Warlock : Master of the Arcane

Après Defenders of Ardania, qui était un Tower Defense, le monde d’Ardania est de nouveau sur le devant de la scène chez Paradox et Ino-Co Plus avec Warlock, qui est davantage un jeu de stratégie au tour par tour. Ce monde fantastique va-t-il enfin trouver son public ?

Des mécaniques classiques…
Connaissez-vous la série des Civilization ? Les développeurs vont nous haïr pour avoir cité, comme surement tout le monde, cet exemple dont ils s’inspirent allègrement. Si vous connaissez, alors Warlock vous sera rapidement familier. Pour les autres, suivez le guide : Warlock vous met dans la peau du chef d’un royaume en perpétuelle expansion. Vous choisissez sa race (chacune ayant ses bonus attitrés), la taille de la carte dans laquelle vous allez jouer puis la difficulté, à ne pas choisir à la légère. Commencez donc par une partie facile, histoire de ne pas tomber nez à nez avec le Game Over dès le dixième tour.
Au début vous ne possédez qu’une ville. Celle-ci peut être entourée de constructions types, vous octroyant des ressources. Un marché par exemple, pour obtenir de l’argent. Ou bien des fermes, qui produisent de la nourriture. Il faut aussi générer de la magie et de la connaissance tout au long de la partie. Ces quatre ressources sont à gérer continuellement pour une meilleure gestion de votre armée à venir. Vous pouvez alors créer des casernes, vous octroyant la possibilité de former des soldats et créatures mythologiques du monde d’Ardania. Enfin, vous aurez l’honneur de créer de colons que vous placerez à quelques hexagones de votre capitale afin de leur permettre de s’installer et créer une autre ville salvatrice. Plus vous le faites et plus vous étendez votre territoire. Cependant, faites cela intelligemment et espacez bien (mais pas trop) vos chefs-lieux puisqu’au fil du temps et de leur bonne évolution, les territoires grandissent de façon exponentielle.
Vous aimez conquérir une carte avec la couleur de votre royaume ? C’est exactement ce que vous propose Warlock. Néanmoins, oubliez toute volonté de jouer la carte de la diplomatie tant les développeurs ne s’y sont pas vraiment concentrés. Non seulement celle-ci se résume à se voir refuser des demandes auprès de vos potentiels adversaires, mais en plus l’intelligence artificielle est on ne peut plus quémandeuse. Le problème étant que lorsqu’elle vous demande quelque chose, de l’or ou du mana, ou même un droit de passage, il vous est impossible de refuser sans déclarer la guerre. C’est injuste, complètement bancal et surtout assez frustrant de devoir toujours donner sans jamais recevoir. On nous promet des patchs correctifs pour cette petite gène, gageons qu’ils viendront très bientôt.
Un Civilization très bourrin !
Plutôt que de jouer la carte de la diplomatie de toute façon ratée, Warlock propose un système de combat classique, mais efficace (et surtout omniprésent). C’est ainsi que vous allez dominer la carte : en vous battant. Les combats se font tout simplement en un clic avec un affrontement entre deux unités de deux hexagones. Impossible “d’empiler” les unités sur le même hexagone, ce qui empêche toute force d’attaque immense et ce problème épineux du “j’ai la plus grosse armée, tant pis si je l’utilise n’importe comment”. Ici, il va falloir réfléchir à chaque action, savoir entourer et cerner efficacement ses ennemis et positionner les archers et les soldats de la bonne façon. Sans parler des unités volantes (qu’évidemment aucun soldat à pied ne peut affronter) et des mythologiques tels que les géants ou les golems, qui demandent bien d’autres tactiques que le “fonce dans le tas” pour être éliminés.
Pour vous aider, il y a aussi des magies. Au fur et à mesure de la partie, vous allez découvrir de nouveaux sorts (à chaque fois au choix parmi une petite sélection). Ceux-ci peuvent être lancés sur une case, avec une limite d’un sort par tour, pour peu qu’il y ait assez de mana à dépenser et que le sort soit chargé (généralement en un ou deux tours seulement). Cela va de la boule de feu à la tempête de météorite, en passant par les éclairs ou même voir surtout des sorts de défense. Vous pourrez octroyer des bonus de protection à vos armées, les soigner, leur donner quelques possibilités d’attaques élémentales et donc vous dirigez toujours plus vers de la stratégie moins bourrine, plus réfléchie.

La seule originalité de Warlock ? Son monde “parallèle”. Certains portails positionnés dans votre royaume amèneront des ennemis par vagues. Si vous tuez ses ennemis et positionnez une unité sur le portail, vous pourrez y entrer (au choix). Une fois à l’intérieur, vous êtes téléportés dans un tout autre monde, un véritable défi pour ceux qui aiment ce jeu. Les ennemis y sont très nombreux et ce sera donc très difficile de fermer ce portail. Un joli défi pour tous ceux qui veulent aller “plus loin” dans le jeu, une bonne idée au demeurant, mais cela n’apporte pas non plus quelque chose de fondamentalement différent.

Aucun mode multijoueur ?
Malheureusement, en plus de son grand classicisme pour tous ceux ayant déjà tâté des jeux de Sid Meier, Warlock ne propose que du jeu en solo. Aucune campagne, pas d’histoire, juste des escarmouches qu’il est possible de configurer, mais sans véritable changement d’une partie à l’autre. Pas de multijoueur non plus (ce qui est une énorme déception !) même si on nous promet que cela sera modifié dans une future mise à jour du jeu.
Le monde d’héroic-fantasy est évidemment un plus, qui permet de découvrir un univers moins réaliste ce qui, en soit, est un bon argument. Surtout que comme d’habitue, le bestiaire d’Ardania est vraiment chouette et que les différents artworks sont réussis. Musicalement sympathique, visuellement loin d’être vilain et possédant une interface classique, mais que n’importe qui pourra prend en main avec beaucoup de facilité, Warlock est un peu le Civilization du pauvre pour tous ceux voulant mettre moins d’argent dans le jeu de stratégie au tour par tour ou, tout simplement, pour ceux en ayant assez du “réalisme” de la série populaire. Warlock est un bon compromis, un sympathique jeu qu’il serait bête d’enterrer au premier coup d’oeil, mais ne sera malheureusement jamais un grand titre mémorable. Tant pis, il ne semble de toute façon pas en avoir la prétention !

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