Sword Coast Legends

En ce joli mois d’octobre deux mille quinze, un tout nouveau Donjons & Dragons pointe le bout de son nez chez tous les bons marchands de gaufres. Tiens, ça me fait penser que depuis Neverwinter Nights deuxième du nom cette licence n’a servi qu’a décevoir ses fans, quid de ce dernier né qui porte fièrement les couleurs de la cinquième édition des règles si chère à nos cœurs ? Je déconne ! Moi aussi je préfère un lavement à l’acide fluorhydrique que ce bouquin qui sert a caler les armoires bancales de nos grands-mères. (Chaosium vaincra et ceux qui ne sont pas d’accord, je les attends dehors à la récré.) Bon, mine de rien, ce jeu, grand cru ou vinasse ?

Petit historique

Comme son nom ne l’indique pas Sword Coast Legends se déroule en Féérune. Nous pataugeons donc dans les célèbres royaumes oubliés créés par Monsieur Greenwood. Un monde que nombre d’entre vous connaissent bien, c’est le monde de Baldur’s Gate et Neverwinter entre autres. Ah, je vous vois déjà la bave aux lèvres et le D20 qui chatouille : du calme les amis on va explorer ce titre de près.

J’ai commencé mon périple sur ce jeu lors de l’accès anticipé, la campagne solo n’était pas disponible, je n’avais que l’exploration de donjons et les parties menées par les joueurs à me mettre sous la dent. N’étant pas un accro de la course aux points d’expérience, l’exploration de donjon me laissa vite de marbre. Il s’agit plus d’un mode Hack’n Slash que d’un C-rpg. En revanche, les parties personnalisées dirigées par un vrai maître du jeu c’est un régal, des parties plus ou moins immersives en fonction bien sûr du talent de mon hôte.

La caméra se déplace avec les touches Z, Q, S, D c’est un coup à prendre et je me suis surpris pas mal de fois à titiller le bord de l’écran avec mon curseur, par réflexe. Je m’y suis fait gentiment et une fois les réflexes acquis c’est vite indispensable. J’ai par contre trouvé vraiment nul l’illogisme total des combats en espace clos, les monstres passent parfois à travers le décors et non, ce n’est pas un bug, un monstre qui court en ligne droite vers sa cible ne peut être arrêté par le placement d’un personnage ou d’un élément de décors du moment qu’il reste dans les limite de la carte, hérésie totale ! Donc le côté tactique des combats en prend un sérieux coup. Oubliez les avantages en hauteur, oubliez les passages étroits pour ralentir les ennemis… Du coup, la présence d’un mage « contrôle » est obligatoire pour jouer correctement et bloquer les monstres. Évidement dans la même logique : les épées et les flèches passent à travers les arbres !

Et ma barbe c’est du mitrhil ?

Créer son personnage est simple et rapide, pas de surprise, les classes et races disponibles sont malheureusement ultra cliché. Ce n’est pas pour autant la faute à donjons et dragons cette fois car nombre de races et de classes atypiques sont disponibles dans cet univers. Vous mangerez donc encore du guerrier, du mage modèle standard, du rôdeur, du voleur et du prêtre, oh joie ! C’est désolant de voir comme c’est convenu, j’aurais pu parier mon sandwich au jambon que rien ne sortirait du lot, qu’on aurait droit à du méga-classique, franchement c’est lourd. Bon ben vous aurez compris que la liste des races est du même tonneau, elfe, nain, halfelin, humain, déprime et désespoir.

Alors oui, on nous ajoute des réglages pour modeler le visage de notre personnage, oui c’est détaillé et les graphismes sont agréables, mais vous ne verrez jamais le visage de votre personnage en dehors du menu principal. Nom d’une pipe, ça sert à quoi ? À la place j’aurais bien voulu jouer un drow, un duergar, un tiefflin, bref… Sortir du lot. Toujours sans surprise le niveau maximum est le sacro-saint niveau vingt, celui juste avant les spécialisations de classe bad-ass qu’on aurait aimé avoir de base vu la vitesse à laquelle on progresse dans le jeu, mais bon faut laisser de la place aux D.L.C ? Bah oui, après une poignée d’heures votre personnage atteindra le niveau maximum et il ne vous restera plus que le mode campagne pour jouer, « c’est déjà ça » me direz-vous et il me reste toujours la case « re-roll », mais j’ai déjà fait toute les classes et franchement je n’ai pas envie, alors j’attends une extension, déjà 20 heures de jeu, snif.

Et le loot ma bonne dame ?

Allez un mot sur les objets, vous trouverez bien sûr armes, armures, bijoux et potions en masse et le butin se rapproche malheureusement d’un Diablo avec des qualités d’objets similaires : commun, magique, rare, épique-de-la-mort-qui-tue, et il vous faudra farmer des heures durant pour trouver des objets intéressants, pour vous rendre compte que si vous savez jouer vous pouvez y aller à poil et vous finirez comme moi par choisir votre équipement pour le style uniquement. Dommage.

Les livres et parchemins en jeu sont très courts, les allergiques à la lecture seront ravis, circulez, il n’y a rien à lire ! Encore une déception pour ma part, par contre vous ramasserez dix tonnes d’objets inutiles à la description succincte qui n’ont pour but que d’alourdir votre sac et vous rapporter des pièces d’or au cas où les rats d’égouts que vous croiserez ne vous auraient pas droppé assez de pièces d’armure. Je sais, je taquine.

A la loupe, les modes.

L’exploration de donjon ce n’est pas pour les petites natures ! C’est un hub où se rejoignent quatre joueurs. A partir d’un camp d’aventuriers, celui qui héberge la partie va choisir via une interface très simple quelle carte charger, le niveau de difficulté ainsi que les éventuelles quêtes. Bon, les quêtes dans ce mode de jeu, soyons francs ce n’est pas de la quête épique, « allez choper dix champignons et tuez le boss » et puis c’est marre. L’hôte choisira également les récompenses et pour le butin c’est la bonne vielle règle empirique du « moi d’abord » qui fera loi. Là je vous préviens c’est du poutrage de monstres pur et simple, la stratégie vous vous la taillez en biseau. Ça cavale dans les couloirs en beuglant comme un nain à qui on a piqué sa bière, pas de quartier et pas de pitié pour ceux qui meurent vous avez une très forte probabilité de continuer à lécher le parquet durant le combat, on vous relèvera après, si on est en vie. Bref, c’est bourrin et la politesse n’existe pas.

Le mode campagne, à ne pas confondre avec le mode histoire, est mon préféré. Ici vous rejoignez une partie menée par un maitre du donjon qui vous fera vivre son histoire préparée avec amour, du saucisson et une pinte de mousse. C’est pour moi l’intérêt principal de ce titre, à l’aide d’un chat vocal en temps réel vous suivrez l’aventure et lancerez vos propres dés. Bien sûr il y a de la baston, mais pas que. Principalement des interactions entre humains et des dialogue entre vous et les autres joueurs ainsi qu’avec le maitre du jeu qui, s’il sait s’y prendre, vous fera perdre la notion du temps, oublier de promener le chien, la vraie partie de jeu de rôle quoi. Pour ceux qui ont eu la chance de jouer à Neverwinter Night en mode multi, c’est le même principe, l’univers permanent en moins, là c’est un joueur qui héberge quatre aventuriers, les aventures sont donc un poil plus courte. On suit donc notre « MJ » dont l’avatar est un d20 rouge flottant dans les airs, il prendra le contrôle des personnages non joueurs qu’il aura créé rien que pour vous, ainsi que des monstres importants et nous contera son histoire et les conséquences de nos choix.

Pour orchestrer notre partie le maître du jeu aura à sa disposition un ensemble d’outils on ne peut plus simple. On peu créer des donjons aléatoires ou tout construire soi-même choisissant la moindre chaise et le moindre élément de décor. Un bestiaire déjà généreux est disponible et il y a fort à parier qu’il s’étoffera avec le temps. L’outil de création de quête est intuitif et facile d’accès, un maitre du donjon débutant s’y retrouvera facilement. Pas besoin de tutoriel ou de guide c’est enfantin et cela ouvre des perspectives intéressantes pour tous, sans compter que vous pourrez même enregistrer des dialogues audio.

Le mode Histoire

La date de sortie du jeu pointant son nez c’était avec enthousiasme que j’attendais le mode histoire qui est en fait une grande campagne créée par les développeurs qui se joue en solo ou en coop. La sortie officielle ne modifia que très peu les autres modes de jeu, par contre ce mode histoire fut des plus surprenant. J’ai eu un mal fou à me plonger dans cette histoire, les personnages sont des archétypes ultra classiques (encore), les dialogue sont creux et sonnent faux. Mais quelle déception ! Comparée au contenu créé par les joueurs, cette campagne officielle fait office de scénario bas de gamme, tout y est prévisible, déjà vu et d’un classicisme absolu (ENCORE). Heureusement que la musique est bien foutue sans quoi ce mode histoire m’aurait fait vomir. En mode histoire vous croiserez des coffres au bord des routes et personne ne les a jamais ouverts, sympa non ? En mode histoire on peut voler un marchand en pillant ses bagages sous son nez. Allez promis j’arrête de me moquer car la liste des aberrations est longue.

Pour le coup je reste tout de même bien mitigé vis-à-vis de ce titre. Un mode histoire mal foutu, mais de bonnes musique. Des effets sonore médiocres ajoutent un arrière-gout désagréable a mon expérience de jeu (tuez un loup vous comprendrez de quoi je parle), mais un mode campagne excellent et du contenu créé par les joueurs super bien ficelé. Je ne peux qu’applaudir le talent avec lequel les outils pour maitre du jeu sont faits, mais je reste globalement déçu par un jeu au final trop classique. Cela plaira sûrement à certains, mais quand on a goûté à d’autre créations récentes comme Pillars of Eternity, disons-le clairement en comparaison : ça fait un peu clodo. L’écriture est minable, le jeu d’acteur des personnages est peu convainquant et même surjoué par moment. En résumé je dirais que ce titre conviendra aux joueurs aimant les parties de jeu de rôle entre potes, mais si vous n’êtes intéressé que par le mode solo de ce titre vous risquez une sacrée déconvenue.

PS : Pour les rôlistes n’étant pas profondément dégoûté par les éditions parues après AD&D 2.5 qui voudraient en découdre avec moi, je les attends à la rédac avec mon gourdin +1, rendez-vous dans les commentaires bande d’hérétiques.

MarcheMort

Rock ’n’Rôliste sadique d’alignement loyal mauvais, il aime la littérature anglaise et faire rouler les dés et les têtes. Il déteste les arcs en ciel, les poneys et les escaliers en colimaçon. Joueur de jeux vidéo compulsif depuis le règne de Justinien, il a joué en LAN avec Abdul Al Hazred. Il pratique la nécromancie au quotidien et voue un culte à Cthulhu lorsqu’il est en robe de chambre. Pour lui le jeu de rôle est un style de vie et il parle de lui à la troisième personne pour faire croire à ses lecteurs qu’il n’a pas écrit sa bio’ lui-même à quatre heures du matin. Twitter : @Marchemort.

MarcheMort

MarcheMort

Rock ’n’Rôliste sadique d’alignement loyal mauvais, il aime la littérature anglaise et faire rouler les dés et les têtes. Il déteste les arcs en ciel, les poneys et les escaliers en colimaçon. Joueur de jeux vidéo compulsif depuis le règne de Justinien, il a joué en LAN avec Abdul Al Hazred. Il pratique la nécromancie au quotidien et voue un culte à Cthulhu lorsqu’il est en robe de chambre. Pour lui le jeu de rôle est un style de vie et il parle de lui à la troisième personne pour faire croire à ses lecteurs qu’il n’a pas écrit sa bio’ lui-même à quatre heures du matin. Twitter : @Marchemort.

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