Nelly Cootalot : The Fowl Fleet

Humoriste, comédien, réalisateur, Alasdair Beckett-King possède un éventail de talents impressionnant. Et il ne s’arrête pas là. De son imagination foisonnante est né le personnage de Nelly Cootalot, une jeune pirate rousse et espiègle dont les premières aventures qu’il a illustrées et animées étaient disponibles gratuitement. Aujourd’hui l’aventure continue avec “The Fowl Fleet”, un projet plus long, plus ambitieux et déjà encensé par la presse vidéoludique.

Une immersion qui coûte-a-lot

Nelly Cootalot est appelée par son mentor, le vénérable pirate William Barbesang à se lancer dans une quête pour contrecarrer les plans machiavéliques du Baron Grandebarbe. Fervente protectrice des oiseaux, Nelly ne réfléchit pas une seconde lorsqu’elle apprend que le Baron les a capturés afin de servir ses projets et se lance à sa poursuite passant ainsi par un ensemble d’îles méridionales où les pirates sont rois et par une contrée viking perdue dans le Grand Nord.

Le manque de doublages français nuit à l'immersion dans l'aventure.
Le manque de doublages français nuit à l’immersion dans l’aventure.

Lors des prémices de l’aventure, j’avais le sentiment étrange et désagréable que le jeu était lisse, sans profondeur. Pourquoi ? La raison principale est que, ayant mis le jeu en français celui-ci était sous-titré (avec des sous-titres d’excellente qualité, je tiens à le préciser) mais les doublages étaient absents, laissant ainsi les personnages remuer la bouche sans qu’aucun son ne s’en échappe. C’est surtout ce point-là qui était étrange : pourquoi inclure une animation des lèvres s’il n’y a pas de doublages ? C’est après coup que j’ai compris, le jeu est doublé en anglais et en allemand mais ne possède que des sous-titres pour ses versions française, italienne et espagnole.

Que serait un point & click sans humour ?
Que serait un point & click sans humour ?

British humour et quêtes à foison

Une fois lancés, l’aventure se révèle être plaisante à suivre. Les lieux sont charmeurs, la patte du dessinateur est douce et très agréable, quant aux personnages, ils sont cocasses et hauts en couleurs. On va très vite se rendre compte que la comédie est le pilier de ce voyage qui fleure bon le british humour décomplexé.

Les quêtes restent elles-aussi dans le même esprit, drôles et parfois assez originales (retrouver le sens d’expressions propres à la piraterie, déduire l’emplacement des bateaux dans le port en lisant le registre du Commodore, trouver le moyen de saboter la course qui oppose de loufoques riches désargentés, trouver le signe astrologique du cuistot chinois pour réussir à le berner…etc). L’imagination n’est clairement pas en reste à ce niveau-là.

Toutefois, au bout d’un moment on va se sentir un peu perdus par l’avalanche de quêtes, et surtout de quêtes “enchâssées”. Par exemple (petit spoiler alert), il nous faudra construire un détecteur d’oiseaux afin de retrouver la trace des bestioles disparues. Il nous faut donc une tige en or et tiens, il y a justement une épée en or chez le marchand de babioles mais (oui ce n’est jamais si simple) ce dernier ne la cèdera qu’en cas d’attaque navale. Il faut lui faire croire à une attaque et on aura donc besoin d’un leurre. Pour obtenir l’objet en question il faudra rapporter une bière bien particulière à un PNJ tiers et pour obtenir cette bière il faudra aider le barman qui ne s’en sort plus avec ses fûts. Pfiou ! Et ce n’est là que pour un objet parmi d’autres. On va donc se retrouver dans des situations où on se demandera : “pourquoi j’ai besoin de ce truc en fait ?” ou “attends je dois aider ce type pour qu’il me donne ce bidule pour qu’un autre type me donne un autre bidule, c’est ça ?”.

Si je dois évoquer de petits défauts supplémentaires, j’ajouterais qu’un certain puzzle qui demandait de l’adresse était plutôt malvenu. Vous savez, une sorte de “Docteur Maboul” comme on a tous connu en jeu de plateau, sauf que là c’est un simple dessin et qu’aucun élément ne nous donne d’indication sur la profondeur de champ. On va donc toucher des bords invisibles sans arrêt. La technique ? Faire doucement et trouver le bon chemin à force d’essais, moyen comme puzzle.

Par ailleurs, la musique du jeu est sympathique et entrainante mais très oubliable aussi pour le coup. Les doublages, bien qu’inégaux selon les personnages (j’aurai aimé que l’actrice qui interprète Nelly ait une voix moins “froide” mais ce n’est que mon ressenti) restent d’une qualité convaincante.

 

En tout et pour tout, Nelly Cootalot est un point & click de bonne qualité qui, bien qu’il soit perfectible, n’a pas à rougir à côté des plus grands jeux du genre. Humour, loufoquerie, belle galerie de lieux et de personnages, quêtes intéressantes, il ne manque qu’un peu de créativité au niveau de la bande-son et un meilleur agencement des quêtes pour éviter ce sentiment de “fouillis” que l’on ressent lorsque l’on débute une nouvelle zone. La recette du bon point & click est presque maitrisée, les backers ont bien eu raison de soutenir le jeu sur Kickstarter !

Kitsune-Musume

Ancienne amasseuse compulsive de jeux boite, j'aime à me perdre désormais sur les terres fertiles de l'indépendant. Gameuse à tendance no-skill/casu/basheuse de la touche X, testeuse de résistance mentale aux low-framerates avec ma vieille (mais fidèle) brouette connectée, j'aime les armes lourdes et badass, les univers immersifs et les scénarios bien ficelés. A l'inverse, j'ai horreur des jumpscares (flipette de catégorie 3), je fuis les collectes poussives de piécettes et je recule devant mes devoirs de rédaction d'une biographie.

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