Fire

Le feu. De nos jours, il est difficile de se rendre compte à quel point son existence devait relever d’un miracle à l’aune des premiers hommes. Sans lui, bonjour le froid et le carpaccio de viande plutôt que les grillades au bord de la rivière, un verre de pastis à la main. C’est pourtant autour de lui que va graviter l’histoire d’un petit d’homme, la chevelure doré comme le soleil et le sommeil lourd comme la pierre dans une sorte de quête du Saint Graal préhistorique.

Ooga Booga

L’intro de Fire doit tenir dans un mouchoir de poche. En moins d’une minute, tout le sel de l’intrigue nous est révélé sans demi-mesure. Notre héros à la tête blonde avait pour noble charge de s’assurer que le seul feu du village perdure. Il devait le garder sain et chauffe tout au long de la nuit. Peine perdue, c’est d’un sommeil lourd dont il sera réveillé le lendemain matin par le chef de la tribu. Le feu est mort. Vive le feu !

Exclu du village par coup de pied interposé, son éjection sera temporaire s’il se rend au volcan du coin pour en ramener le précieux. Mais avant, sur le chemin, on rencontrera un arbre mystique, avec un visage et tout, qui donnera à notre héros la lourde charge de retrouver divers d’insectes disséminés un peu partout dans les environs. Tout ça après avoir mangé une de ses pommes. Paye ton mauvais trip.

Ces environs étant divisés sous forme de niveaux, le but sera de trouver comment récolter la dite bestiole dans chacun d’entre eux avant d’arriver jusqu’au feu tant convoité. Aventure, péripéties et grand n’importe quoi seront les points clés de cette histoire sans paroles, ni dialogues.

Fire ressemble à s’y méprendre à une Guerre du Feu racontée aux enfants. Si ce n’est que l’histoire se limite à en reprendre les clichés pour les grossir et en faire de l’humour. La similitude commence et s’arrête avec notre petit bonhomme qui n’a pas assuré la survie du feu de camp, et se retrouve ainsi obligé de retourner en chercher pour l’avenir des siens.

Le feu sacré

Il n’y a pas de dialogue excepté quelques brouhahas, dans un langage primaire inventé et incompréhensible, avec les rares individus que l’on croisera. Honnêtement, l’histoire occupe le second plan et n’a que peu d’intérêt.

Ce n’est pas ici que vous trouverez une intrigue au sens classique du terme. Il faut plutôt y voir comme une multitude de scènes à l’humour plus proche du film muet. Le tout avec un brin de blagues restées au stade anal. Prout, camion, potache et compagnie.

Cette virée en montagne est donc l’excuse parfaite pour multiplier les clins d’œil en se moquant joyeusement d’œuvres mythiques comme 2001, l’odyssée de l’espace, par exemple. Voire même des point and click. Les références fusent plus ou moins subtilement à l’image de ce passage – SPOILER ALERT – dans l’espace, rien que ça, nous confrontant à des aliens belliqueux dans un passage à la Space Invaders.

En gros, j’ai fricoté avec des singes savants, j’ai voyagé dans le temps, suis allé dans l’espace, ai joué avec des créatures passées maitres dans le sample musical et tout un tas d’autres bizarreries.

Man on fire

Le délire continue ainsi sur la dizaine de niveaux qui composent notre escapade. Chacun d’entre eux est l’occasion d’une nouvelle thématique, ainsi que d’introduire de nouvelles façons de s’amuser. Contrairement à nombre de jeux d’aventure, on ne dispose pas d’un inventaire. Si notre héros a déjà un objet en main, il devra l’abandonner pour en ramasser un autre.

Je tiens cependant à vous alerter sur une chose. Il est relativement court avec un peu moins de trois heures de balade en préhistoire au compteur. Mais ne vous fiez pas pour autant à son côté enfantin. Certaines énigmes de Fire peuvent s’avérer un tantinet plus retors que ce à quoi on aurait pu s’attendre en se rapportant à son plumage.

Histoire de relativiser sa difficulté, tous les points interactifs peuvent être révélés par la pression d’un bouton, comme c’est de plus en plus le cas de nos jours. Ce qui donne à Fire un côté très immédiat. La chasse au feu, oui. Celle aux pixels, non. D’ailleurs, réfléchir n’est pas la seule chose à faire dans les parages. Quelques passages feront également appel à vos réflexes et à la précision de vos mouvements dans de rares mais rafraichissants moments.

Le maître-mot de Fire semble avoir été de s’amuser. C’est à peu près là où il fonctionne le mieux. Les puzzles qui se présentent à nous sont variés par leur style, se réinventant à chaque niveau. Le dernier niveau a d’ailleurs ce goût du best of des énigmes posées jusque-là au joueur, comme pour vérifier s’il a bien appris sa leçon. Divertissant est donc ce qui définirait le mieux ce petit jeu d’aventure. A défaut d’être inoubliable.

De bien belles flammes

Fire ne ménage pas ses effets. Joli comme un cœur, il affiche une généreuse deuxième dimension aux couleurs vibrantes et variées comme dans une boîte de bonbons. Ce qui n’étonne presque plus désormais, Daedalic étant coutumier des productions extrêmement léchées sur le plan artistique.

Le style qui domine est résolument très bande-dessinée, ou cartoon. Les mimiques des quelques protagonistes sont charmantes à souhait, et le jeu ne semble jamais à court d’expressions volontairement exagérées et comiques. Il le faut bien, car il n’y a pas de réelle mise en scène.

Chaque tableau n’étant qu’un pan de décor vu à l’horizontale sans fioriture de plan caméra qui serait trop sophistiqué. On est plus proche d’une mise en abime théâtrale que cinématographique à contrario de la majeure partie de la production actuelle des jeux d’aventure. Journey of a Roach offrait une approche très similaire dans le genre.

Conclusion

Voilà donc un titre qui ne fera sans doute pas date, à la différence de titres plus ambitieux auxquels Daedalic nous a jusque-là habitué. Il ressemble à s’y méprendre par son approche au très sympathique Journey of a Roach, que j’avais également testé pour GSS. Ce dernier offrait une aventure également muette, au scénario gentillet, positif et à l’humour très prononcé. Le côté volontairement enfantin ni trop simple, ni trop compliqué (loin de là), apparaissait comme une tentative de la part de la machine allemande à produire des jeux d’aventure, d’attirer un public plus jeune à s’intéresser à ce genre que j’apprécie tout particulièrement. De par son approche, Fire semble dans une approche presque pédagogique du point and click.

Il n’en reste pas mois que, quand bien même il est un jeu d’aventure mignon et assez rigolo aux puzzles divertissants, il lui manque l’ampleur nécessaire pour dépasser le cadre d’un simple passe-temps. A essayer entre deux autres jeux plus conséquents.

Vasquaal

On dit de lui qu'il jouerait sur un clavier sans pavé numérique. De l'Apple IIe au pc survitaminé en gigahertz, il subtiliserait tel un ninja numérique le loot de ses potes dans les jeux en ligne pour mieux s'enorgueillir d'un "Muhahahaha". Certains disent même qu'il va se tatouer un jour "Aladin Snes is the best" sur la fesse gauche. D'autres disent simplement qu'il est fou.

Vasquaal

Vasquaal

On dit de lui qu'il jouerait sur un clavier sans pavé numérique. De l'Apple IIe au pc survitaminé en gigahertz, il subtiliserait tel un ninja numérique le loot de ses potes dans les jeux en ligne pour mieux s'enorgueillir d'un "Muhahahaha". Certains disent même qu'il va se tatouer un jour "Aladin Snes is the best" sur la fesse gauche. D'autres disent simplement qu'il est fou.

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