CastleStorm

Nous n’avions pas eu l’occasion de tester CastleStorm, le dernier jeu de Zen Studios, lors de sa sortie sur Xbox Live Arcade en mai dernier. C’est maintenant chose faite avec la sortie sur Steam de ce jeu que j’attendais beaucoup personnellement. Et autant vous dire tout de suite que je suis loin d’être déçu.

Tempête de boule… châteaux non-géants

CastleStorm est un de ces jeux qui prend plusieurs genres du jeu vidéo, les mélange et tente de faire quelque chose de nouveau avec ce mélange. Cela peut s’avérer très mauvais avec des genres qui ne vont pas trop ensemble comme très bon quand les genres se complètent. On se trouve ici dans le second cas : ce mélange de genres rend très bien et on se demande pourquoi personne n’y a pensé avant. Dans le jeu de Zen Studios, vous retrouverez ainsi du tower defense, de la stratégie en temps réel, du beat’em all et de l’Angry Birds. Une fois dans le jeu, on ne fait néanmoins plus la différence : les éléments de chaque genre se complètent parfaitement et on a l’impression de n’avoir ici qu’un seul genre. Mais laissez-moi vous expliquer comment le jeu fonctionne. Avant chaque partie, vous devrez tout d’abord choisir votre équipement (que vous débloquerez au fur et à mesure que vous avancez dans le jeu) et votre château. Ce dernier peut être un par défaut (encore une fois, vous en débloquerez en avançant dans le jeu) comme un que vous aurez construit vous-même. En effet, c’est l’une des caractéristiques du jeu les plus mises en avant : vous pouvez construire votre propre château et l’utiliser durant n’importe laquelle de vos parties. Pour cela, un éditeur de châteaux est à votre disposition, vous permettant de modifier les châteaux prédéfinis ou de recommencer de zéro. Vous pouvez ainsi placer diverses pièces de tailles variantes, parmi lesquelles vous retrouverez des structures n’ayant rien de spéciales servant seulement à structurer votre château, justement, mais aussi des salles bonus permettant d’augmenter les dégâts de vos troupes ou encore la résistance de vos murs. En parlant de vos troupes, c’est lors de la création de votre château que vous allez décider de celles-ci. Chaque type d’unité, du simple fantassin au dragon en passant par le troll ou le soldat monté sur un âne, dispose d’une salle dédiée et vous pourrez en placer jusqu’à cinq salles différentes. Cet éditeur se révèle au final plutôt sympathique, surtout qu’il intègre un “mode test” vous permettant de tester la résistance de votre château durant sa construction, mais on en atteint vite les limites : tout est une question de positionnement de vos salles, d’équilibre et de résistance de votre château aux attaques ennemis, compte tenu de la place dont vous disposez pour construire celui-ci, vous n’aurez pas la possibilité de laisser parler vos talents créatifs ou votre égo démesuré et chaque château aura un aspect plus ou moins semblable. C’est un choix qui a été fait par les développeurs et qui est compréhensible, permettant au gameplay de fonctionner (ce qui serait moins le cas si vous pouviez laisser parler votre imagination et faire de gigantesques châteaux).

 Parlons donc du gameplay. Une fois la partie lancée, vous avez trois types d’actions à votre disposition, chacun disposant d’une barre composée de cinq actions que vous pouvez choisir avant chaque partie et que vous continuez de débloquer durant toute votre progression dans le jeu. Le premier de ces types d’actions est tout ce qui utilise la baliste. Celle-ci est votre arme principale, vous permettant de tirer des flèches et diverses autres choses pour éliminer l’armée ennemie mais aussi des armes plus adaptées à la destruction d’un château telles que des bombes ou des blocs de pierre. D’autres ont plus un aspect pratique, vous permettant de faire changer de camp à un soldat ennemi ou encore d’en transformer un en dindon. La baliste se joue avec un gameplay proche d’un Angry Birds, de même pour la physique du jeu qui est plutôt semblable lorsqu’il s’agit de détruire le château ennemi. Le second type d’actions est l’utilisation de soldats. Comme dit plus haut, vous disposez de cinq unités différentes selon votre château. Chaque soldat vous coûte plus ou moins de nourriture (dont vous pouvez augmenter la production grâce à une salle de votre château) et la taille de votre armée est limitée (de même que la nourriture, il y a une salle pour l’augmenter). Une fois un soldat choisi, celui-ci va apparaître aux portes de votre château et la suite dépendra du type de soldat. Il y a ceux qui se dirigeront vers le château ennemi, engageant le combat avec les soldats qu’ils rencontreront sur leur chemin, ceux qui peuvent ramasser le drapeau ennemi et ceux qui ne le peuvent pas (la capture du drapeau étant un autre moyen de gagner une partie), ceux qui restent devant votre château pour attaquer les soldats ou le château ennemi à distance ou encore ceux qui volent au dessus du champ de bataille à la recherche de cibles. Les soldats dans CastleStorm sont plutôt “fairplay”, c’est-à-dire que chaque soldat ne se battra qu’en duel, à un contre un. Disons par exemple que vous avez un soldat, que votre ennemi en a deux et que ces soldats se rencontrent. Un des soldats de votre ennemi va s’arrêter pour se battre avec le votre tandis que le second soldat ennemi passera son chemin à la recherche d’un autre adversaire. A savoir que cela ne vaut pas pour certains types de soldat qui font des dégâts de zone. A savoir que le seul ordre que vous pouvez donner à vos troupes est de se baisser pour éviter les projectiles, le reste étant automatique à la manière d’un tower defense. Vient ensuite le troisième type d’actions : la magie. En gros, vous disposez de trois types de sorts : des sorts de soutien pour soigner ou protéger votre armée ou château, des sorts d’attaque pour éliminer l’armée ennemi ou des sorts pour invoquer des héros. Ceux-ci permettent un autre type de gameplay appartenant à un autre genre, le beat’em all. En effet, vous vous retrouvez avec votre héros en plein milieu du champ de bataille, devant vous battre contre les troupes ennemies étant donné que vous ne pouvez pas prendre le drapeau ou détruire le château. Vous pouvez changer de type d’action à tout moment, devant ainsi utiliser ces trois types de gameplay pour remporter la partie. Le mélange des trois est plutôt réussi, le gameplay est simple à prendre en main et le fun est immédiat. Pari réussi au niveau du gameplay donc, mais qu’en est-il du reste ?

Your friends (and the princess) are in another castle

Plusieurs modes de jeux sont disponibles, que ce soit en solo ou en multijoueur. Il y a bien sûr la campagne, mode principal du jeu. Celle-ci vous permet de débloquer tous les équipements, soldats, sorts et châteaux prédéfinis tout en vous permettant de découvrir petit à petit les mécaniques du jeu. De plus, elle vous permet de goûter aux deux camps du jeu, le Royaume et les Nordiques. Chaque camp dispose de projectiles, soldats et sorts différents. Si ceux-ci sont plutôt équivalents (un soldat de base, un “monstre” surpuissant, une créature volante, un sort balayant tous les ennemis sur le terrain, etc…), il existe néanmoins quelques différences qui vous feront préférer l’un des deux camps. La durée de vie est plus que correcte, ayant personnellement mis huit heures pour voir la fin de la campagne, sachant que vous pouvez y revenir pour obtenir toutes les étoiles, finir les objectifs bonus ou simplement obtenir un meilleur score dans les différents classements du jeu (du classique : un avec seulement vos amis, un général). Le tout est accompagné de courtes cutscenes plutôt marrantes qui apportent une histoire et un semblant de développement de vos héros qui sont certes anecdotiques mais toujours appréciables (même si certaines choses restent inexpliquées et soudainement abandonnées, mais on ne joue clairement pas au jeu pour ça). Tout n’est pas non plus parfait : il arrive que la difficulté soit assez mal dosée, certains niveaux étant beaucoup trop faciles alors que d’autres étant plutôt difficiles à surmonter alors qu’on est dans la même difficulté pour les deux. Cela aurait été compréhensible si le jeu devenait de plus en plus dur et que la difficulté montait en puissance, mais ce n’est pas tellement le cas : ces niveaux à la difficulté abusive apparaissent de nulle part et peuvent parfois devenir beaucoup plus faciles lorsqu’on y joue avec l’autre camp (certains niveaux de la campagne étant communs aux deux camps).  Trois autres modes de jeu sont disponibles en solo : Escarmouche vous permet de jouer une partie classique contre l’IA, c’est-à-dire que le premier a détruire le château de l’autre ou à capturer le drapeau a gagné, Survie vous permet de confronter votre château a des vagues d’ennemis tandis que Survie Héroïque est la même chose à la différence que vous n’avez pas de château mais seulement votre héros, ce mode étant du pur beat’em all. Vous avez ainsi une durée de vie plutôt conséquente, bien qu’une fois la campagne finie les parties commencent à se ressembler, le jeu faisant preuve d’une certaine répétitivité une fois que tout est débloqué. Néanmoins, vous pouvez toujours jouer pour dominer le classement si c’est votre tasse de thé. Si ce n’est pas le cas, vous pouvez toujours vous tourner vers le multijoueur.

Au niveau de celui-ci, vous pouvez choisir de jouer en local ou en ligne. La première option vous permet de jouer à deux joueurs sur le même PC, un joueur jouant au clavier et souris tandis que l’autre joue au pad. Le jeu étant initialement sorti sur console, les contrôles au pad sont aussi réussis qu’au clavier/souris (bien que je trouve plus intuitif les contrôles à la souris pour la baliste tandis que je préfère le pad pour le contrôle des héros) et aucun des joueurs n’est donc désavantagé. De plus, le pad 360 (ou un pad PS3 à l’aide de certains logiciels) est entièrement supporté, vous n’avez qu’à le brancher à votre PC. Trois modes de jeux sont disponibles : le Versus vous permet de jouer l’un contre l’autre dans une partie classique, les deux autres modes favorisent la coopération entre les joueurs. Ainsi, la Survie permet à un joueur de contrôler baliste, sorts et soldats et à l’autre de contrôler un héros de son choix tandis que la Survie Héroïque met les deux joueurs au contrôle d’un héros. Pour les deux premiers modes de jeu, ça se passe en écran splitté, l’écran de chaque joueur se trouvant en diagonale de l’autre. Malheureusement, cela pose des problèmes sur un petit écran où il vous faudra sans cesse user du zoom pour y voir quelque chose. On regrette aussi qu’il n’y ait pas la possibilité de jouer en local entre plusieurs PC dans une même pièce ou encore entre un PC et une Xbox 360. C’est aussi un des problèmes du multijoueur en ligne : il n’est pas cross-platform. Ainsi, vous ne pourrez jouer qu’avec des joueurs PC si vous possédez la version PC, et inversement pour la version 360, ce qui est bien dommage. Celui-ci dispose des mêmes modes de jeu que le multijoueur en local, à la différence que vous avez évidemment plus d’options pour décider d’avec qui vous voulez jouer. Vous pouvez choisir un matchmaking selon classement (en Versus seulement) vous mettant contre un autre joueur dont le classement est proche du votre, une partie rapide où vous pourrez donc tomber contre n’importe qui, un matchmaking d’amis qui porte bien son nom ou encore une partie personnalisée, cette dernière vous permettant de scroller dans une liste de parties et de choisir celle que vous préférez. On regrette l’absence de caractéristiques basiques mais néanmoins essentielles à tout mode multijoueur en ligne : on ne peut pas communiquer avec son adversaire ou coéquipier, ce qui est plutôt handicapant dans le second cas. De plus, on ne reçoit pas de récompense lorsque l’autre joueur quitte avant le résumé de la partie, ce qui est plutôt injuste notamment dans le cas où vous venez d’écraser votre adversaire et que celui-ci a quitté de rage. Cela m’est arrivé plusieurs fois tout en bloquant complètement le jeu, ayant été obligé de le quitter à la bourrin et n’ayant même pas reçu de victoire. En fin de compte, les parties contre des joueurs inconnus ressemblent énormément à celles avec l’IA, il est donc bien plus préférable de vous trouver au moins un ami avec qui jouer histoire de profiter au maximum du jeu.

Casser, casser, casser et casser !

Le tout est enrobé de graphismes à l’aspect cartoon très agréables à l’oeil. CastleStorm est joli oui, malgré la banalité de son univers. En effet, il n’a graphiquement rien de bien original. Les différents personnages et environnements composant le jeu sont classiques de chez classiques, on y retrouve ainsi un univers médiéval-fantastique plutôt générique avec des dragons, des trolls, des griffons, des prêtres lançant des sorts et j’en passe. Mais, cela n’est pas tellement un problème en soi : CastleStorm n’est pas basé sur sa direction artistique et son univers comme de nombreux jeux le font, mais bien sur son gameplay. Cet univers n’est là que pour supporter ce gameplay, pour donner un contexte au concept derrière le jeu et pour justifier la construction et destruction de châteaux. Cela vaut aussi pour la bande-son du jeu : celle-ci est plutôt entraînante et agréable aux oreilles, mais elle n’est pas de ces bande-sons qu’on écoute une fois hors du jeu ou qui nous marque fortement. Elle est plutôt de ces bande-sons qui sont adaptées au concept d’un jeu et sont totalement dans l’ambiance de celui-ci, permettant d’améliorer cette dernière. Tant qu’on en parle, l’ambiance est ici des plus réussies. Entre les différentes musiques du jeu, les répliques décalées et l’esthétique du jeu, on se retrouve rapidement plongé dans le délire des développeurs pour peu que vous soyez réceptifs à leur humour (et c’est mon cas).

CastleStorm n’est pas le meilleur jeu de l’année. Il n’est pas non plus un de ces jeux qui vous accrochera à votre siège grâce à son scénario, sa direction artistique ou sa bande-son. En revanche, il est de ces jeux que vous allez souvent relancer quand vous aurez un peu de temps devant vous histoire d’améliorer vos scores ou de vous mesurer aux autres joueurs. Il est de ces jeux que vous allez lancer quand vous aurez besoin de vous changer les idées ou quand vous aurez besoin de vous défouler. En créant un jeu au gameplay original, accessible et diversifié qui ne se prend pas au sérieux et repose l’oeil grâce à ses graphismes agréables sans trop d’effets, les développeurs de chez Zen Studios ont créé le jeu parfait pour vous divertir quelques heures par-ci par-là, seul ou entre amis.

Ripper

Grand fan de Call of Duty et Candy Crush, ce n'est malheureusement pas quelque chose dont je peux librement parler ici... Du coup, je vais me rabattre sur fan de plates-formes, de stratégie (et surtout grand strategy) et « d'ovnis vidéoludiques » avant tout, même si les meilleurs jeux sont ceux qui arrivent à transcender leur genre. Un peu comme Candy Crush, pour ne citer qu'un seul chef-d'oeuvre du style.

Ripper

Ripper

Grand fan de Call of Duty et Candy Crush, ce n'est malheureusement pas quelque chose dont je peux librement parler ici... Du coup, je vais me rabattre sur fan de plates-formes, de stratégie (et surtout grand strategy) et « d'ovnis vidéoludiques » avant tout, même si les meilleurs jeux sont ceux qui arrivent à transcender leur genre. Un peu comme Candy Crush, pour ne citer qu'un seul chef-d'oeuvre du style.

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