Preview – Mordheim: City of the Damned (PC)

Elle ne porte pas son nom pour rien et les rumeurs à son sujet sont bien souvent loin d’égaler sa véritable histoire. Il y a fort longtemps, la cité de Mordheim était la capitale de l’Ostermark, une ville puissante et foisonnante de population. Mais sa corruption n’avait d’égale que sa densité et sa richesse. Ainsi son peuple pactisa à de nombreuses reprises avec les démons, pour l’or, pour la gloire ou la puissance, attirant par la même occasion les pires engeances des royaumes ainsi que l’œil malveillant du chaos, malgré les avertissements des soeurs de Sigmar, gardiennes de la ville et prêcheuses du dieu impérial qui ne purent ensuite qu’assister au carnage qui s’abattit ensuite.

Mordheim, c’est quoi ?

L’on vit un jour une comète à deux queues filer vers la cité, tel un châtiment mérité, déchirant le ciel sur son passage. Elle s’écrasa sur la ville maudite dans un fracas apocalyptique n’épargnant que le « Roc », le bastion des sœurs de Sigmar. Certains dirent d’ailleurs que ce fut la preuve irréfutable qu’il s’agissait d’une punition du dieu Sigmar tant la ville se noyait dans la corruption et le mal.

Ainsi Mordheim tomba, ces rues désertes jonchées de cadavres furent un foyer propice à l’expansion du chaos. Mais l’arrivée de la comète n’apporta pas que mort et destruction, la roche dont était faite la punition du dieu Sigmar brillait d’un éclat vert surnaturel et c’est ainsi que la malepierre fit son apparition un peu partout en ville. Cette roche aux propriétés magiques puissantes attira toutes les races vers la ville dévastée et bientôt elle fut plus convoitée que l’or ! Une bataille permanente allait bientôt commencer entre humains, nains, orques et skavens. Sous le regard des serviteurs du chaos pour le contrôle et la collecte de la malepierre dans les ruines de la ville de Mordheim, la cité des damnés.

C’est donc le studio Rogue Factor qui s’y colle et doit faire sortir du cimetière cet excellent jeu de plateau qui n’est plus édité et devient pour ainsi dire introuvable. Mordheim est encore joué de nos jours par des vieillards comme moi principalement qui utilisent des kits de conversion et des décors perso tirés de Warhammer pour jouer tant la boîte de jeu de 1999 est devenue rare. C’était déjà un jeu de niche à l’époque classé dans les « Specialist Games» comme Necromunda ou Gorkamorka, il attirait principalement les joueurs blasés par du Warhammer basique où l’on dirige des armées sur des surfaces plus ou moins planes dont l’action est orientée horizontalement. Mordheim lui vous fait vivre le combat de l’intérieur, c’est de l’escarmouche. Une dimension donc plus tactique que stratégique qui oriente l’action en verticalité à travers des décors complexes et sinueux.

Ma première impression est bonne, les développeurs semblent s’investir à fond et il s’agit bien d’une adaptation du jeu plateau pur et dur avec les règles en bonne et due forme. Toutefois il y a de nombreux ajouts à cette nouvelle mouture vidéo-ludique qui me laisse penser qu’il a plus d’avenir devant lui qu’un Space Hulk trop cru et au final moins amusant que le jeu de plateau.

Pour commencer le jeu ne se résumera pas qu’à des combats, une partie stratégie et gestion de votre groupe est bien articulée autour des phases d’action où vous pourrez faire évoluer vos troupes. L’équipement progressera de concert avec votre bande qui bénéficiera d’un système de points d’expérience et devra remplir des objectifs pour sa faction par le biais d’envois de chargements de malepierre que vous devrez récolter pendant les combats. En effet, il vous faudra pour éviter un « game-over » envoyer régulièrement des cargaisons de malepierre qui vous seront payées en or ce qui vous permettra de payer vos troupes qui refuseront d’aller au combat pour des prunes. Il vous faudra payer votre équipement ainsi que les soins nécessaires au rétablissement de vos guerriers lorsqu’ils seront blessés ainsi qu’un temps de repos exprimé en jours.

Accrochez-vous !

En combat, pendant votre phase d’exploration d’un quartier de Mordheim déjà envahi par des créatures sans faction mais hostiles envers toutes, vous devrez chercher de la malepierre et piller les ruines emplies de pièges de la ville dans le stress le plus complet. Imaginez qu’avec un commando réduit vous devrez fouiller les ruines en toute discrétion, amasser et contrôler les ressources de malepierre de la zone tout en combattant une ou plusieurs factions et que chaque rue a son lot de pièges à détecter pour ne pas mourir bêtement. Ça fait peur hein ? Non ? Alors bienvenue dans Mordheim un jeu orienté hardcore dans une ambiance de perma-death !

Vos choix tactiques seront lourds de conséquence et vos troupes adorées et expérimentées ne reviendront pas à la vie en cas de mort sur le champ de bataille, un vrai crève-cœur ! Vous pourrez customiser vos troupes à l’aide de skins et choisirez vous-même vos couleurs et leurs noms. Vos troupes auront une identité et un vécu qui se verra physiquement, ainsi on peut avoir un humain à jambe de bois ou avec un bandeau sur l’œil (et les malus qui vont avec), preuve de ses nombreuses batailles, et le jour où il tombera rien ne le fera revenir à la vie.

Si ce jeu fourmille de bonnes intentions et d’ambition il n’en reste pas moins quelques ombres au tableau. L’intelligence artificielle est à la ramasse en mode solo, elle passe de génie militaire à crétin inactif d’un tour à l’autre. J’espère également qu’une amélioration des temps de chargement est prévue car il est parfois pénible d’avoir le temps de rouler une clope et de boire un café pendant que la carte se charge de manière procédurale. Le placement de votre bande sur la carte en début de partie peut être cauchemardesque et vous devrez faire avec, encore un point qui rebutera les plus sensibles.

Enfin j’aimerais aborder rapidement la partie esthétique de Mordheim. Les textures sont très inégales, la modélisation des humains est affreuse et l’on découvre des modèles en dents de scie allant du bien détaillé au brut et sans saveur, c’est dommage et j’espère sans trop y croire qu’une amélioration en ce sens viendra au cours du développement. Les ombres sont fades et loin d’être réalistes, un détail qu’on aurait pu passer si la gestion de la camera n’était pas si lamentable. Vous verrez la camera pivoter vers un mur en gros plan vous infligeant une texture basse résolution bien baveuse quand la dite camera suivra les mouvements d’une unité que vous ne pouvez pas voir.

La ville elle-même est bien faite et agréable à explorer pour peu que vous ne tombiez pas sur un quartier avec trop de textures ratées. Les points d’embuscade sont nombreux et les combats peuvent se dérouler sur deux ou trois étages de haut, ce qui tactiquement est un régal. Les combats peuvent s’avérer frustrants dans la mesure où les choix de l’I.A. sont parfois incompréhensibles mais je pense que cette ombre pourrait être dissipée par le multi-joueurs qui offre une expérience bien plus proche du jeu original par rapport au mode solo.

Mordheim a, je pense, de beaux jours devant lui, il reste beaucoup de travail mais le jeu en vaut la chandelle. Entre le contenu déjà conséquent et la durée de vie quasiment illimitée qui augmentera avec l’ajout d’autres races au fil du temps on aura je pense une bonne adaptation du jeu de plateau et un jeu tactique de qualité où on aimera prendre son temps. « Ah tiens ma carte a fini de charger, je vous laisse j’ai un pillage en règle à faire dans les bas-fonds ! »

MarcheMort

Rock ’n’Rôliste sadique d’alignement loyal mauvais, il aime la littérature anglaise et faire rouler les dés et les têtes. Il déteste les arcs en ciel, les poneys et les escaliers en colimaçon. Joueur de jeux vidéo compulsif depuis le règne de Justinien, il a joué en LAN avec Abdul Al Hazred. Il pratique la nécromancie au quotidien et voue un culte à Cthulhu lorsqu’il est en robe de chambre. Pour lui le jeu de rôle est un style de vie et il parle de lui à la troisième personne pour faire croire à ses lecteurs qu’il n’a pas écrit sa bio’ lui-même à quatre heures du matin. Twitter : @Marchemort.

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