Memoria

Memoria

Daedalic Entertainment c’est un peu nos chouchous du point’n click, tant ils parviennent à redoubler d’effort à chaque nouveau titre pour nous proposer une aventure d’exception. Cette fois, ils reviennent à l’univers L’Oeil Noir et proposent la suite directe des “Chaînes de Satinav” sorties l’année dernière. L’occasion de mettre à niveau un moteur avec quelques défauts ? Eh bien non…

Spoilons ! (Gentiment)

Si vous comptez vous faire Les Chaînes de Satinav dans les jours/semaines qui viennent, passez donc ce petit paragraphe. Suite directe du premier opus, Memoria nous laisse retrouver le jeune Geron cherchant à redonner forme humaine à Nuri qui est désormais transformée en oiseau et ne sait même pas voler. En parallèle, on joue Sadja, 400 ans plus tôt, princesse de son état qui tente de marquer l’Histoire avec des hauts faits. Les deux personnages sont liés : comment ? C’est à vous de le découvrir, mais sachez que ce point’n click propose une histoire assez savoureuse.
Sadja sera rapidement accompagnée d’un bâton qui parle, sorte de personnage comique qu’on ne voit pas, mais qui n’hésite pas à commenter de façon caustique tout ce qui se passe à l’écran. Des pouvoirs activant des statues et interagissant avec les objets seront aussi au rendez-vous et fonctionneront tout comme un objet de l’inventaire que l’on combine à un endroit du décor. Cette idée n’est pas nouvelle, mais fonctionne excellemment bien et permet une certaine originalité dans les énigmes. Malheureusement, celle-ci sont loin d’être intéressantes tant elles se basent sur une seule chose : la recherche de pixels et la combinaison énervantes et mal équilibrées d’objets à trouver.
Je prends pour exemple ce moment ou on nous demande d’aller chercher le fond d’une casserole dans un four pour trouver de la graisse. En parallèle, on va nous demander de cliquer sur le bon pixel pour trouver le bon objet et la majeure partie du temps, il s’agira de se servir des pouvoirs et d’utiliser de façon excessivement logique l’inventaire. En clair : la difficulté des énigmes et de la progression est totalement aléatoire ce qui est particulièrement énervant.

Artistiquement défaillant…

Clairement plus adulte que les autres créations de Daedalic (visuellement j’entends), Memoria est aussi le plus bancal. Des arrières-plans extraordinaires de beauté côtoient des personnages très mal animés et aux faciès pas souvent convaincants. On a du très beau et du très moche, aucun juste milieu. Néanmoins il faut bien avouer que les contrées à visiter sont très dépaysantes et qu’on ne s’ennuie pas une seule seconde à découvrir chaque nouveau plan du jeu tant ils sont réussis.
Musicalement, c’est parfait, comme d’habitude. Par contre vocalement, entièrement doublé en anglais et sans sous-titres français, Memoria bénéficie d’un doublage franchement pas convaincant et frôle de justesse le raté tant certains personnages récitent leur texte sans aucune conviction. C’est fortement dommage d’autant plus que ce genre de jeu mérite un doublage de qualité pour une immersion totale. Ici, ce n’est pas tout à fait le cas.
Reste que Memoria propose malgré tout un très bon moment de point’n click, mais qu’il est bien en deçà de ce que propose habituellement le studio. Les personnages secondaires sont très inconsistants (déja que les principaux ne sont pas des plus passionnants à découvrir) et on y jouera finalement uniquement pour l’univers, l’enchantement visuel que procure chaque nouvel endroit à parcourir et pour son soupçon d’intelligence dans le récit qui passe d’un héros à un autre avec talent. C’est donc un jeu avec une bonne histoire, de bons visuels, de bonnes musiques, mais tellement de ratés qu’il n’est pas à conseiller avec autant de passion que les autres titres de Daedalic. On espère franchement que si L’Oeil Noir est encore utilisé dans un jeu d’aventure du studio, il aura le droit à une petite révolution créative…

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