Forge Quest

Avec un rendu cubique très à la mode et la promesse d’une longue aventure solo ou multi jusqu’à quatre, Forge Quest a de quoi séduire les amateurs d’A-rpg. Mais qu’en est-il vraiment ?

Petit aventurier deviendra grand

Après une courte introduction (servant de tutorial) vue et revue où vous vous réveillez après avoir rêvé d’un affrontement contre un immense élémentaire de terre alors que vous étiez un héros connu, votre premier objectif est d’aller chercher votre licence d’aventurier. Vous rencontrez en chemin votre rival (comme dans Pokemon) qui deviendra votre punching-ball et votre guide touristique.

Chaque passage de niveau, vous permet de vous spécialiser parmi neuf arbres de talents (3 principaux : warrior, mage et rogue – ainsi que 6 secondaires découlant des premiers : knight, barbarian, wizard, mystic, thief et gadgeteer). Plutôt classique, mais il est très agréable de pouvoir faire évoluer son avatar comme on le souhaite.

Contrairement aux autres hack’n slash, le déplacement ne s’effectue pas à la souris mais au clavier via les touches Z, Q, S et D. Un peu étrange au départ, cela donne une touche top-down shooter au jeu pas désagréable, surtout si vous utilisez une arme à distance. Pour apporter encore plus de dynamisme à l’ensemble, deux touches vous permettent de bloquer avec votre bouclier ou d’esquiver grâce à une roulade les attaques ennemis.

Ont-ils oublié l’UI ?

Graphiquement le jeu est plutôt mignon. Que ce soient les personnages ou les décors, le rendu tout en cubes colorés (et parfois texturés) est joli. C’est même dommage que l’on soit si souvent en sous-sol pour ne pas profiter un peu plus des arbres et autres éléments de nature, d’autant plus que les niveaux sous terre se ressemblent énormément et donnent peu l’impression d’évoluer.

Il y a par contre une chose que je n’arrive pas à comprendre : pourquoi ont-ils laissé l’interface utilisateur comme ça ? La vie est représentée par un rectangle vert fluo, le mana par une barre bleue flashy et la rage par une barre rouge même pas alignée avec le reste. C’est horrible ! Les menus sont au moins aussi moches avec des cadres bleus en transparence, mais s’ils paraissent bordéliques à première vue, ils ont au moins le bon goût d’être pratiques une fois domptés.

Le système de journal est par contre bien pensé. A chaque nouvel élément découvert, une page s’ajoute et liste les informations principales pour ne jamais rien rater si vous avez tendance à zapper trop rapidement les explications en jeu.

Un système de craft simple et efficace

Tout dans le jeu respire l’envie de faire un titre simple destiné à tout le monde. Assez rapidement, vous aurez accès à la forge et à l’établi. La première permet d’améliorer les objets que vous possédez (armes, armures, runes…) en en sacrifiant d’autres. Ainsi, même si vous ne parvenez pas à trouver mieux que ce que vous portez déjà, il suffira de vous débarrasser de ce qui ne vous sert pas pour tout de même progresser. Il y a une limitation : il est impossible d’augmenter un objet de plus de dix niveaux via ce système. Plusieurs niveaux de rareté existent et vous serez en permanence à la recherche des roses, les objets légendaires les plus puissants.

L’établi quant à lui vous permettra d’ajouter des emplacements de runes à vos objets et d’en changer la couleur. Là encore, l’opération est très facile (très loin de Path of Exile par exemple). Il vous suffit d’utiliser les pierres précieuses que vous collectez un peu partout en jeu pour ajouter un emplacement de la couleur que vous souhaitez (ou en remplacer un existant par cette nouvelle). Chaque objet peut être serti trois fois pour des effets assez variés (chance de coups critiques augmentée, plus de mana, poison, vol de vie…).

Un a-rpg pour tous

Le danger lorsque l’on souhaite s’adresser à tout le monde est de faire un jeu beaucoup trop facile et c’est malheureusement ce qui arrive à Forge Quest. Le titre ne propose aucun défi. Vous tuerez tous les monstres sur votre passage en un ou deux coups maximum et même les boss seront une simple formalité. Le pire dans tout ça est qu’il existe des potions avec énormément d’effets différents (vitesse d’attaque accrue, dégâts supplémentaires…) que vous n’utiliserez donc jamais.

C’est vraiment dommage car le jeu est relativement long (environ 8h durant lesquelles vous traverserez quatre donjons différents). Cinq niveaux de difficulté sont disponibles, que vous débloquez au fur et à mesure à chaque fois que vous terminez le jeu. En augmentant un peu l’intensité ça aurait pu tenir le joueur en haleine alors que là on enchaîne les combats fades et l’ennui finit par s’installer.

Quelques mini-jeux essaient de nous tirer de notre somnolence (puzzles à base de cubes à pousser sur des socles par ici, match3 pour la collecte de pierres précieuses par là) mais rien n’y fait.

Autre problème, l’arbre de talent se complète trop vite et une fois qu’on a spécialisé son héros comme on le souhaitait au départ, on place ensuite des points n’importe où… car il faut bien les mettre quelque part même si on ne se servira jamais des nouvelles compétences débloquées.

Early access ?

Outre l’UI que j’ai déjà bien descendue mais que je pourrais continuer à piétiner tellement elle est honteuse, certaines fonctionnalités ne semblent pas marcher. On peut par exemple acheter un compagnon animal, mais qui n’aura aucune utilité car son IA très approximative fera que dans la majorité des cas il ne combattra pas, tournant en rond ou restant bloqué dans les murs.

Autre bug « sympa », j’ai du recréer un monde après que le jeu ait généré un niveau où la sortie se trouvait en hauteur, sans escalier pour y accéder !

On peut également relever pas mal de problèmes d’ergonomie, par exemple l’inventaire et le menu principal qui s’ouvrent via une touche mais peuvent uniquement être refermés via une autre. Autre chose énervante, avec la vue de ¾, si vous avez le malheur d’être au bas de votre écran contre un mur, vous ne verrez tout simplement pas votre personnage. Ne me parlez pas de transparence, ce n’est évidemment pas prévu, vous devrez donc dans ce cas combattre ou tenter de récupérer des objets au sol à l’aveugle.

Tout ça pour ça

Je pense que vous l’avez compris, Forge Quest m’a beaucoup déçu et c’est d’autant plus dommage qu’il a des qualités et qu’il partait avec un fort capital sympathie. Plutôt long, l’histoire est assez rigolote en ne se prenant jamais au sérieux, le principe de craft est bon, les niveaux sont générés aléatoirement pour pouvoir les refaire sans se lasser, etc.

Mais à côté de ça trop de choses viennent gâcher l’expérience et sa trop grande facilité vient achever le tout en rendant l’aventure très ennuyeuse. Si vous voulez tout de même le prendre, je vous conseille d’essayer de convaincre d’autres amis de se joindre à vous, histoire de discuter en jouant pour vous tenir éveillés !

* Retrouvez la rediffusion du Live dédié de Bestio sur Twitch

Bestio

Fan de shmup, de hack'n slash et plus globalement de tout ce qui est typé arcade. Si je teste un jeu, il y a de fortes chances que ça explose de partout et que l'écran soit rempli de boulettes.

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