Professeur Layton et le Masque des Miracles

Cinquième épisode de la franchise, second d’une trilogie commencée avec le précédent jeu et qui raconte ls débuts de Layton et son petit compagnon Luke, ce Masque des Miracles est aussi le premier à sortir sur Nintendo 3DS. La formule est-elle alors toujours aussi efficace ?

Bienvenue à Dorémont, la Cité des Miracles
Le Professeur Layton a beau être très occupé, il ne peut pas s’empêcher de voler au secours d’innocentes personnes qui lui demandent de l’aide. Surtout quand il s’agit d’Angela Dumont, une amie d’enfance, qui lui envoie une lettre pour le prévenir d’un danger à Dorémont. Vous ferez alors rapidement la connaissance d’un étrange garçon portant un masque et capable de merveilles, s’en prenant aux habitants de la Cité des Miracles en commençant par les pétrifier sur la grande place. Bref, il ne fait pas dans la finesse, allant jusqu’à se donner en spectacle en volant devant un public effrayé.
La recette n’a pas changé : beaucoup de dialogues et de la fouille de pixels dans les décors vous débloqueront des énigmes que vous devez réussir pour avancer dans l’histoire. La fouille a tout de même été modifiée : désormais, vous devez cliquer sur une loupe pour pouvoir fouiller des emplacements importants signalés par un changement de couleur (orange). C’est beaucoup plus simple, surtout pour collecter les pièces S.O.S permettant de débloquer des indices lorsque vous résolvez des énigmes. Sinon, le concept est à peu près le même et il faut bien avouer que la bonne recette ne change pas depuis le premier volet paru sur Nintendo DS. Est-ce vraiment un mal ?
Certains moments dans le jeu sont tout de même bien différents, par exemple avec cette course poursuite à cheval où vous devrez bouger votre canasson de gauche à droite pour lui faire éviter les tonneaux qui vous barrent la route. À petite dose, ce genre de gameplay différent est réellement rafraichissant même si évidemment, on est loin d’avoir le droit à du grand art point de vue maniement. C’est simple et efficace.
150 énigmes et bien plus encore…
L’histoire est longue et proposera de belles remontées dans le temps, à l’époque ou Layton avait une coupe de cheveux à la limite du ridicule et ou il fouillait d’étranges grottes à la recherche d’un artefact puissant. On y découvrira un drame survenu alors qu’il n’était qu’étudiant et tout cela sera une bonne occasion d’humaniser davantage un Professeur peu communicatif au point de vue émotionnel. Aussi, nous pourrons y jouer quelques énigmes avec un nouveau personnage (que je vous laisse découvrir) en plus de Luke le petit protégé, mais aussi son assistante Emmy.
Point de vue énigmes à proprement parler, on tient toujours un bon panel de questions à la difficulté variée et jamais vraiment progressive. Les énigmes se suivent et ne se ressemblent pas, sans jamais tomber dans la réutilisation d’anciennes idées. C’est assez impressionnant de voir à quel point Level-5 tient sa franchise d’une main de maître de ce côté là, tant trouver de nouvelles énigmes doit être un sacerdoce lorsqu’on en est au cinquième épisode d’un même univers. Mieux encore : 365 énigmes sont à découvrir, une par jour de l’année exactement, via la connexion internet proposée comme dans chaque Professeur Layton. Ici, on passe juste de l’hebdomadaire au journalier ce qui est plutôt classe point de vue durée de vie et surtout : c’est gratuit !
Revenons-en à la console… La 3D n’est pas fortement utilisée dans le but de vous faire deviner quoi que ce soit : plus esthétique, très réussie par ailleurs avec des fonds sublimes et des cinématiques (bien plus nombreuses) qui bénéficient ainsi d’un joli traitement visuel. L’effet de relief n’est pas un gadget, apporte vraiment un plus visuellement, mais n’est pas non plus obligatoire tant s’en faut. À vrai dire, les yeux fatigués auront vite fait de la désactiver au bout d’un moment. Un conseil : activez là surtout pour les dialogues et la découverte des environnements, beaucoup moins pour les énigmes qui perdent un peu en lisibilité. Après, c’est selon la vue de chacun.
Encore un épisode de qualité ?
C’est une prouesse. Level-5 continue à sortir du Professeur Layton, annonce déjà un sixième épisode, un cross-over avec la série des Phoenix Wright, et parvient malgré tout à dominer le marché avec pourtant bien des plagiats/inspirations sortis entre temps chez d’autres éditeurs. Avec ses moments d’animations sublimes, sa version française très bien jouée (sauf pour l’ennemi principal, risible), ses très nombreuses énigmes garantissant une durée de vie colossale et son histoire certes cousue de fil blanc, mais qui fera voyager et réfléchir les plus jeunes joueurs, ce Professeur Layton est encore une fois un grand cru.
Il profite de sa sortie sur Nintendo 3DS pour augmenter le nombre de cinématiques, propose un relief réussi, mettre en place un système d’énigmes journalières et vient même ajouter quelques petites modes de jeu annexes comme la nécessité de s’occuper d’un animal de compagnie en lui apprenant des tours (le Théatre de Capucine), de collecter des objets cachés, de jouer à un minijeu de déplacement de robots dans des niveaux à débloquer et une autre épreuve annexe sous forme de puzzle-game dans un contexte qui plaira aux amoureux de shopping (nommé Magasin Zinzin). Vous aurez même le droit à quelques fouilles archéologiques sous forme d’un jeu d’aventure en vue aérienne. Bref, c’est complet, très long, passionnant de bout en bout et seuls ceux qui n’accrocheront pas à l’univers viendront s’en plaindre : pour eux, malheureusement, on ne peut rien faire.

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