Goodbye Deponia

Après deux épisodes aussi bons l’un que l’autre, Daedalic Entertainment décide de clôturer sa saga Deponia sous forme de trilogie. Intelligemment intitulé Goodbye Deponia, ce troisième opus va devoir faire aussi bien voir mieux pour contenter les nombreux fans de la franchise…

Succès mésestimé

Vous n’étiez pas à la GamesCom 2013 ? Alors vous n’avez pas vu ce show incroyable de la part de Daedalic. Il faut savoir qu’en Allemagne, le point & click a le vent en poupe, a son propre rayon dans les grands magasins au centre-ville et que par conséquent, les fans sont très nombreux. Daedalic étant un développeur allemand, imaginez le résultat lorsqu’ils possèdent leur propre stand dans le plus grand salon européen du jeu vidéo ! Vous y voyez des lancés de t-shirts, mais aussi et surtout beaucoup de Cosplay des héros de leurs jeux, dont ceux de Deponia. Rufus, Goal, ils étaient tous là et de notre point de vue de français, où les point & click sont morts et ne cessent de vouloir revenir sur le devant de la scène, cela fait presque rêver.

Depuis Deponia, Daedalic a lancé plusieurs autres franchises. The Dark Eye, The Night of the Rabbit, bientôt Blackguards et Alcatraz… Ne vous inquiétez pas pour eux ! Par contre, eux s’inquiètent pour nous qui étions si attachés à l’univers débile/amusant de Deponia et c’est pourquoi ils ont décidé de proposer un épisode beaucoup plus autoréférencé et qui tente de comporter tout ce que le fan désire : du Rufus toujours aussi maladroit et imbu de sa personne, une « princesse en détresse » complètement en dehors du cliché habituel et une idée bête, mais amusante : des clones.

Rufus, Rufus et Rufus

On reprend l’histoire là ou elle s’était arrêté dans Chaos on Deponia et la quête de sauvetage de la planète Deponia se poursuit avec toujours plus de rebondissements. Cette fois, on sait que l’un des élyséens, la race « intelligente et supérieure » de la ville Elyseum (située haut dans le ciel) n’est autre qu’une copie conforme de Rufus en encore plus machiavélique et malsain. La chance est toutefois du côté de notre antihéros puisque son double maléfique a de hautes responsabilités et qu’il va pouvoir s’en servir pour faire avancer sa cause. Là, le jeu nous apprend à jouer avec les deux personnages qui se ressemblent. C’est très amusant, surtout lorsque l’un des deux se brosse les dents dans un miroir sans vitre, sans voir que c’est son double qui l’imite en face (à vous les mouvements de souris à la chaîne). Mais c’était surtout pour nous préparer à tout autre chose…

Plus tard, disons à 30 % du jeu, vous découvrirez une machine à clones d’ou sortiront… Trois Rufus. Trois fois plus de héros ayant chacun une couleur sur la nouvelle interface apparaissant en bas de l’écran. Vous pourrez passer de l’un à l’autre simplement en cliquant sur son portrait et serez capable d’échanger des objets de votre inventaire (puisqu’il y en aura alors trois séparés) d’un simple glissement jusqu’au Rufus qui vous intéresse. C’est d’autant plus intelligent que cela dynamise extrêmement les situations et permet davantage d’originalité dans les énigmes, toujours aussi complexes et décalées. Si vous aimez les combinaisons d’objets logiques, fuyez.

Une finalité discutable…

Goodbye Deponia est un excellent point ‘n click, inutile de le nier. Son idée des clones permet de riches originalités et propose un scénario global très bien écrit, au narrateur chantant toujours aussi bon à entendre (cette fois avec de l’hélium!) et aux personnages hauts en couleur. Certains protagonistes des précédents épisodes se voient même étoffés, réellement travaillés dans leur écriture et leur comportement. Enfin, on retrouve cette pointe d’humour noir (souvent presque dérangeante) n’hésitant pas, par exemple, à proposer une corde à un personnage en pleine psychanalyse suite à ses déboires avec Rufus. L’humour est étrange, un peur fourre-tout, mais fidèle aux deux précédents épisodes.

Néanmoins, cet épisode est ultra référencé aux deux premiers jeux, au point qu’il est impossible de le conseiller à un nouveau venu. D’accord, ça n’est pas le but, mais il n’y a pas de « trois » sur la boite du jeu et cela peut être trompeur ! Il faut bien savoir que c’est un épisode pour les fans et seulement eux, qui terminera l’histoire commencée il y a quelque temps maintenant. D’ailleurs à ce sujet, nul doute que la fin fera polémique : sans doute Daedalic a t’il eut du mal à trouver une fin parfaite à son jeu puisque celle proposée est très largement discutable (et déjà bien discutée sur les forums) tant elle dérangera certains amateurs de Happy Ending parfaits. L’épisode final, vraiment ? Permettez-moi d’en douter !

Skywilly

Rédacteur en chef collectionneur de Skylanders et qui passe beaucoup trop de temps sur ces briques Lego. Heureusement qu'il y a des petits jeux pour s'évader ! Auteur de Le jeu vidéo indépendant en 2015 : Portraits de créateurs

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