Evoland

Il fallait que ce jour arrive. À force de sortir des RPG navrants et de réutiliser toujours les mêmes ingrédients qui ont fait du jeu de rôle le trésor d’aventures qu’on connait, il fallait qu’un jeu les réunisse tous pour un énorme hommage génial. Evoland, ancien projet Ludum Dare, va vous faire revivre toute l’histoire du RPG en une seule épopée…

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De Zelda à Diablo
Vous êtes un jeune homme parti à l’aventure pour sauver le monde, la fille et l’Arbre Mana. Tout commence en bouillie de pixels façon Game Boy : vous ne savez faire qu’une chose, aller à droite. Puis vous ouvrez un coffre, qui vous permet de vous déplacer vers la gauche. Puis un autre, qui vous permet de vous déplacer en scrolling écran par écran. Puis vous débloquez le scrolling libre, les effets sonores, une épée pour trancher du buisson et vous frayer un nouveau passage, une introduction textuelle de l’aventure puis enfin, un coffre vient changer les tas de pixels monochromes en tas de pixels colorés. De coffre en coffre, vous changez l’atmosphère du jeu, revenez tranquillement jusqu’à nos jours de 3D intégrale et redécouvrez tous les clichés et évolutions notoires du jeu de rôle vidéoludique. En un seul jeu.
Evoland est une aventure cousue d’un fil blanc, mais tissée dans une bonne dose de nostalgie. Au fil des évolutions du jeu, vous redécouvrez toutes les techniques du RPG. Que ce soit les écrans de chargements ou les décors en 2D précalculés, ou bien encore les combats au tour par tour. Vous aurez le droit à plusieurs gameplay dans le même jeu : sur la carte du monde, vous affronterez vos ennemis en tour par tour comme dans un Final Fantasy par exemple, alors que dans un lieu précis vous jouerez davantage comme dans un bon vieux Zelda sur Nes ou Super Nintendo. Plus tard, vous débloquerez même un long passage de hack’n slash à la Diablo qui reprend allègrement toute la recette Diablo III, allant même jusqu’à se moquer de sa façon d’éclairer les niveaux.

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De Final Fantasy à Secret of Mana

Si vous êtes un passionné de jeu vidéo, de RPG en général, Evoland va complètement vous parler. On devient vite accro à ces coffres qui recèlent souvent un nouveau trésor d’évolution technologique ou d’idée géniale de Game Design qui va bouleverser votre façon de jouer. Néanmoins, pour éviter que le jeu ne soit qu’un “concept” (même si c’est beaucoup le cas), il y a quelques coffres cachés à trouver pour obtenir des étoiles bonus. Au-delà de sa linéarité, de sa volonté de toujours parler avec la nostalgie au joueur, Evoland tente tout de même d’être un vrai jeu.
Mais cela, il a du mal à l’être purement, il faut bien l’avouer. Néanmoins, on accroche rapidement au concept tant tout est référencé, allant même jusqu’à vous proposer des objets à l’achat qui suppriment les faux écrans de chargement (un lecteur DVD) ou des allers-retours incessants entre PNJ nous rappelant les heures les plus énervantes des phases de recherche sur les Final Fantasy de cette bonne vieille PlayStation.
Surtout, Evoland est une petite claque d’ingéniosité. On passe réellement d’une bouillie de pixels à une 3D très honnête, bien digne de certains petits RPG sortis sur Nintendo DS par exemple. L’évolution visuelle est frappante et techniquement, c’est totalement bluffant. Voir le jeu transformer nos pixels et leur donner du volume en une seule ouverture de coffre est adorable. Et surtout, il y a de la blague partout, des phrases types à toutes les sauces. Les développeurs franchisent mille fois le quatrième mur pour se moquer du genre de jeu qu’ils aiment eux aussi (qui aime bien châtie bien) et on passe un excellent moment.

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On en redemande…

On a qu’une seule envie, après ces trois heures de jeu intense qu’on fera en une seule fois tant l’addiction est grande : que les développeurs reprennent le même concept et se basent sur d’autres genres de jeu. L’entièreté de l’histoire du RPG est incluse dans cet Evoland d’une grande honnêteté, qui n’a pas de bonne durée de vie ni même une rejouabilité intéressante, mais fait dans la petite pépite originale qu’on demande à tous ses amis de s’offrir pour vivre quelque chose d’original.
Plusieurs originalités sont aussi au rendez-vous avec, par exemple, un ersatz de Triple Triad de Final Fantasy VIII dont il faudra collectionner les cartes au fil du jeu avec quelques coffres et discussions bonus. Sans parler de l’équipement reprenant clairement l’arsenal de certains jeux et surtout, ce passage très sympathique passant d’un monde en 3D à un univers 2D juste en frappant un cristal magique. Un petit puzzle sympathique qui contribue à rendre le jeu plus passionnant qu’au-delà de son hommage, encore une fois.
Alors oui, c’est un fait : en tant que jeu, il n’est pas bien puissant et se fait vite dévorer par les références qu’il propose. Mais n’est-ce pas finalement l’hommage ultime que de sacrifier sa création au profit d’une grande référence parmi toutes, celle du manque de renouveau ? Sorte de joyeux et passionnant Post-Mortem du RPG malgré lui, Evoland est une oeuvre qui sort des sentiers battus et ose réussir son pari haut la main. Si vous aimez le jeu de rôle, surtout quand il est Japonais, alors Evoland sera un grand moment qu’il ne faudra absolument pas hésiter à partager avec ses amis, à plusieurs autour de l’écran. Juste pour partager ses souvenirs, saisir toutes les références et rendre un dernier hommage à un genre qui semble ne plus évoluer et dont Evoland vient de boucler la boucle avec beaucoup de génie.

0 réflexion au sujet de “Evoland”

  1. J’avais joué à la version gratuite issue du ludum dare, le concept était génial. Visiblement cette version définitive tient ses promesses, mais vu qu’elle semble se contenter de prolonger le concept, je vais attendre une promo intéressante pour le prendre.

  2. D’accord avec le test sauf sur la durée de vie. Entre donjon optionnel, jeu de carte et coffre caché, il faut bien compter 6H de jeu! Pour Mwarf, le jeu va beaucoup plus loin qu’Evoland classic.

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