The Metronomicon

Melanger le RPG avec le jeu musical, c’est une idée loin d’être bête mais difficile à mettre en place. Before the Echo, autrefois nommé Sequence, avait déjà tenté avec brio l’exercice de la fusion des deux genres. The Metronomicon, réalisé par les développeurs du déjà follement nommé The Weaponographist, en reprend l’exact gameplay… Mais en plus dynamique.



Un gameplay pas si nouveau

Quand on lance The Metronomicon pour la première fois, le tutorial tente de nous expliquer tous les tenants et aboutissants du gameplay. On a donc une barre de rythme pour chacun des quatre personnages de l’équipe. Chaque barre va laisser apparaître une suite de notes que vous devez valider au clavier ou à la manette, comme dans un Dance Dance Revolution par exemple. Le but est de valider des coups ou des sorts face à des ennemis, via ces rythmes réussis. Chaque barre de rythme possède plusieurs paliers, un pour chaque coup/pouvoir/magie qu’il est possible de valider. Au bout d’une dizaine de notes, vous valider la première (faible) attaque. La seconde dizaine de note vous permet de lancer une (moyenne) magie et la troisième dizaine entraîne plutôt une (forte) dose de soin pour votre équipe. Evidemment, tout peut être réorganisé à notre convenance et selon notre stratégie personnelle.

En face, les ennemis sont plusieurs à s’enchaîner et vont même se cumuler si, pendant la musique, vous prenez trop de temps pour vous en débarrasser. Ils vous attaqueront alors, à un rythme assez régulier, pour faire baisser votre seule barre de vie (pour toute l’équipe). Une fois à zéro, c’est le Game Over.

Le gameplay n’est absolument pas original, contrairement à ce que l’on peut penser : comme dit dans l’introduction de cette critique, Before the Echo avait déjà proposé l’exact même gameplay (le passage d’une barre de rythme à l’autre, les flèches et même la configuration des boutons manette). Néanmoins si la copie est conforme, le rythme et le style de The Metronomicon est vraiment tout autre.



Une playlist de qualité

Au travers d’une demi-douzaine de niveaux contenant environ vingt chansons chacun, le mode Histoire du jeu permet de découvrir une playlist réellement réussie. Allant de Jimmy Urine (et une chanson exclusive assez exceptionnelle en termes de fun et de rythme) à Dan Terminus en passant par une multitude de talents moins connus mais qui méritent de l’être davantage, la playlist de The Metronomicon sera la première raison de votre retour sur le jeu une fois votre première session terminée. Sincèrement, c’est de la balle comme disent les d’jeunz (de mon époque).

Quelquefois vous aurez le droit à des affrontements contre des Boss. Ceux-ci sont bien plus durs à vaincre et vous lanceront des attaques spéciales chamboulant un peu vos notes (en les faisant apparaître un peu plus tard sur la barre, en faisant rouler les flèches histoire de vous perdre…) et surtout, ils auront leurs magies destructrices qui vous feront perdre du temps en vous obligeant à valider des notes pour ne pas prendre de dégâts. Ajoutez à cela des défis spéciaux (battre un ennemi en un minimum de temps, enchaîner un maximum de magies, réaliser un combo de note sans en rater une seule…) et vous aurez de quoi gonfler une durée de vie déjà améliorée par des objets à débloquer.

Le principe RPG de la promesse initiale n’est pas oublié : vos personnages (dont ceux à débloquer au fil de l’histoire) pourront être stratégiquement étudié pour leur imposer des magies/coups/sorts spécifiques et sur les trois paliers de force proposés. Par exemple, placer une magie de soin en premier palier vous permettra de remettre faiblement de la vie à l’équipe, mais vous le réaliserez plus rapidement et simplement qu’au troisième palier (demandant trois fois plus de notes validées sans erreur). Même chose pour les magies. Aussi, les ennemis ont tous une faiblesse et une force élémentaire (symbolisée par la couleur de leur barre de vie) qu’il faudra prendre en compte lorsque vous lancez un sort. Là aussi, ce sera l’occasion de passer quelques minutes dans le menu de gestion de l’équipe avant de vous lancer en rythme dans un nouveau morceau.

Les objets à débloquer sont très nombreux et tous très humoristiques. Ceux-ci augmentent évidemment vos statistiques de personnages et chaque perso peut en posséder deux. Une fois le mode Histoire terminé, vous aurez débloqué la possibilité d’obtenir des objets uniques et majestueux cassant littéralement vos statistiques pour exploser les ennemis au plus haut niveau de difficulté proposé (il y en a trois). Evidemment, plus le mode est élevé, plus le jeu est dur, plus le rythme des notes est difficile et plus il y a d’amusement et de prouesses de gameplay potentiel(les) !



L’amateurisme malgré tout

Clairement, The Metronomicon a aussi de gros défauts. Au-delà du principe de base évidemment déjà vu dans Before the Echo, il offre des idées de game design pas totalement logiques. Par exemple, vos trois paliers de barres de rythme ont trois couleurs différentes, uniques, vous signalant juste dans quel palier vous êtes. Le premier palier est bleu, mais si votre magie est rouge cela ne vous est pas indiqué (si ce n’est dans votre liste de sorts). Par contre, quand l’ennemi crache du feu, il détient une barre de vie… rouge. Ce code couleur qui fait ce qu’il veut, quand il veut, peut être un vrai souci de compréhension pour les nouveaux joueurs et à vrai dire, j’ai fait plus de la moitié du mode Histoire avant de saisir l’importance de la couleur des barres de vie ennemies, justement à cause de ce souci de logique entre toutes les couleurs de l’interface.

Proposant une histoire mignonne que je ne vous gâcherai pas, bien qu’elle ne soit pas trépidante pour autant, The Metronomicon est aussi et surtout un bon moyen de s’amuser avec de la musique de façon efficace. Le gameplay propose des moments très stylés, le gameplay fonctionne plutôt bien malgré ce Game Design pas totalement réussi et la fusion RPG/Jeu Musical est assez convaincante.



On pourra reprocher beaucoup de choses à The Metronomicon, comme une certaine répétitivité, l’absence d’un mode « Extreme » qui proposerait un gros défi pour les habitués du genre ou l’impossibilité d’y jouer à plusieurs…. Mais le fun qu’il procure grâce à une playlist de qualité et des idées intéressantes le sort de façon évidente du lot, juste le temps d’un mode Histoire de dix bonnes heures musicalement réussies.


Skywilly

Rédacteur en chef collectionneur de Skylanders et qui passe beaucoup trop de temps sur ces briques Lego. Heureusement qu'il y a des petits jeux pour s'évader ! Auteur de Le jeu vidéo indépendant en 2015 : Portraits de créateurs

Skywilly

Skywilly

Rédacteur en chef collectionneur de Skylanders et qui passe beaucoup trop de temps sur ces briques Lego. Heureusement qu'il y a des petits jeux pour s'évader ! Auteur de Le jeu vidéo indépendant en 2015 : Portraits de créateurs

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