Guide de Noël 2019

Un dernier cadeau ?

Le guide des sans-idées

Une fois n’est pas coutume, comme chaque année nous allons vous proposer une liste de produits culturels, pas forcément uniquement du jeu vidéo, qui peut vous donner de bonnes idées cadeaux pour cette dernière semaine avant Noël. Pratique pour les retardataires mais surtout, pour ceux qui veulent s’assurer d’offrir de la qualité ou qui veulent surprendre leurs amis ou la famille. Laissez-vous porter… C’est la rédaction de GSS qui vous dit quoi acheter ! 

Un de mes coups de cœur de cette année 2019. Si on met de côté la DA… discutable… le reste est une tuerie totale. TOUT est parfaitement maîtrisé. Le but est de gravir une tour en éliminant les ennemis se trouvant sur notre route grâce aux cartes d’action. Les 3 héros commencent chacun avec un deck différent et vont pouvoir le compléter au fil de leurs gains. Des artefacts puissants feront également leur apparition pour changer la façon de jouer et permettre des combos surpuissants. Même si de base vous n’aimez pas les jeux de cartes donnez-lui sa chance, par contre vous risquez d’y perdre pas mal d’heures !
Dans Telling Lies, le nouveau jeu de Sam Barlow, vous allez suivre les échanges de quatre personnes unies par un secret. Le principe est le même que dans Her Story, vous saisissez des mots-clé dans une base de données et les vidéos contenant ces termes apparaissent. Contrairement à son précédent titre par contre, les situations sont bien plus variées et les enregistrements sont des échanges intimes entre les personnages. Autre subtilité, nous n’avons que le flux entrant, il y aura donc souvent des moments de blanc, la personne à l’écran écoutant ce que “nous” lui disons. C’est perturbant au départ mais apporte vraiment un gros plus à la cohérence de l’ensemble. Très bien écrit, les acteurs jouent parfaitement et le tout est sous-titré en français.

J’avais adoré le premier Life is Strange. Il m’avait pourtant fallu du temps avant de le lancer car il était à première vue très éloigné de ce que j’apprécie habituellement. Dans ce second épisode, le joueur suit le destin de Sean et Daniel, deux frères fuyant leur foyer pour échapper à la police suite à un drame familial. Leur but est de se réfugier au Mexique. Pour cela, une très longue route se dresse devant eux, propice aux rencontres mais également aux galères. Bien écrit, intéressant, abordant des sujets peu traités en jeu vidéo, je me suis à nouveau laissé happer par les événements.

Quatre enfants armés de pistolets à eau défendent leur école d’une attaque de zombies. Leur but est simple, fermer les portails situés aux quatre coins du plateau pour arrêter le flot de monstres. Le point fort est d’avoir rendu le jeu évolutif. De temps en temps, vous pourrez ouvrir une enveloppe complexifiant le jeu en ajoutant de nouvelles règles ou des pouvoirs aux héros et aux zombies. C’est une excellente idée permettant aux enfants d’apprendre petit à petit les règles plutôt qu’être noyés sous une masse d’informations à assimiler immédiatement. Le jeu se révèle au final bien plus complet et profond qu’on peut le penser à la première partie.

Léviathan est un thriller écrit par Lionel Davoust, un auteur dont j’avais déjà eu l’occasion de parler pour son cycle des Dieux Sauvages. Durant les trois tomes composant ce roman (La Nuit, La Chute, Le Pouvoir), le lecteur suivra l’histoire de Michael, un chercheur en biologie marine parti effectuer une mission en Antarctique malgré une peur viscérale de la mer et l’appréhension d’abandonner sa femme et sa fille. Très rapidement, d’autres éléments viendront se greffer pour former une intrigue lorgnant vers le surnaturel.

Quand on pense que l’un des GOTY 2019 est sorti début janvier (après une belle phase d’accès anticipé), cela ne pouvais annoncer qu’une belle année 2019. Le premier jeu de Mega Crit Games allie stratégie, profondeur, richesse et diversité, normal pour un jeu de cartes. Là où vous construisez normalement vos decks avant de partir à l’aventure (ce qui peu rebuter plus d’une personne, dont votre serviteur), Slay the Spire vous propose de le construire au fur et à mesure de votre avancée. Avec une main de départ basique, vous l’enrichirez au fur et à mesure, et votre style sera du coup déterminé par ce choix ainsi que par la chance étant donné que les cartes arriveront de manière aléatoire. Avec plein d’événement autre que des affrontements, plein d’objets venant amplifier ou modifier certaines règles, et surtout avec ses trois personnages jouables (plus un quatrième qui ne devrait pas tarder), Slay the Spire est une valeur sure pour combler les potentiels petits moments d’ennui.

Série quasi ressuscitée grâce au succès du premier opus sorti sur 3DS (Awekening), Fire Emblem est enfin arrivé sur notre console portable préféré. Plutôt que de diviser le jeu en deux comme avec Fire Emblem: Fates, Nintendo a choisi de le diviser en trois, mais heureusement sur une seule cartouche cette fois-ci. Encore plus accessible que jamais avec une difficulté complètement paramétrable (on vous conseille de jouer en difficile avec permadeath pour que les combats aient un minimum d’intérêt) et des règles simplifiées (fini ou presque les règles de pierre-feuille-ciseaux). Cette perte est comblée par l’aspect social bien plus enrichi, que cela soit dans vos relations avec vos élèves (fini les mariages et les enfants, qui au vu de votre poste est quelque peu rassurant), mais aussi dans la vie du monastère (qui sert d’école militaire). Bien plus riche sur la longueur (comptez bien 50/60 heures rien que pour un premier run en faisant le maximum de tâches et de dialogues) le jeu reste aussi bien un bon Fire Emblem pour les vétérans qu’une magnifique porte d’entrée dans la série.

Les jeux de plateau apportent ce petit plaisir de mise en place que n’apporte hélas pas un jeu-vidéo (sauf peut être les RPG avec la création de personnage). Le problème de ce dernier est qu’il faut quasi toujours des gens avec qui jouer. Souvent, les jeux de société en multi proposent des règles un peu bancales pour un mode un joueur. Heureusement, il existe quelques rares jeux en solo créés pour y jouer seul. Après avoir proposé Vendredi, un jeu de deck building prenant place dans l’univers de Robinson Crusoé, Jean-François GAUTHIER nous propose Goblivion. Le but ici sera de protéger votre château d’une invasion de Goblin. Reprenant le principe de Vendredi, avec ses cartes à diverses valeurs en fonction du sens dans lesquelles elles sont positionnées, le jeu apporte en plus du matériel (2 plateaux, des jetons, etc.). Pour pouvoir protéger votre château, vous allez devoir entraîner des paysans à devenir de preux chevalier pour repousser les bestioles vertes. Avec plein de mécaniques, il vous faudra plusieurs parties pour bien comprendre comment le tout fonctionne, donnant par la suite des parties plaisantes. Et il y a un mode deux joueurs ! 

Remake attendu à cor et à cris depuis le Remake de Resident Evil premier du nom, Resident Evil 2 s’est fait attendre, et tant mieux. Utilisant avec succès le moteur du septième épisode, la replongée dans le commissariat de Raccoon City est saisissante, terrifiante, gore, et pas franchement pour les enfants. Les mécaniques du jeu ont été revues, mais pas forcément simplifiées. Le scénario a été un peu remanié aussi afin d’être plus cohérent avec le « canon » de la série, mais soyez rassurés, les deux scénarios sont toujours présents ainsi que de nombreux bonus. En effet, commencer le jeu avec Claire ou Léon offrira toujours un déroulement un peu différent et le scénario B est toujours de la partie. Certains aménagements pourront faire grogner, comme la présence de M. X même dans le scénario A, mais cela apporte une certaine fraîcheur qui permettra même à ceux connaissant l’original par cœur d’être surpris. Et si ça vous a plu, le Remake de Resident Evil 3 est en route !

Yakuza, c’est une série de jeu qui a mis du temps avant d’être sinon couronnée de succès, au moins bénéficiant de suffisamment de public pour être enfin reconnue à sa juste valeur. Il faut voir cette série de jeu un peu comme des Shenmue pas chiants, où les bas-fonds de Tokyo et d’autres villes du Japon sont secoués par un Ryo Hazuki qui en aurait eu ras le cul de se faire trimballer d’endroits en endroits pour un trésor à la con et aurait décidé de tout casser, d’aller picoler et jouer au bowling. Tout d’abord cantonnés aux consoles Sony, Sega a eu la bonne idée de faire sortir les derniers titres sur Steam (sauf le 6, allez savoir pourquoi) et le remake de Yakuza 2 bénéficie aussi de ce traitement. Tournant sur le Dragon Engine, le jeu est magnifique et les deux quartiers de Tokyo et Osaka sont superbement détaillés et éclairés de manière très réaliste. Si vous êtes passés à côté de cette série, et que castagner des loubards en costume dans des rues éclairées aux néons tout en suivant des intrigues dignes des meilleurs films de gangsters Japonais vous branche, sautez le pas !

Il est rare que des titres me hantent après que j’ai fini d’y jouer. Disco Elysium, c’est un pari assez fou d’un collectif d’artistes d’Europe de l’Est voulant dépoussiérer le genre sacro sain du RPG en vue isométrique. Pensez donc, un RPG sans combats (ou presque) très bavard où l’essentiel du jeu est de découvrir les tenants et aboutissants d’un meurtre assez sordide tout en jouant un flic devenu amnésique après un coma éthylique. Le tout se déroulant dans un monde assez mystérieux et ouvert aux interprétations, en utilisant un système de jeu novateur à base de cabinet mental et de compétences qui s’engueulent lors des phases de dialogue. ZA/UM réussit à faire d’un premier jeu une grande réussite dont le succès est mérité. Espérons juste qu’une traduction française vienne un jour afin de permettre au plus grand nombre d’en profiter, parce que l’anglais du jeu est un peu coton, quand même.

« Ah oui le jeu delivrouh là » Super blague, haha, personne ne l’a faite avant, c’est désopilant. Death Stranding, c’est évidemment un jeu Kojima, avec tout ce que ça compte comme moments étranges, incompréhensibles, voire gênants, mais aussi des moments grandioses, grandiloquents et magnifiques. Nous mettant dans les bottes d’un Norman Reedus apathique, du moins au début, le jeu nous propose de livrer des trucs afin de reconnecter un pays où tout le monde est séparé en petites communautés dans leurs coins. Alors oui, c’est une suite de quêtes Fedex mais dans la plupart des jeux les quêtes en question sont là pour faire peredre du temps et les trajets sont monotones. Dans Death Stranding, tout l’intérêt est de planifier son itinéraire, repérer les dangers, et être obligé de choisir entre endommager sa livraison en passant par une zone sûre mais dont le trajet est plus long ou risquer de tout perdre en passant par un raccourci où des fantômes agressifs nous attendent. Mais Death Stranding c’est aussi une expérience sociale où les chemins des autres joueurs sont visibles et l’entraide est primordiale. Il ne plaira pas à tout le monde, mais si vous aimez les randonnées et l’Islande, alors c’est un bon investissement.

On continue sur la castagne éclairée au néons avec River City Girls, qui est pour moi le renouveau du beat them up, arrivant à détrôner papy Streets of rage 2 dans mon cœur, c’est dire. Se déroulant dans le vénérable univers de Kunio-kun, River City Girls met en scène Kyoko et Misako, deux filles à problèmes du lycée de la bagarre ayant décidé de sêcher les cours afin de se mettre à la recherche de Kunio et Riki qui auraient été kidnappés. Bizarrement tout ce que la ville compte de personnes sachant un peu se battre est décidé à se mettre sur leur chemin et les filles vont devoir tabasser tout ce qui se présente à elles afin de connapitre le fin mot de cette histoire délirante. Réalisé par le studio WayForward, le jeu bénéficie d’un pixel art de toute beauté, d’animation fantastiques et d’une musique excellente. Oui, c’est terrible. Les personnages gagnent en expérience et peuvent acquérir de nouveaux coups au fur et à mesure, et plusieurs combats de boss jalonnent le parcours tout en rompant un peu avec les mécaniques des combats ordinaires.

Pour finir, encore un remake, oui, bon. Mais Link’s Awakening fait partie de ces jeux mythiques qui méritait bien son remake, alors pourquoi le bouder et s’en priver ? Le scénario : suite à un naufrage, Link se retrouve sur l’île de Cocolint et va devoir affronter dangers et donjons afin de pouvoir en partir. Graphiquement la refonte du jeu est de toute beauté avec des personnages en forme de poupées de porcelaine, dans des décors chatoyants et tout mignons. Les connaisseurs ne seront pas pris en traîtres, il s’agit véritablement d’une refonte presque exclusivement graphique de la version DX, le donjon des couleurs inclus. Presque car au lieu de la quête du photographe (incompréhensiblement enlevée) on a Igor, qui nous permet de créer des donjons depuis les pièces de donjons récoltées en parcourant ceux du jeu. Une idée sympathique qui pourrait laisser présager l’arrivée d’un Zelda Maker ? Porte d’entrée idéale pour tout un chacun dans l’univers de Zelda, ce remake est le bienvenu, même si le framerate un peu toussotant pourra gêner les puristes.

Disco Elysium, c’est d’abord un véritable fourre-tout idéologique où des communistes peuvent s’empoigner avec des suprémacistes blancs, dans un univers dystopique glauque et étouffant. Disco Elysium, c’est l’amour du verbe et du bon mot ; touchant, hilarant, si tant est que l’on maîtrise un anglais argotique pas toujours évident. Disco Elysium, c’est aussi ce protagoniste bedonnant et amnésique, ce fan de disco un peu hors du temps, mais aussi hors de lui, dépressif jusqu’au bout de ses ongles noircis par la clope ; sublime lorsqu’il fait le funambule entre pulsion de vie et pulsion de mort. Finalement, Disco Elysium c’est un des meilleurs CRPG de ces dix dernières années, tout simplement.

Merci à Arte et La Belle Games d’avoir enfin réhabilité l’image d’une créature maltraitée à maintes reprises par la culture populaire. Dans The Wanderer : Frankenstein’s Creature, le monstre apparaît enfin tel que Mary Shelley l’avait imaginé deux siècles plus tôt : sensible, intelligent et délicat. Un conte poignant où les visuels somptueux s’enchaînent au gré d’une narration puissante dans sa subtilité. La bonne surprise de l’année. 

Amateur de cinéma barré bonjour ! Après un Mise à mort du cerf sacré (2017) effroyable de froideur, Yórgos Lánthimos revient avec La Favorite, en s’attaquant cette fois-ci à la décadence d’une noblesse anglaise, microcosme au sein duquel l’avidité toise du haut de son trône toute autre qualité humaine. On y retrouve la caméra percutante du réalisateur Grec, qui enchaîne les images métaphoriques avec brio, tout en réussissant l’exploit de faire cohabiter en permanence répugnance et émerveillement chez le spectateur. Cliniquement, Yórgos Lánthimos décortique les travers humains, comme cet attrait malsain pour la domination d’autrui, ou ce dégoût de soi traduit à l’écran par de sympathiques vomis. Mais La Favorite ne serait pas grand-chose sans sa distribution féminine charismatique, avec une Emma Stone bluffante de justesse. Certainement le film le moins clivant de Lánthimos, mais aussi son plus abouti. 

Bong Joon-ho trace à nouveau sa route dans la satyre sociale avec son dernier bijou Parasite, qui met en scène des plébéiens se tapant insidieusement l’incruste dans une famille bourgeoise, grâce à de multiples subterfuges et galéjades. Un film qui donne un second souffle à la lutte des classes, sans jamais tomber dans un manichéisme facile, égratignant à la fois riches et pauvres, le tout avec des dialogues décapants, et une narration virtuose qui transformera progressivement la farce initiale en une tragédie puissante. Bong Joon-ho n’a pas galvaudé sa palme d’or ; foncez !

Derrière ce titre confus et barbare, se cache le dernier tome de la saga celtique des Rois du monde du fameux Jean-Philippe Jaworski, bien connu des fans de littérature fantastique ayant succombé à sa plume d’orfèvre, déjà auteur du génial et sulfureux Gagner la guerre. Dans Chasse Royale, Jaworski nous livre un récit anthropologique et très documenté de ce qu’étaient les peuplades celtes, bien loin des clichés contemporains, en mettant en avant Bellovèse : un chef de guerre Biturige devant porter secours à son oncle et roi Ambigat, au sein d’une Gaule plongée dans le chaos de la guerre civile. Une reconstitution d’un monde qui flirte sans-cesse avec le merveilleux, où augures et divinités soufflent aux hommes leur destinée – si tant est que celles-ci existent réellement. Car grâce à une écriture habile et incisive, Jaworski réussit à maintenir un flou permanent entre rêverie et réalité, entre l’intervention divine et le banal coup de chance. Un entre-deux qui paume brillamment le lecteur (autant que le héros) dans un méli-mélo onirique, où le mythe pèse plus lourd que la raison. Mais au-delà de l’essai pseudo-historique, Chasse Royale installe une dramaturgie généreuse en révélations, coups politiques, dilemmes moraux et batailles parfumées à la testostérone. À lire et à relire, en attendant la suite !

Mon premier Noël sur Game Side Story, ça se fête ! Ce fut une sacrée année. Et pourtant, malgré notre spécialité dans les jeux vidéo, je reste fidèle à moi-même : je suis à la bourre, mon choix de jeux à conseiller est donc restreint. Ces dernières années, sous l’impulsion débile des promotions, je me suis mis en quête de collectionner les titres aussi bien en boite qu’en dématérialisé. Mon arrivée chez GSS a bouleversé tout cela, car il faut naturellement parler des jeux sortis récemment histoire de ne pas dupliquer mon savoir-faire, c’est-à-dire être continuellement dans le presque rétrogaming. À force d’acheter, on accumule sans avoir le temps de diminuer sa liste. Au moins, grâce à mon prêt immobilier, j’ai pas mal diminué cette addiction, à tel point que je n’ai pas acheté un seul jeu sur Steam cette année !

2019 fut aussi une année où je pris une grande décision dans cet univers vidéoludique : j’allais recommencer à jouer. C’est une rencontre avec un journaliste de JV le Mag lors d’un événement (salut Kévin !) qui m’a fait changer de bord. J’ai donc arrêté de regarder des gens jouer sur Twitch pour que je puisse trouver du temps pour moi. Je n’ai absolument aucun grief vis-à-vis de cette plateforme, j’ai juste pris conscience que je prenais plus de plaisir si j’avais moi-même la manette en main.

Tout ça pour dire que j’ai pu jouer à pas mal de jeux cette année, sans nécessairement qu’ils soient sortis en 2019, mais j’ai enfin repris gout à la découverte, en partie grâce à GSS. C’est donc mon tour de vous partager cet amour avec trois jeux et deux autres recommandations, car il n’y a pas que le jeu vidéo dans la vie.

Ironiquement, les trois jeux que je vais conseiller n’ont pas tous été critiqués par votre serviteur. Il y en a tout de même un. Le deuxième n’est pas une surprise, mais le troisième l’est. Si j’avais à donner mon jeu de l’année, ce serait sans trop hésiter A Plague Tale: Innocence.

Il y a quelques mois encore, lorsqu’on évoquait le studio Asobo, j’avais tendance à rire. Un rire moqueur. Quelque chose d’impardonnable à vrai dire… Se moquer de gens n’est clairement pas une chose à faire et même si les productions des Bordelais n’ont, à mon sens, jamais été brillantes, A Plague Tale a définitivement permis de prouver que j’étais un gros connard auparavant. La bienveillance est mon credo depuis peu, mais il faut avouer que dire que A Plague Tale est grandiose n’est pas un signe de pardon, c’est une preuve qu’il y a réellement des gens doués chez Asobo.

Je ne ferai pas l’affront de citer la critique de Skywilly, c’est pourquoi je vous conseille vivement de la lire. De mon côté, j’ai été très touché par la dualité d’Amicia et Hugo qui font face à l’Inquisition et des hordes de rats tueurs. Si le jeu est plutôt classique dans son gameplay, l’histoire couplée à la magnifique musique d’Olivier Derivière et à un sound design précis en font un titre très surprenant. C’est une addition de petites choses très réussies, qui ne paient pas de mine toutes seules dans leur coin, qui en fait un jeu à part entière. Avec ce jeu et le futur Flight Simulator, Asobo est passé de studio mouif à studio que j’adore, comme quoi il ne faut jamais juger facilement, malgré leur sale manie d’utiliser le mot « chocolatine » …

Le deuxième jeu n’est pas non plus une surprise, car je vous en ai dit le plus grand bien il y a quelques jours. Observation est une courte aventure narrative où vous contrôlez une machine qui doit venir en aide à la seule survivante d’une station spatiale. Prenant de grandes références à 2001, vous allez être amené à comprendre le pourquoi du comment à travers une station superbement modélisée, avec des interfaces graphiques magnifiques, des doublages réussis, etc. Une très grande réussite et un grand pas pour la science-fiction pure qui n’a pas beaucoup de représentants vidéoludiques.

Le troisième nécessite un peu de contexte. Depuis environ deux ans, après une période compliquée avec des soucis médicaux, j’ai pris goût à la course à pied, poussé par un groupe de collègues gentils comme tout. Après de longs mois me sentant au fond du trou, courir me permis de me sentir en dehors de ce trou, tout en repoussant mes limites. Je pourrais vous parler pendant des heures des bienfaits du trail et que courir 20 bornes en forêt ou dans les champs c’est top, mais revenons à nos moutons.

Quel est le meilleur jeu alliant amusement et sport ? Nintendo l’a imaginé avec Ring Fit Adventure. C’est loin d’être parfait, mais je prends un malin plaisir à sortir le tapis de sol, l’anneau et brancher la Switch pour faire 15 minutes d’exercice certains matins. La progression est bien pensée, les exercices peuvent méchamment attaquer les muscles, on en sort claqué en une rien de temps. Moi qui ne voulais plus donner 20 ou 30 balles à une salle de sport, je trouve mon bonheur en complément de mes sorties d’entrainement ou des séances de basket.

 

En dehors du jeu vidéo, je regarde beaucoup de films, avec presque une séance de cinéma par semaine. Avec un peu plus de 40 longs métrages vus cette année, je pourrais aisément vous guider vers quelque chose qui plairait à tout le monde, comme Détective Pikachu, mais ce serait trop facile ; ou Aladdin, mais ce serait trop méchant… Prenons alors un peu de risque ! Pour tout vous avouer, à l’heure où j’écris ces lignes, mon podium est composé de deux films coréens et un film d’animation japonais. Et comme j’ai pris exemple sur l’excellent podcast Super Ciné Battle, je me suis obligé à les classer. Voici donc le meilleur film de 2019 d’après moi : Parasite. Après avoir gagné la Palme d’or, le film de Bong Joon-ho me faisait très envie. Alors que j’ai adoré ses précédents films, mon attente fut récompensée par un film touchant et oppressant.

L’histoire est simple. Une famille défavorisée, vivant aux abords d’un trottoir où des mecs bourrés pissent sur leur fenêtre, va miraculeusement s’élever dans la société à force d’arnaques de plus en plus grosses. Les situations sont hilarantes, inconcevables, plus c’est gros, plus ça passe, en gros. Et comme toute œuvre de ce style, la descente aux enfers sera encore plus lourde et moche. Ce sont deux heures maitrisées de bout en bout avec un très beau message sur l’humanité. Un chef-d’œuvre.

Un de mes autres passe-temps est la lecture. Principalement la lecture de comics. J’aurais aussi très bien un manga sur ma liste de conseil (lisez Gunnm que j’ai découvert grâce au film Alita, qui est lui bof [24e sur ma liste 2019, gravée sur marbre]), mais faisons quelque chose de moins reconnu dans le paysage français. Chose intéressante, je vais faire ici un lien avec le jeu vidéo, car Telltale avait sorti une adaptation de la saga dont je vais vous parler.

J’avais rapidement commencé à lire Fables il y a quelques années, mais je m’y suis vraiment attardé depuis que l’éditeur Urban Comics a sorti une collection de 10 magnifiques ouvrages (toujours en cours d’édition) représentant l’intégralité de l’œuvre de Bill Willingham.

Voyez les héros des contes comme le Petit chaperon rouge, Blanche Neige et j’en passe. Et imaginez qu’ils existent réellement dans un autre monde. Malheureusement leur monde connut une grande guerre et ils durent s’enfuir. Le seul monde capable de les accueillir était le monde des humains. Avec quelques sorts et subterfuges, voilà les Fables vivants dans notre monde. Fables raconte alors leur vie, leur tracas, des luttes de pouvoir comme le Prince Charmant voulant devenir maire de leur société secrète, etc. J’ai lu les trois premiers tomes et cela change complètement des comics classiques avec les héros en collants. Il existe tellement de personnages qui ont été créés sous l’ère Perrault ou d’autres repris par Disney plus tard, que les possibilités sont énormes. C’est très bien écrit, c’est très joli, c’est une sacrée illustration de notre société retranscrite aux Fables qui se retrouves réfugiées malgré elles face à un Adversaire mystérieux, mais très puissant. Dès l’ouverture d’un tome, j’ai du mal à en décrocher, je ne peux donc que vous le conseiller.

Le meilleur jeu LEGO de cette décennie est disponible désormais sur Nintendo Switch. Malgré le fait qu’il retranscrive l’épisode Jurassic World de cette saga et qu’au final, si on y regarde bien, seul le premier opus cinématographique est vraiment mythique (mais quel film !), LEGO Jurassic World est sans aucun doute le plus inventif et malin des jeux LEGO sortis avant l’overdose.

Retraçant les quatre films que sont la trilogie originale et Jurassic World, ce jeu propose donc d’enchaîner les niveaux scénarisés nous permettant de débloquer personnages et dinosaures à incarner ayant tous leurs propres spécificités. La formule LEGO est la même mais ce qui en fait un vrai jeu ce sont deux grandes qualités : un monde libre inspiré pour commencer, ainsi que des environnements extérieurs magnifiques qui changent des sempiternels huit-clos proposés par la série depuis quelques temps. Pour les plus jeunes, la permission de créer ses propres dinosaures et aussi un plus.

Vendue tout de même 40 €, cette version Switch est évidemment intéressante pour l’aspect nomade de son utilisation. Aussi, la version a forcément des textures plus faibles visuellement pour que le tout se permettre de tourner avec efficacité. Mais voilà, c’est vraiment le meilleur jeu LEGO de ces dernières années. Et puis si vous voulez y jouer sur PC et Consoles de Salon, il coûte moins de 15 €.

Les mots me manqueront forcément pour vous dire tout le bien que je pense de ce jeu formidable à tout point de vue. D’une durée de vie de seulement 1h30, le temps de découvrir cet album de musique interactif, Sayonara Wild Hearts est un jeu moderne et décapant, ou chaque mouvement est articulé de façon à percuter avec les chansons au cœur du sujet.

Véritable clip dont vous êtes le héros, Sayonara Wild Hearts parvient à proposer une aventure aux nombreuses lectures possibles, dans un environnement d’un mauve agréable et accueillant qui vous laissera vous émouvoir devant des moments de gloire et d’ivresse contrebalancés par une grâce de tous les instants, lorsque les notes se font plus voluptueuses.

Sayonara Wild Hearts est le chef d’œuvre de cette année 2019 et pour moi, l’un des jeux les plus marquants qui m’ait été donné de jouer de toute ma vie. Rien que ça. Tout simplement.