Super Galaxy Squadron EX

Dans bien des aspects, le shoot’em up est un genre qui n’a pas vraiment évolué au fil des années. Certes, il y a toujours quelques jeux ci-et-là qui innovent avec un twist du concept original, mais en leur cœur la plupart des jeux du genre reste relativement proche des divers mécaniques de gameplay apparues au cours de « l’âge d’or  » du shoot’em up, c’est-à-dire la fin des années 80 et une bonne partie des années 90. En particulier, le genre du danmaku (ou manic shooter ou bullet hell) n’est fondamentalement pas si différent aujourd’hui de ce qu’il était à son apparition au milieu des années 90 ; le concept reste globalement le même avec quelques variations plus ou moins importantes selon les jeux.

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Une ambiance rétro pleinement assumée !

Super Galaxy Squadron EX embrasse pleinement cet héritage et respecte la plupart des traditions du danmaku, ses diverses inspirations fièrement mises en avant.  Cela va de son look retro au cœur de son gameplay en passant par ses musiques ; on retrouve dans le jeu de Psyche Studios et New Blood les sensations des shoot’em up ayant faits les beaux jours de l’arcade et des consoles des ères 16 et 32 bits.  Pad en main (ou au clavier si vous préférez, mais sachez tout de même qu’il n’y a aucun moyen de reconfigurer les contrôles), la belle musique de Random Encounter à fond, on est au plus proche de ce à quoi un voyage dans le temps pourrait ressembler de nos jours. SGS EX respecte tous les codes du genre : à bord de votre vaisseau spatial (14 vaisseaux aux armes et statistiques plus ou moins différentes sont jouables), vous devez avancer au fil de niveaux de plus en plus durs, essayant tant bien que mal de survivre aux vagues d’ennemis remplissant l’écran d’une infinité de « bullets  » mortelles. Le jeu se compose d’un mode arcade de six stages, avec à la fin de chaque un boss aux divers patterns et faiblesses à apprendre, et d’un mode sans fin. Si la difficulté est graduelle dans le mode arcade, tous les différents patterns d’attaques sont présents dès le premier stage ;  les suivants se contentent alors de balancer plus d’ennemis (et donc bullets) sur le joueur au lieu de varier les patterns.

Je signale aussi, pour les trois personnes qui s’intéressent à ce genre de choses dans un jeu qui se concentre plus sur les explosions que le pourquoi du comment, que les stages sont entrecoupés de jolies cutscenes. Celles-ci, entièrement doublées par des personnes aux jolis accents, racontent une histoire intergalactique d’aliens qui se font la guerre car blablabla et panpan. Chaque vaisseau est aussi doté d’un petit background, racontant l’histoire et l’origine de son pilote. C’est clairement là juste pour pouvoir permettre une petite pause entre chaque stage, et franchement on en attend pas beaucoup plus dans ce genre de jeu. Tout l’univers du jeu a l’air intéressant et bien plus vaste que ce que l’on peut y apercevoir avec ces minces cutscenes. Même si ce n’est peut-être qu’une impression, ça reste peut-être un peu dommage que ce soit si peu exploité par rapport à ce que ça a l’air d’être. Autre chose dommage, il y a un certain déséquilibre entre les différents vaisseaux jouables ; certains étant nettement moins efficaces que d’autres. Néanmoins, ça peut permettre de rajouter du challenge si vous voulez tenter d’atteindre un high-score avec le plus faible des vaisseaux, mais aussi et surtout de varier le gameplay. Certains vaisseaux obligent à tuer tous les ennemis avant qu’ils ne bombardent l’écran étant donné leur faible armure, d’autres sont orientés vers l’esquive et la survie plus que l’offensive et certains offrent même des attaques de mêlée et de plus courte portée ; permettant de jouer  au jeu de bien des manières.

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Le « shmup du peuple », littéralement

Là où Super Galaxy Squadron EX se différencie de ses inspirations, c’est que le jeu fait un parfait compromis entre une modernisation du genre et le respect de ses codes. Si le shoot’em up est un jeu par définition assez difficile, demandant de recommencer un nombre incalculable de fois chaque niveau afin d’avoir un timing et une connaissance des patterns parfaits pour optimiser son score, il est ici rendu accessible à tous. Marketé comme « le shmup du peuple » ou encore « un shoot’em qui croit en le fait que la tradition ne devrait pas empêcher un jeu d’être fun » dès son Kickstarter, cette accessibilité se retrouve à deux niveaux différents. Elle se retrouve tout d’abord par un simple choix de difficulté; entre casual, veteran et hell (facile, normal et difficile donc), puis par le choix entre le mode normal et le mode hardcore (disponible pour chaque mode de difficulté). Ce dernier choix permet d’activer ou non certaines des mécaniques de gameplay rendant le jeu plus accessible que la moyenne des jeux du genre, et surtout bien plus indulgent.

Ainsi, votre vaisseau dispose d’une jauge de santé (descendant plus ou moins vite selon l’armure du vaisseau en question), celle-ci pouvant remonter à l’aide de bonus apparaissant aléatoirement en tuant des ennemis ou bien en laissant des projectiles passer à ras de votre hitbox (qui est bien souvent beaucoup plus petite que le joueur dans les jeux du genre). Le nombre de vie est infini et des checkpoints sont présents au début de chaque stage et de chaque boss. Chaque vaisseau dispose de deux armes pouvant être améliorées à l’aide de bonus, mais pouvant aussi être rétrogradées en prenant des dégâts. Cela ajoute une nouvelle dimension à « l’aspect survie » du danmaku, les upgrades pouvant être ramassées pendant un certain temps après avoir pris des dégâts, au risque de se retrouver sous les tirs ennemis. Les pièces apparaissant à la mort d’ennemis permettent, en plus d’augmenter le score total, de recharger une « hyper », méga-attaque permettant généralement de faire énormément de dégâts d’un coup. Un système de combo permet, en atteignant un certain multiplieur de score, d’entrer dans un mode overdrive augmentant grandement la puissance et vitesse de tir.

Super Galaxy Squadron EX est un jeu apportant un fun immédiat et sans fin, pour peu que vous accrochiez au genre qu’est le danmaku. Accessible à tous, il permet de faire passer un bon moment aux néophytes du genre à la recherche de quelques heures d’explosions et de shoot comme aux fans à la recherche de challenge nécessitant réflexes et beaucoup de pratique. Terminable en quelques heures, le jeu a cependant pas mal de replay value entre son mode endless et les différents vaisseaux, plusieurs styles de jeu clairement différents étant disponibles. Le tout est accompagné de graphismes rétro qui font du bien aux yeux et d’une excellente OST qui en fait d’autant aux oreilles (d’ailleurs disponible sur Bandcamp, Steam, Spotify ou peu importe là où vous aimez votre musique).

Ripper

Grand fan de Call of Duty et Candy Crush, ce n'est malheureusement pas quelque chose dont je peux librement parler ici... Du coup, je vais me rabattre sur fan de plates-formes, de stratégie (et surtout grand strategy) et « d'ovnis vidéoludiques » avant tout, même si les meilleurs jeux sont ceux qui arrivent à transcender leur genre. Un peu comme Candy Crush, pour ne citer qu'un seul chef-d'oeuvre du style.

Ripper

Ripper

Grand fan de Call of Duty et Candy Crush, ce n'est malheureusement pas quelque chose dont je peux librement parler ici... Du coup, je vais me rabattre sur fan de plates-formes, de stratégie (et surtout grand strategy) et « d'ovnis vidéoludiques » avant tout, même si les meilleurs jeux sont ceux qui arrivent à transcender leur genre. Un peu comme Candy Crush, pour ne citer qu'un seul chef-d'oeuvre du style.

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