Lili : Child of Geos

Composé d’ancien de chez Epic Games, le studio bitMONSTER a d’abord fait parler de lui avec Lili sur iOS et Android. Lili Child of Geos en est la version améliorée et enrichie pour nos machines de bureau, et comme le fruit tombe rarement très loin de l’arbre, le tout tourne toujours sur l’indécrottable Unreal Engine. Elle est jolie, elle aime les fleurs, et pourtant Lili ne s’en laissera pas compter par un maire un peu trop tyrannique. Voici son histoire…

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Au ras des pâquerettes

Lili est une adolescente comme les autres, à ceci près qu’elle doit obtenir son diplôme en vegi-magic, terme barbare anglo-saxon que je traduirais vulgairement par magie des plantes. Le dernier devoir qu’elle doit rendre à son académie de magiciens est de trouver des spécimens de plantes rares, et c’est ce pourquoi elle s’est rendue sur la fameuse île de Geos.

Cette île très colorée bercée par une douce brise marine abrite les Constructs, d’étranges automates de bois ayant une âme selon leurs dires. Loufoques mais globalement sympathiques, Lili se liera d’amitié avec eux, et plus spécialement avec l’entraîneur (en art martial ?) qui lui viendra en aide pour tout ce qui concerne la recherche de fleurs d’une grande préciosité. Pour se faire, Lili devra se lancer à la poursuite des esprits, de grands costaux qui portent des masques comme pour mieux cacher leur lâcheté, et qui sont les véritables maîtres de ce bout de terre au milieu de l’océan.

Ces derniers jouent en effet le rôle de tortionnaires des Constructs qui sont en quelque sorte leurs esclaves, en ayant à leur tête le maire de Geos, un esprit lui aussi et sans doute le plus mauvais d’entre tous. Face à ces espiègles créatures, notre héroïne binoclarde pour de vrai, et non une hipster belin (le jeu ironise là-dessus par ailleurs), se fera donc plus protectrice des faibles qu’horticultrice d’un temps afin de ramener un idéal d’égalité et de liberté pour ses nouveaux amis fait de bois.

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Poteries en péril

Lili Child of Geos se revendique de plusieurs influences comme Zelda. Si briser des poteries pour en récolter de la monnaie ou des items est un point commun, Lili donne plutôt l’impression d’un Link qui serait resté coincé dans le village Cocorico. Il n’y aura ni donjon, ni labyrinthe remplis d’ennemis féroces ou de puzzles vicieux. Le parallèle entre le jeu culte de la firme de Kyoto et notre cueilleuse de fleurs s’arrête là.

Nous faisons pourtant bel et bien face à un mélange d’aventure, d’action avec quelques vagues éléments de rpg, le tout à un niveau relativement superficiel. Après tout, ce jeu est à la base une expérience venue du monde mobile, et il est assez peu courant d’y trouver des titres aussi poussés que puisse l’être un Zelda. Ce n’est ni le même public, ni les mêmes attentes. De ce côté là, malgré une mise à jour graphique bienvenue, le gameplay, ayant été peu ou pas retouché, n’arrivera pas à dépasser ce qu’il pouvait être sur nos téléphones portables.

Jugez plutôt. L’activité principale consiste en une espèce de course poursuite aux esprits qui se solde à chaque fois de la même manière, comme une sorte de Shadow of the Colossus pour enfant, tant la difficulté et la complexité de cette tâche est relativement faible et ne requiert pas grand-chose si ce n’est quelques réflexes basiques. Attraper un esprit peut se faire à l’aide de divers items qui vous rendront plus rapide, invisible ou vous permettront de l’assommer, mais le battre va requérir observation et réactivité.

Une fois un esprit attrapé, Lili lui saute sur le dos. Il s’agit alors simplement d’appuyer sur les touches de la manette en accord avec ce qui va s’afficher à l’écran. En effet, les dits esprits feront apparaître sporadiquement et rapidement sur leur dos des fleurs, parfois des ronces, mais aussi des bombinettes très zeldaesque. Il faudra alors appuyer sur le bon bouton au bon moment pour se débarrasser des bombes, ramasser les bonnes fleurs et non les ronces qui peuvent provoquer votre chute.

Petit problème cependant, cette corvée se répète à chaque nouvel individu appréhendé, et il n’y a que peu de variations se limitant bien souvent à des QTE plus ou moins complexes. Comme dans bon nombre de jeux mobiles, vos résultats seront récompensés par un score et de zéro à trois étoiles.

Je passe vite fait sur les éléments rpg qui sont plus qu’anecdotiques. Il y a des objectifs principaux, qui se résument bien souvent à chasser les esprits des quatre quartiers qui composent ce micro univers, et d’autres secondaires qui consistent à accomplir des tâches quelconques pour rendre service aux Constructs. Rien de bien passionnant donc, si ce n’est des dialogues par moment sympathiques avec des personnages hauts en couleur, ces derniers demeurant un des attraits principaux de ce jeu. Par contre, répartir des points gagnés entre une compétence pour s’agripper plus fermement, courir plus vite que le vent, ou encore augmenter notre capacité d’infiltration, si on peut appeler cela de l’infiltration, n’a que peu d’intérêt si ce n’est de faciliter un peu plus votre réussite dans votre chasse impitoyable.

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Un monde couleur arc-en-ciel

S’il y a bien un domaine dans lequel il est difficile de prendre en défaut Lili Child of Geos, c’est sa superbe plastique. La différence entre la version mobile et PC est assez étonnante. Bon, objectivement, ce n’est pas une claque du niveau d’un Crysis en son temps, mais on reconnaîtra qu’il y a une véritable maîtrise de l’Unreal Engine, ce qui est assez peu étonnant quand on connaît le pédigrée des membres de bitMONSTER.

Les couleurs sont chatoyantes. Oubliez le gris-marron-caca habituel des blockbusters, Lili renoue clairement avec une palette pleine et entière digne d’un arc-en-ciel. De petits effets de lumières colorés viennent frapper la caméra, pardon l’écran, un léger brouillard volumétrique vient enrober l’espace autour de nous, l’herbe se plie sous le vent qui vient la caresser. Cette île de Geos est remplit de vie et de couleurs au point que je m’y verrai bien y passer mes vacances. Si seulement…

Il est juste un peu dommage qu’il n’y ait pas de véritable physique, les plantes ne se pliant pas à notre passage, par exemple. Il y a relativement peu d’interactivité avec ce monde si ce n’est ramasser des fleurs et casser quelques poteries, et ses limites sont clairement définies par un chemin tout tracé qui ne laisse de place qu’à très peu d’exploration.

Chaque quartier revêt pourtant un style et une ambiance proche et paradoxalement différente, mais toujours réussis. C’est un univers cohérent et dans lequel il est agréable de se promener. Mais malheureusement, c’est un peu tout ce qu’il a à offrir. Les contacts avec la populace locale sont dictés par quelques lignes de dialogues et finalement rien d’autre. Partir à la poursuite des esprits constituent un peu la seule véritable activité, et de ce fait, la lassitude peut s’installer pour un joueur aguerri.

Lili Child of Geos est un jeu absolument magnifique. Rarement un monde n’aura parut aussi prégnant visuellement. Sans être une révolution graphique, il est l’accumulation d’un savoir faire évident et appliqué avec minutie pour nous offrir une véritable friandise pour les yeux. La musique un peu moins, car trop répétitive. Son plus gros défaut n’est pas son petit monde qui s’affaire, qui demeure absolument charmant, mais son gameplay trop basique qui n’a pas su évoluer suffisamment depuis le mobile pour correspondre à la plus grande exigence d’un jeu d’action et d’aventure pour bureau et/ou salon. Il se renouvelle assez peu et n’offre que peu de variétés pour faire court. Si je devais le recommander, ça serait à un public plus jeune à qui sa simplicité ne déplaira sans doute pas. Par contre, attention, il est disponible uniquement en anglais !

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