Railway Empire
Windows Linux PlayStation 4 Xbox One

À l’origine prévu sous forme de présentation vidéo, la maladie prolongée aura eu raison de ce projet. Et même si je suis bien heureux de ne pas avoir à « yaourter » le tire, il me faut tout de même parler de ce nouveau jeu du studio Gaming Minds (Grand Age Medieval, Patrician IV, Dark Star One) qui semble changer de voie à chacune de leurs sorties.



Thomas et ses amis

Railway Empire est un jeu de gestion ferroviaire dans les États-Unis du XIXe siècle où le joueur détient une compagnie qu’il devra développer, afin d’engranger toujours plus de bénéfice et chasser toute concurrence. Un principe qui n’a rien de novateur mais qui s’est fait rare ces dernières années. Gaming Minds a toutefois préféré l’aspect plus simple et plus grand public du genre, s’inspirant des anciens Railroad Tycoon ou Sid Meier’s Railroad et s’éloignant donc des titres plus poussés tel que Transport Tycoon Deluxe ou même Train Fever dans certains domaines.

De la gestion simplifiée, pour certain cet enchainement de mot n’aura pas de sens, mais c’est pourtant bien ce qu’est Railway Empire dû a ses absences de configuration de trains (dans la majorité des cas), de signalisations multiples ou de croisement des tracés. Dès lors, il sera difficile de disposer de gares complexes, avec plus des quatre voies maximums permises par le jeu. Le placement des rails est également simplifié, rappelant plus un travail sous logiciel vectoriel qu’un jeu du genre. On remarque aussi l’absence du choix des voies, des ponts et des tunnels qui, là encore, se place automatiquement en fonction du terrain, pour ne garder qu’une indication de dénivelé afin de connaitre l’influence sur la vitesse du futur train.



Une économie simple

Passé la déception des premières minutes, je me prête tout de même bien au jeu. On y retrouve un schéma économique basique, nécessitant de relier les industries aux villes. Mais il est intéressant de constater qu’il existe une vie économique sans les trains, et que les industries et villes vivent du commerce naturel via les routes même si cela est forcément moins efficace et rentables pour elles. La campagne est encore une fois qu’un prétexte à une initiation par étape, mais tout de même intéressante si on oublie le niveau de l’IA assez aléatoire. Une IA qui se permet quelques triches importantes en ne suivant pas les mêmes contraintes que vous. Lorsque vos trains doivent disposer de voies de contournement et de signaux pour ne pas se percuter, les trains de l’IA se traversent sans mal.

Chacune des villes présentes sur la carte aura sa population, ses besoins multiples et ses industries qui auront elles-mêmes des besoins plus particuliers et des productions à revendre. Si la bonne idée est de se focaliser sur ces industries, le reste peut fournir tout de même de bons revenus d’appoints. Tout cela nécessite de multiples voies, de nombreux trains, des gares plus imposantes, ce que malheureusement le jeu ne propose pas. Les gares ne sont disponibles qu’en trois évolutions (une voie, deux voies et quatre voies) et donc bien trop petites pour des tracés complexes et des possibilités de changements d’aiguillages différents à l’arrivée en gare. De même que les wagons ne sont pas configurables ce qui empêche donc une gestion plus pointue. Vos trains arrivent en gare, détache ses wagons pour s’en procurer de nouveaux, automatiquement.

Le volet économique est un peu plus complet avec les possibilités d’achat des entreprises, qu’elles soient à l’intérieur des villes ou à l’extérieur. Cela permet d’investir et de forcer une plus grande capacité de production, et inévitablement d’accroitre les revenus générés. Il est également possible de racheter des parts de ses concurrents, jusqu’à 100 %, afin d’atteindre la possibilité de fusion. Comme son nom l’indique, cela vous permettra d’obtenir l’ensemble de son parc ferroviaire, en plus de le faire disparaitre. Enfin, plus anecdotique, il y a quelques valeurs de bourse dont la présence est plaisante, même si l’utilité est très limitée.



Quelques bonnes idées tout de même

Sur une si vaste période, de près d’un siècle, il n’aurait pas été logique de ne pas voir apparaitre une partie « recherche ». Là, Gaming Minds a pensé a tout. Les recherches sont multiples et variées, permettant aussi bien de débloquer des locomotives que des bonus sur leurs fiabilités, leurs puissances, ou permettant de vendre des marchandises à des prix plus élevés. Au final, on ne se retrouve jamais à court de recherche, d’autant plus que certains peuvent être acquise via des enchères. Le point négatif est de voir qu’il existe autant de locomotives, dont certaines sont si peu différentes de la précédente. Mais après tout, est-ce réellement un défaut que d’avoir une liste aussi complète ?

Mais la partie innovante se situe dans la gestion du personnel. Il se divise en trois catégories avec le personnel de bord (chauffeur, mécanicien, gardien…) qui amélioreront le train d’affectation tout au long de leurs présences, le personnel de bureau (comptable…) qui auront un effet de bonus sur vos affaires globales, et enfin les autres employés qui sont à usage unique et permette d’acheter des inventions ou de saboter les concurrents. Une idée également intéressante mais qui est beaucoup trop utilisée par les concurrents. Ajouté à cela qu’il existe un système de relation entre vos personnels de bords (jusqu’à quatre sur un même train) et que mauvaises relations peuvent avoir un impact sur l’efficacité du train affecté.



Ce serait mentir que de dire que je ne me suis pas amusé mais le résultat est tout de même assez moyen, dans la suite logique des précédents jeux déjà publiés. En simplifiant tout, cela empêche une approche plus complexe mais plus pertinente dans la gestion ferroviaire et les possibilités de gains. Railway Empire n’est ni un bon jeu, ni même un mauvais. Il pourra surtout plaire aux néophytes, amateur de gestion ou de l’univers du train, mais même pour eux, l’interface parfois compliquée à maîtriser risque de les freiner. La version française très maladroite n’aidera pas plus à convaincre. Reste à espérer que les premiers correctifs pourront rectifier les quelques défauts afin de permettre de profiter pleinement du titre.

Gawam

Des tableaux ? Des cartes ? Des curseurs à bouger ? C'est pour moi ! Enfin... Si vous n'êtes pas trop pressés.

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