Dreii

Dreii

C’est avec des questions plein la tête que je me suis approché de Dreii lors de la dernière Gamescom. J’y avait découvert un petit jeu intriguant de par son humilité, mais cachant une grandeur intérieure insoupçonnée de par le dialogue qu’il était capable d’instaurer avec le joueur. Dreii est un concept, un jeu de puzzles qui demandent beaucoup à la physique, amusant de par son côté purement manuel et obligeant à un certain doigté. Il est un peu comme l’enfant caché du Jenga et de Journey.


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Dans Dreii, il suffit en théorie d’empiler des cubes, des piliers rectangulaires ou des éléments circulaires roulants sans amasser mousse. Il faut réussir, avec ce qui nous est donné, de les faire se maintenir dans un équilibre souvent délicat. Ce afin de faire subsister la pièce la plus haut perchée suffisamment longtemps – quelques secondes – en face d’une particule flottante sous la forme d’un point. La réussite tient donc souvent à un fil avant que votre construction éphémère ne s’écroule.

Un concept particulièrement simple dans son exécution requérant malgré tout un minimum de pratique. La difficulté s’en va grandissante sans pour autant être ridiculement élevée. Dreii est avant tout un jeu reposant. J’en veux pour exemple la musique et les petits bruits d’instrument à cordes ou de tambours légèrement étouffés que font nos avatars flottants. Ces derniers sont autant minimalistes que les graphismes peuvent l’être, se contentant du minimum syndical tout en étant étonnamment charmants.

Dreii tire sa force de son apparente simplicité d’être. On y dirige ces petites créatures asexuées sous la forme de ponchos chiliens, ou autre, colorés et voguant à notre gré dans les airs. D’une touche, ils s’accrochent à une pièce et ensuite à vous de la poser où et comme il se doit sur les autres. La manipulation demande un brin de précision alors que la physique fait son travail en faisant vivoter la dite pièce de gauche à droite sous l’impulsion de celle-ci.


Dreii sur Steam - Google ChromeZwei

Ce qui importe dans Dreii, c’est cette philosophie très particulière où l’on va mettre en avant une coopération silencieuse. S’ils peuvent communiquer par le biais de petites onomatopées audio, on s’y parle principalement au travers de nos actes. Quand on arrive dans un niveau et que l’on est connecté en ligne, il arrivera d’y trouver d’autres individus comme nous, des inconnus ou des inconnues, dont on ne sait absolument rien.

A cause du langage limité de nos avatars, il sera impossible de se parlementer sur la résolution du puzzle se présentant à nous. Ainsi de façon presque animale, comme le vieux singe apprenant au plus jeune à faire la grimace, c’est par la démonstration visuelle et la pratique que l’on devra communiquer avec l’autre pour arriver de concert à passer le niveau en cours.

Il existe dans cet échange pacifiste et muet, la présence d’un schéma similaire à un autre jeu sus-mentionné. Journey proposait de façon presque identique une dialectique très proche de celle-ci. Plutôt que d’exprimer nos pensées et notre réflexion par des mots, nous devions évoquer une histoire ou une progression par le geste et l’échange presque physique.

Dreii arrive aussi à créer cette situation où l’on se parle sans réellement le faire, et où l’on finit par se comprendre sans mot dire. Le résultat est étrange au début tout en fonctionnant dans une harmonie presque trop parfaite. Son minimalisme de fond et de forme permet de plus d’y trouver une forme de sérénité dans un jeu de puzzle original. Il serait d’ailleurs difficile qu’il en soit autrement quand on sait que l’idée que Dreii se fait d’un boss serait le vent. Poésie de la simplicité, quand tu nous parles.


Dreii est un puzzle game qui joue sa différence dans son rapport à l’autre et la coopération silencieuse entre joueurs qu’il instigue. Minimaliste dans sa forme, aux personnages colorés et au décors monochromatiques ou presque, il se formalise de peu et constitue une agréable expérience emplie de plénitude. Un titre résolument à part de par sa simplicité attachante, aussi jouable à la souris que sur écran tactile. A ne pas manquer que cela soit sur ordinateur ou mobiles.

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