l’aventure : en dehors de chez-elle.

Aveugle, Rae « vois » tout ce qui l’entoure comme elle l’imagine. C’est ainsi que les niveaux seront entièrement blancs, colorés uniquement par les sons que produisent d’éventuels oiseaux. Éventuels ? Oui car ce que Rae pense entendre et imagine à l’écran n’est pas forcément réel : le monde se remplit de couleur au fil de votre progression, à la troisième personne, mais tout n’est pas forcément réel. Seule Rae est maître de ce que l’on voit.

Ce sifflement ressemblait à celui d’un oiseau ? Et si c’était plutôt un tout autre objet qui produirait le même type de bruit ? Cela suffit à désorienter le joueur dans un jeu extrêmement calme, un jeu de marche au rythme lent, proposant une demi-douzaine de niveaux à arpenter. Pas de puzzles, pas de défis, juste de la marche et quelques interactions.

Faire travailler son imagination…

Beyond Eyes est clairement difficile d’accès pour plusieurs raisons : il ne laisse en rien le joueur imaginer le monde qui l’entoure, il est extrêmement lent (Rae marche et prend son temps, histoire de ne pas perdre l’équilibre entre autres dangers) et surtout, il est d’un réalisme certain. Un réalisme qui nous fait penser comme Rae à chaque danger : le monde devient moins coloré, plus sombre, au moindre aboiement de chien ou autre ambiance sonore effrayante.

Alors qu’en réalité, le monde est-il si dangereux à ce moment précis ? Les succès/trophées du jeu sont là pour répondre à votre question et vous forcer à tenter d’approcher certains dangers. Un bon point que ces petits défis donnant tout leur sens à un jeu qu’on peut facilement traverser en ratant la moitié des choses qu’il y a à découvrir. Reste que c’est court (2 heures), extrêmement cruel en terme de récit et que beaucoup n’y trouverons pas leur compte.

Ceux qui aiment les « walking game » seront par contre aux anges : la poésie est présente, les émotions aussi. Quant au message de solidarité, c’est à chacun de le comprendre en vivant et comprenant réellement l’expérience proposée.

Skywilly

Rédacteur en chef collectionneur de Skylanders et qui passe beaucoup trop de temps sur ces briques Lego. Heureusement qu'il y a des petits jeux pour s'évader ! Auteur de Le jeu vidéo indépendant en 2015 : Portraits de créateurs

Skywilly

Skywilly

Rédacteur en chef collectionneur de Skylanders et qui passe beaucoup trop de temps sur ces briques Lego. Heureusement qu'il y a des petits jeux pour s'évader ! Auteur de Le jeu vidéo indépendant en 2015 : Portraits de créateurs

Une pensée sur “Beyond Eyes

  • Parallel Platypus
    01/09/2015 à 00:47
    Permalink

    C’est très intelligent comme jeu, je suis prêt à lui pardonner le fait que c’est un Walking Simulator pour te dire ! Allez hop, wishlisted.

    Répondre

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.