THOTH
Windows mac

Après avoir travaillé sur Limbo, puis sorti le plateformer minimaliste musical 140 en octobre 2013, Jeppe Carlsen nous revient avec un nouveau projet au nom compliqué à retenir. Attention, il est utile de vous prévenir qu’il va être très difficile de ne pas terminer ce jeu d’une traite une fois lancé !


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Twin Stick Shooter minimaliste

Le niveau 64 est le premier qui vous accueille. Vous contrôlez une sphère avec le stick gauche de votre manette, puis découvrez que vous pouvez tirer avec le stick droit. Bien entendu, tout cela est aussi jouable au clavier et à la souris. Sur un écran fixe, vous devez détruire les formes géométriques qui vous assaillent. Quand elles sont détruites, elles continuent à vous pourchasser pour vous exploser mais vos tirs peuvent les traverser. Et bien sûr, les formes qui vous attaquent vont rapidement plus vite que vous. Il vous faut penser à arrêter de tirer pour augmenter votre vitesse et « vous replier ». Ou fuir, si vous préférez.

Le concept est là, tout bête, mais il va s’étendre sur 64 niveaux plus complexes les uns que les autres. Toutes les demi-dizaines de tableaux, une idée de gameplay va émerger. Des trous noirs, des formes géométriques qui en créent d’autres, qui s’étendent, tournent sur elles-mêmes, activent des zones jouables pendant quelques secondes, ou bien encore des pièges pour compliquer votre fuite… Les idées sont nombreuses et passionnantes à découvrir, mais le défi est toutefois assez relevé pour quiconque n’aurait pas l’habitude du genre. Heureusement, les checkpoints sont nombreux.



D’une traite, et puis c’est tout !

THOTH est un jeu qui se savoure sans jamais lâcher la manette et faire de pause. On s’améliore du début à la fin de la partie qui, avec un peu de talent et surtout d’apprentissage, peut ne pas durer plus d’une heure. THOTH est violemment punitif et va vous demander de recommencer encore, sans jamais vous donner d’indice sur la marche à suivre. Vous allez apprendre de vos erreurs, inlassablement, ce qui rend la progression tout à fait percutante et passionnante.

Artistiquement, THOTH n’est pas non plus le dernier à nous en donner pour notre argent : les couleurs, les sons, tout baigne dans une ambiance qui, en screenshots, semble pourtant plus que quelconque. Et pourtant, en jeu, c’est dérangeant… dans le bon sens. Nous ne sommes pas dans un univers frais, agréable : tout est surtout basé sur la pression, l’angoisse, le sentiment d’oppression… Alors que, rappelons-le, on contrôle une sphère au milieu de forme géométriques à abattre ! Comme 140, le précédent jeu de Jeppe Carlsen, mais aussi Thomas Was Alone pour en citer le meilleur exemple, THOTH parvient à donner vie à cette géométrie que vous apprendrez à détester à plusieurs degrès en fonction des formes qui apparaissent à l’écran. Ces losanges qui vous catapultent un ennemi dans votre direction par exemple, risquent bien d’être votre pire Nemesis.


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Courte durée

Finalement, THOTH ce n’est que du positif quand on y réfléchit bien. Après tout, le jeu est fluide, beau, bien pensé, construit de façon à ne jamais lâcher la manette, possède une difficulté croissante exceptionnelle et se paye même le luxe de proposer des petits ajouts pour gonfler la durée de vie principale, assez légère. En effet, pour gonfler le temps de jeu après les 64 niveaux terminés, vous aurez le droit à de la génération aléatoire de niveaux qui permet au gameplay de ne jamais trop vous quitter.

Car THOTH, c’est aussi un concept tellement amusant et forçant le joueur à se dépasser qu’on en veut toujours plus : sans ces petits ajouts, le jeu aurait été bien trop court, trop éphémère en souvenirs. En l’état, il est prêt à ne jamais quitter notre ordinateur pour quelques parties rapides nous rappelant ce bon temps où plus d’une heure de notre vie a été consacrée à ces 64 niveaux diaboliques qui ont trouvés leur maître. Et ce ne sont que des formes géométriques, des couleurs, et quelques sons. Rien de plus. Chapeau !


THOTH c’est une heure et demi de quête principale environ, pour un nombre incalculable de temps passé à jouer avec un gameplay qui donne une véritable profondeur de jeu à de simples losanges, carrés et autres cercles aux mouvements qu’il va falloir, par ailleurs, apprendre par cœur. C’est un jeu punitif dans l’âme mais qui n’oublie pas ses checkpoints, minimaliste dans le fond mais grandement passionnant. C’est du Twin Stick Shooter de qualité, que l’on vous recommande plus que chaudement.

Skywilly

Skywilly

Rédacteur en chef collectionneur de Skylanders et qui passe beaucoup trop de temps sur ces briques Lego. Heureusement qu'il y a des petits jeux pour s'évader ! Auteur de Le jeu vidéo indépendant en 2015 : Portraits de créateurs
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