Plantera

Dans la catégorie des jeux à clics, qu’on appelle surtout plus techniquement les jeux incrémentaux, le développeur VaragtP nous propose déjà trois jeux différents. Il y a eu Tap Heroes, Loot Hero DX et maintenant Plantera. Mais entre ces jeux, il y a-t-il une réelle évolution ?

Plantera (2)La perte de temps en un clic

Le contenu. La durée de vie. Des termes que le jeu incrémental se doit de ne pas prendre à la légère s’il veut réussir à captiver son audience. Si vous ne savez pas ce qu’est un jeu incrémental, je vous dirige de suite vers l’excellent dossier de Mwarf. Pour les autres, sachez que Plantera ne viendra pas combler vos prochains mois avec un jeu lancé sur Steam en fond ou toute une nuit, juste pour looter un peu d’argent virtuel. Plantera, c’est plutôt le genre de jeu vite joué, vite oublié.

Et pourtant ce n’est pas faute d’aimer perdre du temps dans ce genre de jeux futiles, certes, mais qui promettent souvent de s’amuser à découvrir ce qui se cache derrière ces paliers niveaux virtuels proposant de nouvelles constructions, de nouveaux objets, de nouvelles créatures et autres types de contenus divers et variés. Mais Plantera se livre entièrement en quelques heures, pour être d’une platitude sans nom par la suite. C’est un jeu incrémental qui n’a pas de grande durée de vie. Le comble !

Le concept est simple : sur un plan en 2D vous devez construire des parcelles. Vous y placerez un plant de légumes, un buisson et un grand arbre sur chaque parcelle. Chacun de ces êtres au feuillage étincelant (faux, c’est surtout assez moche) verra ses fruits ou légumes pousser en quelques secondes. Une fois mûre, la production sera cliquable et vous amènera de l’argent. Si vous attendez trop longtemps, les fruits et légumes tombent au sol. Pas grave : à certaines étapes du jeu, au fil des niveaux obtenus en cliquant sur les fruits, des collecteurs viendront ramasser votre gain à une vitesse assez lente mais qui reste efficace si vous laissez tourner le jeu.

Plantera (3)L’incrémental c’est bien. Mais pas cette fois.

Augmenter la zone pour planter toujours plus de fruits et légumes, ajouter des animaux produisant des œufs et autres objets cliquables amenant eux-aussi de l’argent et attendre… Voilà ce qui vous est proposé au final. Seuls quelques animaux tels que des corbeaux, des renards, des lapins et autres prédateurs viendront tenter de vous croquer un fruit ou un légume de temps en temps. Malheureusement, c’est sans aucun impact réel sur la difficulté du titre qui est d’une facilité assez déconcertante. Sans aucun défi, Plantera rate le coche.

Parlons réellement du ratage qu’est Plantera : au bout de trente niveaux, ce qui équivaut à un grand maximum de deux heures de jeu, on découvre tous les plants, buissons, arbres et animaux qu’il est possible de planter/placer dans son jardin. Après, ce n’est que de l’incrémental bas du front où on laisse tourner le jeu pour avoir toujours plus d’argent, toujours plus de parcelles et recommencer mille fois la même chose sans jamais avoir quelque chose de nouveau à se mettre sous la dent. Et malheureusement, le « nouveau » c’est ce qui fait vivre un jeu incrémental. Ajoutez à cela un manque de visibilité franchement violent et des graphismes qui manquent clairement de finesse et vous aurez un titre largement oubliable, sans grand génie. Plutôt que d’enchaîner les jeux du même type, il serait peut-être temps de prendre son temps, justement, non ?

Skywilly

Rédacteur en chef collectionneur de Skylanders et qui passe beaucoup trop de temps sur ces briques Lego. Heureusement qu'il y a des petits jeux pour s'évader ! Auteur de Le jeu vidéo indépendant en 2015 : Portraits de créateurs

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