MechaNika

Le thème de l’anti-héros n’est pas souvent abordé dans les jeux vidéo et avoir pour héroïne une gamine diabolique plutôt qu’une enfant naïve et innocente est tout aussi rare. Accrochez-vous parce que Nika débarque, avec ses outils, ses armes, son plan machiavélique et son sourire trop mimi.

Je vais détruire le Monde ! Mouahaha !

La petite Nika s’ennuie beaucoup. À l’école, à la maison, personne ne prête attention à elle. Sa maîtresse passe son temps à jouer sur son téléphone plutôt que de lui apprendre des choses intéressantes, sa mère est toujours fourrée dans ses gossip shows télévisés sans répondre à ses demandes d’inscription dans un cours de robotique, son père répare des motos et ne sort jamais du garage, quant à son grand-père, son seul intérêt est de reconquérir sa grand-mère. C’en est trop ! Nika prend alors une décision radicale, à l’aide de ses connaissances en mécanique elle va construire un énorme robot qui lui permettra de supprimer TOUT ce qui n’est pas cool. Son robot ? Le MechaNika !

Un humour osé à réserver aux adultes

Sous ses airs mignons, Mechanika cache bien son jeu !
Sous ses airs mignons, MechaNika cache bien son jeu !

À première vue ce jeu semble enfantin avec ses environnements simples au style mignon dessiné à la main et ses musiques douces. Grosse erreur. Tout du long le jeu débordera d’un humour mature, tantôt noir (Nika annonce avec un air stoïque déconcertant que sa petite sœur est morte à la naissance), tantôt graveleux (les prostituées travesties qui font des propositions indécentes à la petite fille), tantôt transgressif (Nika se saoule au cacao-cognac). Il va sans dire que le jeu se réserve exclusivement à un public adulte.

Néanmoins il n’y a pas une réelle critique de la société derrière cet humour, on ne va pas nous présenter Nika comme la pauvre petite fille délaissée par son entourage, ses parents comme des êtres qui se renferment dans des passions de façade pour oublier la douleur de la récente perte d’un enfant, ou encore son grand-père comme un vieil homme esseulé qui cherche à reconquérir l’amour de sa vie. Non, non, cet angle narratif est absent et ce n’est pas un reproche car cela change un peu d’avoir affaire à un point & click qui ose et qui surprend. Par contre, il ne plaira pas à tout le monde, on peut même dire que parfois le jeu en fait un peu trop, passant du drôle au lourdingue.

Un point & click classique basé sur la recherche d’objets

Vous pouvez visualiser les pièces manquantes à la construction de MechaNika depuis l'inventaire.
Vous pouvez visualiser les pièces manquantes à la construction de MechaNika depuis l’inventaire.

MechaNika se présente comme un point & click 2D avec des mécaniques des plus classiques. La grande mission du jeu sera de réunir les 12 objets nécessaires à la construction du robot anéantisseur : balles, débris de verre, bidons de pétrole, scies circulaires, si le projet de Nika n’était pas encore très clair, on peut voir, au vu des composants de sa machine, qu’elle ne compte pas faire dans la dentelle. Une fois qu’on aura récolté un objet, il suffira de l’associer au composant correspondant pour que celui-ci soit créé. Pas d’associations complexes d’items, on reste dans du basique. La recherche d’objets est d’ailleurs très logique rendant le jeu simple d’accès au vu de sa difficulté relativement peu élevée.

Buvez du cognac pour avoir des indices. A sept ans. Normal.
Buvez du cognac pour avoir des indices. À sept ans. Normal.

Si vous vous retrouvez tout de même coincés à un moment ou à un autre, ça peut arriver, il existe un système d’indices qui pourra vous aiguiller. Dans son sac à dos Nika possède une flasque, un “mélange maison” de cacao et de cognac qui saura lui remettre les idées en place. Les indices sont rattachés aux différents lieux du monde et ainsi, selon l’endroit où elle se trouve, Nika pourra être inspirée et vous aider dans votre mission.

Pour vous parler d’un exemple d’énigme sur laquelle vous pourriez rester bloqués, il y a un moment du jeu où vous devrez réparer une machine qui vous demandera un code d’accès. Nul besoin de chercher autour de vous, si vous ne connaissez pas les suites de Fibonacci et que le “Fibonactic” inscrit sur la-dite machine ne vous met pas sur la voie, vous allez un peu galérer. Tout le monde n’est pas tenu de connaître ces théories mathématiques et c’est bien dommage d’inclure une énigme dont la solution ne se découvre pas in-game.

Il y a de l’idée là dedans !

Les environnements sont colorés et soignés.
Les environnements sont colorés et soignés.

Le style visuel de MechaNika est simple, cartoonesque, soigneusement dessiné à la main et offre des environnements agréables, correctement fournis en détails. Pour un jeu que je savais court (comptez 2 à 4h, pas plus), j’ai été ravie de voir qu’il y avait tout de même un nombre satisfaisant de lieux différents. Les animations vont de pair avec le style épuré et restent basiques mais les expressions de Nika sont malgré tout variées, drôles et mignonnes.

La musique est douce et colle bien à l’univers visuel qui a été créé sans être mémorable cependant, on reste dans de la composition rudimentaire avec des thèmes peu nombreux qui vont se répéter pendant toute la durée du jeu.

La galerie de personnage est haute en couleurs et plutôt sympathique, ça tombe bien car une suite est prévue avec cette fois non plus Nika dans le rôle de l’héroïne mais Agatha, une petite bien barrée elle aussi avec son amour de la viande, son travail de bouchère et sa religion inventée, le “Carnivorisme”. Ça promet !

Pour conclure, MechaNika sert un peu d’introduction à un univers qui connaîtra des suites encore plus loufoques que ce premier jeu ne l’est déjà. S’il y a une question qu’il faut vous poser avant de vous lancer c’est bien évidemment : cet humour est-il fait pour moi ? C’est vrai que le studio Mango Protocol n’y va pas de main morte, au premier coup d’œil on ne s’attend certainement pas à un jeu qui se réserve aux adultes mais l’univers est si farfelu, les personnages sont si excentriques et le scénario tellement invraisemblable que la recette fonctionne. Personnellement, j’ai pas mal accroché et la suite a l’air prometteuse, il me tarde d’y jouer !

Kitsune-Musume

Ancienne amasseuse compulsive de jeux boite, j'aime à me perdre désormais sur les terres fertiles de l'indépendant. Gameuse à tendance no-skill/casu/basheuse de la touche X, testeuse de résistance mentale aux low-framerates avec ma vieille (mais fidèle) brouette connectée, j'aime les armes lourdes et badass, les univers immersifs et les scénarios bien ficelés. A l'inverse, j'ai horreur des jumpscares (flipette de catégorie 3), je fuis les collectes poussives de piécettes et je recule devant mes devoirs de rédaction d'une biographie.

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